Le Maroc recule de nouveau dans l’enquête PISA. Sur les 91 pays et économies participant à l’édition 2025, le Royaume se situe dans le bas du classement dans les trois disciplines évaluées. Il obtient 355 points en mathématiques, contre 365 en 2022, 321 points en lecture contre 339 trois ans auparavant et 358 points en sciences contre 365.
L’OCDE nuance toutefois l’évolution en sciences : malgré une baisse arithmétique de sept points, la performance enregistrée en 2025 est considérée comme statistiquement proche de celle de 2022. Le recul est en revanche établi en mathématiques et, surtout, en lecture.
Tableau 1 : évolution des scores du Maroc lors des trois dernières éditions de PISA
| Domaine | 2018 | 2022 | 2025 | Évolution 2018-2025 |
|---|---|---|---|---|
| Mathématiques | 368 | 365 | 355 | -13 points |
| Lecture | 359 | 339 | 321 | -38 points |
| Sciences | 377 | 365 | 358 | -19 points |
Tableau 1 : scores moyens obtenus par le Maroc lors des éditions PISA 2018, 2022 et 2025. Source : OCDE.
La série historique permet désormais de dégager une tendance. Le Maroc n’a rejoint le programme PISA qu’en 2018. En sept ans, le score en lecture a chuté de 38 points, passant de 359 à 321. La baisse atteint 19 points en sciences et 13 points en mathématiques. La lecture constitue ainsi le principal point de décrochage.

Graphique 1 : évolution du score PISA du Maroc en mathématiques entre 2018 et 2025. Source : OCDE.

Graphique 2 : évolution du score PISA du Maroc en lecture entre 2018 et 2025. Source : OCDE.

Graphique 3 : évolution du score PISA du Maroc en sciences entre 2018 et 2025. Source : OCDE.
Cette évolution des scores se traduit également dans le positionnement international du Royaume. En mathématiques, le Maroc se situait autour de la 74e place lors de sa première participation en 2018. Après une légère amélioration en 2022, à la 71e place, il recule au 79e rang en 2025.
La trajectoire est plus défavorable en lecture. Le Maroc évoluait autour des 73e-74e places en 2018, avant de descendre à la 79e place en 2022 puis à la 86e en 2025. En sciences, il passe d’une position autour de la 74e place en 2018 à la 76e en 2022, puis à la 82e en 2025.

Graphique 4 : évolution du classement mondial du Maroc dans les trois disciplines évaluées par PISA entre 2018 et 2025. Pour 2018, l’OCDE publie des intervalles de rang. Source : OCDE.
Tableau 2 : le Maroc et les pays situés autour de lui dans le classement PISA 2025
| Domaine | 3 pays devant le Maroc | Maroc | 3 pays derrière le Maroc |
|---|---|---|---|
| Mathématiques | Liban ; Kirghizistan (364) ; Indonésie (364) | 355 – 79e | Autorité palestinienne (354) ; Kosovo (350) ; Kenya (326) |
| Lecture | Autorité palestinienne ; Liban (331) ; Zambie (325) | 321 – 86e | Kenya (320) ; Kurdistan irakien (312) ; Rwanda (301) |
| Sciences | Liban ; République dominicaine (361) ; Autorité palestinienne (359) | 358 – 82e | Kosovo (357) ; Paraguay (355) ; Kenya (335) |
Tableau 2 : positionnement du Maroc parmi les pays et économies affichant les scores moyens les plus proches en 2025. Source : OCDE.
Le rang mondial ne constitue toutefois qu’une partie du diagnostic. L’indicateur le plus préoccupant concerne la proportion d’élèves qui atteignent le niveau 2, considéré par PISA comme le seuil minimum permettant de mobiliser des connaissances élémentaires dans des situations courantes.
Tableau 3 : part des élèves atteignant au moins le niveau 2 en 2025
| Domaine | Maroc | Moyenne OCDE | Élèves marocains sous le niveau 2 |
|---|---|---|---|
| Mathématiques | 16 % | 65 % | 84 % |
| Lecture | 13 % | 69 % | 87 % |
| Sciences | 23 % | 74 % | 77 % |
Tableau 3 : proportion des élèves atteignant le niveau minimum de compétence dans les trois disciplines. Source : OCDE.
En mathématiques, seuls 16 % des élèves marocains atteignent ce seuil, contre 65 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. En sciences, ils sont 23 %, contre 74 %. La situation est encore plus difficile en lecture : 13 % seulement des élèves marocains atteignent le niveau 2, contre 69 % dans l’OCDE. Autrement dit, 87 % des élèves évalués au Maroc restent sous le seuil minimum attendu en lecture.
La baisse des performances doit néanmoins être replacée dans l’évolution de la scolarisation. Entre 2018 et 2025, le nombre de jeunes Marocains de 15 ans éligibles à PISA a augmenté de plus de 30 %, alors que la population totale de cette tranche d’âge est restée relativement stable. Cette évolution traduit une extension importante de l’accès au secondaire à des jeunes auparavant davantage éloignés du système scolaire.
Pour l’OCDE, l’intégration de ces nouvelles populations explique une partie de la baisse apparente des performances. Le système éducatif marocain accueille donc une proportion plus importante d’une génération qu’en 2018, mais ne réussit pas encore à transformer cette massification en progression généralisée des apprentissages.
Les conditions d’enseignement restent également fragiles. En 2025, 69 % des élèves fréquentent un établissement dont la direction considère que le manque de matériel éducatif affecte l’enseignement. Pour 52 %, les infrastructures physiques constituent également une difficulté. La situation concernant les enseignants s’améliore toutefois : la proportion d’élèves scolarisés dans des établissements signalant une pénurie de personnel enseignant est passée de 56 % en 2022 à 36 % en 2025.
Le climat en classe constitue un autre facteur. Quelque 36 % des élèves déclarent ne pas pouvoir travailler correctement durant la plupart ou la totalité des cours de sciences, tandis que 41 % indiquent que le bruit et le désordre perturbent régulièrement les séances. L’absentéisme progresse également : 36 % disent avoir manqué au moins une journée d’école au cours des deux semaines précédant le test, contre 23 % en 2022.
PISA 2025 met ainsi en évidence un paradoxe pour le système éducatif marocain. L’accès au secondaire continue de s’élargir, mais les compétences moyennes mesurées chez les élèves de 15 ans ne progressent pas au même rythme. Avec 87 % des élèves sous le seuil minimum en lecture et 84 % en mathématiques, l’enjeu n’est plus seulement de maintenir davantage de jeunes à l’école. Il consiste désormais à faire en sorte que l’élargissement de la scolarisation se traduise par une maîtrise effective de la lecture, du calcul et des sciences.




