Le développement de l’industrie marocaine des infrastructures hydrauliques franchit une nouvelle étape avec l’inauguration de la troisième ligne de production d’Amiblu Maroc sur son site industriel de Nouaceur. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, de l’ambassadrice d’Autriche au Maroc, Anna Jankovic, de Regina Zorn, vice-présidente du groupe Amiblu, ainsi que des responsables de la filiale marocaine.
Cette extension industrielle représente un investissement de 160 millions de dirhams et permettra la création de plus de 300 emplois directs et indirects. Elle répond à la montée en puissance des besoins nationaux en infrastructures hydrauliques, dans un contexte marqué par la multiplication des projets de dessalement de l’eau de mer, d’adduction d’eau potable, d’irrigation agricole et d’aménagement industriel.
Grâce à cette nouvelle ligne, la capacité annuelle de production atteint désormais 660 kilomètres de conduites de diamètre moyen DN800. Le site élargit également sa gamme de fabrication en portant le diamètre maximal des canalisations de DN2600 à DN3200, tandis que la capacité de production des pièces spéciales, notamment les raccords et fittings, progresse de 25 %.
L’extension comprend une nouvelle ligne complète de fabrication de tuyaux en polyester renforcé de fibres de verre (PRV), un banc d’essai répondant aux standards internationaux, des équipements dédiés à la fabrication des systèmes de raccordement, un atelier spécialisé dans les pièces spéciales ainsi que de nouveaux bâtiments destinés à la production, au stockage, à l’expédition, aux fonctions administratives et aux services destinés aux collaborateurs.
Ces investissements permettent à Amiblu Maroc de renforcer son positionnement sur les grands projets d’infrastructures hydrauliques engagés au Maroc et sur le continent africain.
Le choix du PRV constitue l’un des principaux atouts technologiques du site. Également désigné sous l’acronyme GRP (Glass Reinforced Plastic), ce matériau composite associe une résine polyester thermodurcissable à des fibres de verre continues. Les canalisations sont fabriquées selon des procédés industriels d’enroulement filamentaire ou de coulée centrifuge, permettant d’adapter précisément les caractéristiques mécaniques aux contraintes de pression et d’exploitation.
Comparé aux matériaux traditionnels comme l’acier, la fonte ductile ou le béton, le PRV présente plusieurs avantages techniques. Il offre une excellente résistance à la corrosion, y compris dans les environnements salins ou chimiquement agressifs, ce qui en fait un matériau particulièrement adapté aux installations de dessalement de l’eau de mer. Sa faible rugosité intérieure limite les pertes de charge hydrauliques et contribue à réduire la consommation énergétique des stations de pompage sur toute la durée de vie des ouvrages.
Le matériau se distingue également par sa légèreté, pouvant être jusqu’à quatre à cinq fois inférieure à celle de l’acier ou de la fonte pour des dimensions équivalentes. Cette caractéristique simplifie les opérations de transport, de manutention et de pose sur les chantiers, tout en réduisant les coûts d’installation.
La durée de vie des conduites dépasse généralement cinquante ans avec des besoins de maintenance limités. Les performances du matériau face aux rayons ultraviolets, aux produits chimiques et aux variations environnementales permettent également de diminuer le coût global des infrastructures sur l’ensemble de leur cycle de vie.
Présente au Maroc depuis près de vingt ans, Amiblu Maroc, anciennement Amitech Maroc, s’est progressivement imposée comme un acteur de référence dans les infrastructures hydrauliques. L’entreprise a participé à plus de 220 projets totalisant plus de 5 000 kilomètres de canalisations installées au Maroc et dans plusieurs pays africains.
Parmi les réalisations les plus récentes figurent les infrastructures des stations de dessalement de Jorf Lasfar, Agadir, Safi, Dakhla et Casablanca, ainsi que le projet de Daourate, développé pour OCP Green Water afin de sécuriser les ressources en eau destinées aux activités industrielles.
Lors de la cérémonie, le ministre Ryad Mezzour a souligné que cette extension s’inscrivait pleinement dans la stratégie nationale visant à développer un écosystème industriel dédié aux technologies du dessalement de l’eau. L’objectif est de renforcer simultanément la sécurité hydrique du Royaume, le contenu industriel local et la souveraineté technologique dans un domaine devenu stratégique.
De son côté, Omar Benyahia, directeur général d’Amiblu Maroc, a indiqué que cette troisième ligne de production traduisait la confiance du groupe dans le potentiel industriel du Maroc et sa volonté d’accompagner les grands projets d’infrastructures hydrauliques du Royaume à partir d’une base de production locale.
Au-delà de l’investissement industriel, l’entreprise prépare également le lancement, en 2027, de l’Académie du PRV, un centre de formation spécialisé consacré à la conception, au dimensionnement, à l’installation, à l’exploitation et à la maintenance des réseaux réalisés en polyester renforcé de fibres de verre. Cette structure accueillera aussi bien les collaborateurs de l’entreprise que les bureaux d’études, les entreprises de travaux, les exploitants et les partenaires africains.
Cette initiative répond à un enjeu croissant de développement des compétences dans les métiers de l’eau, alors que les investissements dans les infrastructures hydrauliques connaissent une forte progression au Maroc et sur plusieurs marchés africains.
Avec cette troisième ligne de production, Amiblu Maroc consolide également son rôle de plateforme industrielle régionale. Le site de Nouaceur approvisionne déjà plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est, notamment le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire.
L’investissement de 160 millions de dirhams, la création de plus de 300 emplois et l’augmentation significative des capacités de production illustrent le développement d’une industrie marocaine de plus en plus spécialisée dans les équipements destinés aux infrastructures stratégiques. Pour le Royaume, cette montée en puissance industrielle constitue un levier supplémentaire pour accompagner les programmes nationaux liés à l’eau tout en développant un savoir-faire exportable sur un marché africain en forte croissance.




