L’équipementier automobile français OPmobility prépare une nouvelle réorganisation industrielle en Europe. Annoncées le 7 octobre, les mesures envisagées porteraient sur environ 770 emplois, répartis entre 310 postes en France et 460 en Allemagne. Elles accompagnent une révision à la baisse des prévisions financières du groupe pour l’exercice 2026, dans un contexte de dégradation plus forte que prévu de l’activité de ses clients constructeurs.
Le groupe vise désormais une marge opérationnelle comprise entre 430 et 450 millions d’euros, contre 490 millions précédemment. Son objectif de flux de trésorerie disponible est ramené à plus de 220 millions d’euros, alors qu’il se situait initialement entre 250 et 300 millions. La direction met en avant la baisse des perspectives de production automobile mondiale, particulièrement en Chine, ainsi que la volatilité des prix des matières premières et des composants.
Les projets français touchent notamment la recherche et développement. OPmobility prévoit de faire évoluer les activités de ses sites Aphatech de Venette, dans l’Oise, et de Labège, en Haute-Garonne, afin de concentrer certaines expertises à Lachelle, également dans l’Oise. Cette concentration des équipes techniques soulève des questions de mobilité géographique, de conservation des compétences et de continuité des projets d’ingénierie.
Le site industriel de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord, devrait pour sa part adapter ses capacités de production à l’évolution des commandes. En Allemagne, le groupe envisage de transférer la fabrication de pièces extérieures assurée à Sterbfritz vers d’autres implantations nationales. Ces décisions reflètent une volonté de réduire les capacités sous-utilisées plutôt que de maintenir une organisation conçue pour des volumes de production plus élevés.
OPmobility invoque aussi les retards pris par la mobilité hydrogène, avec des projets différés ou abandonnés aux États-Unis et en Europe. Ces difficultés compliquent la planification des besoins en main-d’œuvre et la répartition des investissements entre activités traditionnelles et technologies de diversification. Elles obligent l’entreprise à réexaminer la taille de ses équipes au regard de débouchés commerciaux moins rapides qu’attendu.
Les coûts de restructuration sont évalués entre 120 et 130 millions d’euros en 2026 pour l’ensemble des initiatives d’adaptation. Ce montant ne correspond pas exclusivement aux indemnités des collaborateurs concernés : il couvre plus largement les opérations de réorganisation et d’ajustement industriel. Les suppressions de postes demeurent des projets, dont les modalités sociales devront être précisées dans les procédures applicables.
La portée de ces mesures dépasse les seuls effectifs. Le regroupement de compétences de recherche, le transfert de production et l’adaptation des sites industriels pourraient modifier durablement l’organisation du travail. La capacité d’OPmobility à préserver ses savoir-faire tout en réduisant ses coûts sera déterminante pour accompagner les futurs programmes automobiles, dans un secteur encore confronté à une demande incertaine.




