La formation professionnelle s’impose comme l’un des leviers centraux de la transformation économique du Maroc. La montée en puissance des écosystèmes industriels, la structuration des filières touristiques et la pression croissante sur l’employabilité des jeunes imposent une adaptation rapide des dispositifs de formation. C’est dans cette perspective que l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) a procédé, le 20 février 2026, à l’inauguration de la Cité des Métiers et des Compétences (CMC) de Marrakech-Safi, à Tamansourt. Neuvième réalisation du programme national lancé pour moderniser l’offre de formation, cette infrastructure s’inscrit dans une stratégie de montée en compétences à l’échelle territoriale, avec un objectif clair : rapprocher les parcours de formation des réalités du marché du travail.
La cérémonie d’inauguration s’est tenue en présence de Younes SEKKOURI, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, et de Loubna TRICHA, directrice générale de l’OFPPT, aux côtés d’acteurs régionaux et de partenaires économiques. Plus de 1 550 stagiaires ont intégré la première promotion, confirmant l’attractivité de ce nouveau dispositif dans une région où les besoins en compétences évoluent rapidement.
Une infrastructure structurante pour accompagner la dynamique régionale
L’implantation de la CMC de Marrakech-Safi à Tamansourt répond à une logique territoriale précise. La région se positionne comme un pôle stratégique, porté à la fois par le développement touristique, les investissements industriels et la montée en puissance des services. Cette dynamique génère une demande accrue en compétences qualifiées, qui impose une adaptation des capacités de formation.
Le projet a mobilisé un investissement global de 466 millions de dirhams, dont 330 millions consacrés à la construction et 136 millions à l’équipement. Implantée sur un site de 6 hectares, la Cité offre une capacité d’accueil de 3 000 places pédagogiques par an. Cette dimension permet de répondre à une demande importante, tout en anticipant les besoins futurs du tissu économique régional.
Au-delà des volumes, l’enjeu réside dans la nature des formations proposées. L’objectif est de former des profils immédiatement opérationnels, capables de s’intégrer rapidement dans les organisations. Cette orientation traduit une évolution du rôle de la formation professionnelle, désormais centrée sur l’efficacité et l’employabilité.
La CMC s’inscrit également dans une logique d’aménagement du territoire. Elle contribue à renforcer l’attractivité de la région Marrakech-Safi, en offrant une infrastructure de formation moderne et alignée sur les standards internationaux. Cette dimension constitue un levier pour attirer les investissements et soutenir le développement des filières économiques.
Une offre de formation alignée sur les besoins des entreprises
La Cité des Métiers et des Compétences de Marrakech-Safi propose une offre structurée autour de 75 filières diplômantes et qualifiantes, réparties en huit pôles métiers. Cette organisation permet de couvrir un large spectre d’activités, en cohérence avec les priorités économiques de la région.
Les filières liées au tourisme, à l’hôtellerie et à la restauration occupent une place centrale, compte tenu du positionnement de Marrakech comme destination internationale. Le développement de compétences dans ces métiers constitue un enjeu majeur pour maintenir la compétitivité du secteur et améliorer la qualité des services.
Le digital et l’intelligence artificielle figurent également parmi les axes prioritaires. Cette orientation répond à la transformation des métiers et à l’intégration croissante des technologies dans les processus de production et de gestion. Elle traduit la volonté de préparer les stagiaires aux évolutions du marché du travail.
Les pôles dédiés à l’industrie, à la santé, aux services à la personne, à l’artisanat et aux industries graphiques complètent cette offre. Ils permettent de répondre à des besoins diversifiés, en tenant compte des spécificités du tissu économique local.
Cette structuration repose sur une logique d’adéquation entre formation et emploi. Les programmes sont conçus en lien avec les entreprises, afin d’assurer une correspondance entre les compétences développées et les attentes des recruteurs. Cette approche vise à réduire le décalage souvent observé entre les parcours de formation et les exigences du marché.
Une pédagogie orientée vers la pratique et l’immersion
L’un des éléments distinctifs des Cités des Métiers et des Compétences réside dans leur approche pédagogique. Le modèle repose sur le principe du « Learning by Doing », qui privilégie l’apprentissage par la pratique et la mise en situation.
La CMC de Marrakech-Safi intègre ainsi des installations immersives conçues pour reproduire des environnements professionnels réels. Une usine pédagogique permet aux stagiaires de se familiariser avec les processus industriels, tandis qu’un hôtel-restaurant simulé reproduit les conditions d’exploitation du secteur touristique.
La présence d’une Digital Factory illustre la place accordée aux métiers du numérique, avec des espaces dédiés au développement de projets digitaux. D’autres infrastructures, comme une crèche ou un appartement pédagogiques, permettent de former aux métiers des services à la personne dans des conditions proches de la réalité.
Cette approche immersive vise à renforcer l’employabilité des stagiaires en développant des compétences opérationnelles. Elle répond à une attente forte des entreprises, qui recherchent des profils capables d’être rapidement productifs.
La pédagogie par la pratique permet également de développer des compétences
transversales, telles que l’autonomie, la gestion du temps ou le travail en équipe. Ces dimensions, souvent déterminantes dans les processus de recrutement, sont intégrées dans les parcours de formation.
Un accompagnement global des stagiaires
La Cité des Métiers et des Compétences ne se limite pas à la formation technique. Elle propose un dispositif d’accompagnement global, visant à soutenir les stagiaires tout au long de leur parcours.
Un Centre d’Orientation Professionnelle permet d’accompagner les jeunes dans la construction de leur projet professionnel, en tenant compte de leurs compétences et des opportunités du marché. Cette dimension d’orientation constitue un élément clé pour sécuriser les parcours.
La CMC intègre également un centre dédié aux langues et aux soft skills, afin de renforcer les compétences comportementales et linguistiques. Ces compétences sont de plus en plus valorisées par les entreprises, notamment dans les secteurs orientés vers l’international.
Les infrastructures incluent une médiathèque, un incubateur et un fablab, favorisant l’accès aux ressources, l’innovation et l’entrepreneuriat. Cette ouverture vers l’entrepreneuriat traduit une évolution des dispositifs de formation, qui ne se limitent plus à l’emploi salarié mais intègrent également la création d’activité.
La présence d’une maison de stagiaires de 448 lits, d’une cafétéria et d’espaces sportifs contribue au bien-être des apprenants. Cette dimension est essentielle pour favoriser la réussite des parcours, en offrant un environnement propice à l’apprentissage.
Un levier pour renforcer l’écosystème de la formation professionnelle
L’inauguration de la CMC de Marrakech-Safi s’inscrit dans un programme national plus large visant à moderniser la formation professionnelle au Maroc. Les Cités des Métiers et des Compétences constituent l’un des piliers de cette stratégie, avec une implantation progressive dans les différentes régions.
Dans la région Marrakech-Safi, l’OFPPT prévoit de déployer 33 181 places pédagogiques pour l’année 2025-2026, couvrant 77 formations diplômantes, 33 formations qualifiantes et 11 parcours professionnalisants. Ces volumes traduisent l’ampleur des besoins en compétences et l’effort engagé pour y répondre.
La CMC vient renforcer cet écosystème en proposant une infrastructure moderne et des dispositifs innovants. Elle contribue à structurer l’offre de formation et à améliorer sa lisibilité pour les jeunes et les entreprises.
Cette dynamique s’inscrit également dans les objectifs nationaux en matière d’emploi et de compétitivité. La capacité à former des profils qualifiés constitue un facteur clé pour attirer les investissements et soutenir la croissance des secteurs stratégiques.
La formation professionnelle devient ainsi un levier de développement économique, en lien direct avec les politiques industrielles et territoriales. Elle participe à la création de valeur et à l’amélioration de l’employabilité des jeunes.
Une transformation du modèle de formation au Maroc
Le déploiement des Cités des Métiers et des Compétences traduit une transformation du modèle de formation professionnelle au Maroc. L’enjeu ne se limite plus à l’augmentation des capacités, mais à la qualité et à la pertinence des parcours.
Les nouvelles infrastructures reposent sur des standards élevés, tant en matière d’équipements que de pédagogie. Elles visent à rapprocher les dispositifs de formation des exigences du monde professionnel, en intégrant des environnements immersifs et des outils digitaux.
Cette évolution s’accompagne d’un renforcement des partenariats avec les entreprises. Les acteurs économiques sont associés à la définition des programmes et à l’évaluation des compétences, afin d’assurer une adéquation avec les besoins du marché.
La montée en puissance des compétences transversales constitue un autre axe de transformation. Les formations intègrent désormais des dimensions liées à la communication, au travail en équipe et à l’adaptabilité, qui deviennent des critères déterminants dans les processus de recrutement.
La dimension territoriale joue également un rôle central. Les CMC sont conçues pour répondre aux spécificités économiques de chaque région, en adaptant les filières et les capacités de formation. Cette approche permet de mieux répondre aux besoins locaux et de soutenir le développement régional.
La Cité des Métiers et des Compétences de Marrakech-Safi illustre une évolution structurelle de la formation professionnelle au Maroc. L’enjeu dépasse la création d’une nouvelle infrastructure. Il porte sur la capacité à produire des compétences alignées sur les besoins des entreprises et à sécuriser les parcours des jeunes. En rapprochant formation et emploi, ce modèle redéfinit les conditions de l’employabilité et positionne la formation professionnelle comme un levier central de compétitivité économique.




