Le ralentissement correspond à 4 767 immatriculations de moins sur un an. La dynamique conserve toutefois une avance sur les 47 734 créations recensées au premier semestre 2024. La comparaison sur trois exercices fait ainsi apparaître une inflexion après le niveau élevé de 2025, sans retour au point de départ observé deux ans auparavant.
Sur les six premiers mois de l’année, 39 001 personnes morales et 12 804 personnes physiques ont été immatriculées. La Société à responsabilité limitée à associé unique représente 65,2 % des nouvelles personnes morales, devant la Société à responsabilité limitée classique, à 33,7 %. Cette composition traduit un entrepreneuriat largement structuré autour d’un fondateur unique et de petites organisations.
| Indicateur | Premier semestre 2026 |
|---|---|
| Créations d’entreprises | 51 805 |
| Évolution sur un an | −8,4 % |
| Personnes morales | 39 001 |
| Personnes physiques | 12 804 |
| Part des SARL AU | 65,2 % des personnes morales |
| Commerce | 27,2 % |
| BTP et activités immobilières | 25,4 % |
| Services divers | 20 % |
| Créations concentrées dans quatre régions | 76,9 % |
| Certificats négatifs délivrés | 68 416 |
Le tableau montre que la baisse globale s’accompagne d’une forte concentration juridique et sectorielle. La prédominance des SARL à associé unique limite généralement les recrutements au démarrage. Une immatriculation ne correspond donc pas automatiquement à un nouvel employeur actif : certaines structures commencent sans salarié, tandis que d’autres ne recrutent qu’après avoir sécurisé leurs premières commandes.
Le commerce concentre 27,2 % des nouvelles personnes morales, devant le BTP et les activités immobilières, à 25,4 %, puis les services divers, à 20 %. Le transport représente 7,5 % et l’industrie 6,3 %. Cette répartition oriente les besoins potentiels vers les fonctions commerciales, administratives et comptables, les métiers de chantier, la logistique et les profils opérationnels polyvalents.
La concentration dans des secteurs à forte intensité opérationnelle ne garantit pas des embauches immédiates, mais elle renseigne sur les compétences susceptibles d’être mobilisées lorsque l’activité se développe. Les jeunes sociétés recherchent des profils capables de vendre, exécuter, gérer les fournisseurs et suivre la trésorerie. Dans les métiers du BTP et du transport, les besoins peuvent concerner la sécurité, la planification et l’encadrement.
Casablanca-Settat accueille 39,3 % des nouvelles sociétés, devant Rabat-Salé-Kénitra avec 14,5 %, Marrakech-Safi avec 12,5 % et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma avec 10,6 %. Ces quatre régions regroupent plus des trois quarts des créations de personnes morales. Pour les entreprises individuelles, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma arrive en tête avec 20,8 %, devant Casablanca-Settat et l’Oriental.
La solidité de cette contribution à l’emploi dépend de la formalisation des pratiques. Le passage du fondateur seul à une première équipe impose des contrats conformes, une paie maîtrisée, une répartition claire des responsabilités et des processus de recrutement. Pour les petites entreprises, ces fonctions restent assumées par le dirigeant ou externalisées, avant l’apparition d’un poste spécialisé lorsque les effectifs et les obligations deviennent importants.
Les 68 416 certificats négatifs délivrés durant le semestre montrent que les intentions de création restent nombreuses, mais qu’elles ne débouchent pas toutes immédiatement sur une immatriculation. La photographie de juin 2026 est donc celle d’un entrepreneuriat toujours actif, mais moins dynamique qu’en 2025, principalement unipersonnel et fortement concentré dans quelques secteurs et territoires.




