Les entreprises américaines continuent de licencier relativement peu, malgré le ralentissement du marché du travail. Selon les données publiées le 8 octobre par le département américain du Travail, les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont diminué de 2 000 pour atteindre 197 000, contre 199 000 la semaine précédente.
Le résultat est inférieur aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur environ 200 000 demandes. Il confirme la faiblesse des licenciements aux États-Unis, où les inscriptions au chômage évoluent depuis plusieurs semaines à proximité de niveaux historiquement bas.
La moyenne mobile sur quatre semaines, qui permet d’atténuer les fluctuations hebdomadaires, a également reculé pour s’établir à 198 000 demandes. Ces chiffres suggèrent que les entreprises ne procèdent pas, à ce stade, à des réductions massives de leurs effectifs.
La situation est toutefois différente du côté des recrutements. Les créations nettes d’emplois non agricoles n’ont atteint que 29 000 en septembre, selon les données rapportées par Reuters. Ce résultat témoigne d’un net ralentissement de la demande de main-d’œuvre.
Les deux indicateurs décrivent un marché du travail où les employeurs conservent une grande partie de leurs salariés, mais hésitent à créer de nouveaux postes. Les entreprises peuvent notamment reporter leurs projets de recrutement, limiter les remplacements après les départs ou privilégier la réaffectation des collaborateurs déjà présents.
Cette configuration contraste avec les périodes de ralentissement économique caractérisées par une hausse rapide des licenciements. Pour l’instant, l’ajustement du marché du travail américain semble se produire davantage par la réduction des embauches que par une augmentation généralisée des suppressions d’emplois.
Les demandes continues d’allocations chômage apportent un éclairage complémentaire. Elles ont progressé de 17 000 pour atteindre 1,716 million durant la semaine achevée le 26 septembre. Cet indicateur mesure le nombre de personnes continuant de percevoir une indemnisation après leur première demande.
Sa progression peut notamment traduire un allongement de la durée nécessaire pour retrouver un emploi. Un marché caractérisé par peu de licenciements peut ainsi devenir moins favorable aux personnes qui cherchent à être recrutées, lorsque le nombre de postes disponibles diminue.
Plusieurs facteurs contribuent à la prudence des employeurs. Les entreprises doivent composer avec l’incertitude entourant les politiques commerciales, l’évolution des coûts et les perspectives de croissance. Les décisions d’investissement et d’embauche peuvent être différées dans l’attente d’une meilleure visibilité économique.
Les difficultés de recrutement rencontrées au cours des années précédentes peuvent également expliquer la réticence de certains employeurs à réduire leurs effectifs. Après avoir consacré des ressources à l’embauche et à la formation de salariés, ils peuvent préférer conserver leurs équipes plutôt que de supporter ultérieurement de nouveaux coûts de recrutement.
Cette situation n’affecte pas tous les actifs de la même manière. Les collaborateurs déjà en poste bénéficient d’une relative stabilité, tandis que les jeunes diplômés, les personnes en recherche d’emploi et les salariés souhaitant changer d’entreprise peuvent rencontrer davantage de difficultés.
Le ralentissement des embauches peut aussi se traduire par une diminution des possibilités de mobilité professionnelle. Lorsque les entreprises limitent leurs recrutements externes, les opportunités de changement de poste ou de progression salariale deviennent moins nombreuses.
Les prochaines publications statistiques permettront de déterminer si cette faiblesse des créations d’emplois se prolonge. Pour l’instant, les données américaines décrivent un marché sans vague importante de licenciements, mais dont la capacité à absorber de nouveaux candidats s’est sensiblement réduite.




