Pendant trois jours, les étudiants du parcours Cybersécurité de l’EMSI travaillent sur un même scénario depuis quatre villes. L’exercice repose sur une organisation fictive chargée de services essentiels. Le contenu de la crise demeure confidentiel jusqu’au premier signalement, prévu mercredi matin, afin de placer les participants dans des conditions proches d’un incident imprévu.
Les 19 cellules reçoivent simultanément les mêmes événements au lancement de la simulation. Le scénario évolue ensuite selon les décisions adoptées par chaque groupe. Les étudiants doivent traiter des informations parfois incomplètes, identifier les priorités, conduire leurs investigations et limiter les conséquences de l’incident sur l’activité de l’organisation.
La simulation dépasse le seul traitement technique d’une attaque informatique. Elle intègre la coordination des équipes, la continuité d’activité et la communication de crise. Les participants doivent également mesurer les effets de leurs arbitrages à mesure que de nouveaux éléments apparaissent. Chaque cellule construit ainsi une réponse distincte à partir d’une situation initiale commune.
Cette mécanique place la prise de décision au même niveau que la maîtrise des outils de cybersécurité. Elle confronte les futurs ingénieurs aux contraintes rencontrées lors d’un incident : temps limité, données fragmentaires, priorités concurrentes et nécessité de coordonner plusieurs fonctions. L’exercice évalue leur capacité à transformer une analyse technique en décisions compréhensibles et applicables.
« Former un ingénieur, c’est aussi lui apprendre à décider lorsqu’il n’a pas toutes les réponses. C’est cette exigence que nous voulons faire vivre à 665 étudiants, simultanément dans quatre villes », déclare Mohammed El Rhabi, directeur général du groupe EMSI.
L’encadrement pédagogique est assuré par les enseignants de l’établissement. Cybersup, école parisienne spécialisée dans les métiers de la cybersécurité, mobilise parallèlement six experts internationaux. Leur intervention apporte aux cellules des méthodes issues de la gestion d’incidents et une lecture opérationnelle des situations rencontrées durant la simulation.
Le dispositif associe ainsi trois dimensions complémentaires. La composante technique couvre l’analyse de la crise et les investigations. La dimension organisationnelle porte sur la hiérarchisation des priorités, la préservation des services essentiels et la coordination. Le volet humain concerne la prise de décision, la communication et le travail collectif sous pression.
Vendredi, chacune des 19 cellules présente son analyse et justifie ses choix devant un jury composé d’enseignants de l’EMSI et de professionnels. Une grille d’évaluation commune est appliquée à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger. Ce cadre permet de comparer les réponses produites à partir des mêmes événements, malgré l’évolution propre de chaque scénario.
L’exercice rapproche les enseignements académiques des compétences mobilisées dans les fonctions de cybersécurité. Au-delà de l’expertise technique, ces métiers exigent une capacité à expliquer un risque, arbitrer rapidement, coordonner les intervenants et maintenir une activité dégradée. La restitution finale mesure aussi l’aptitude des étudiants à défendre leurs décisions face à un jury.
Avec 665 participants mobilisés simultanément à l’échelle de l’école, l’EMSI inscrit cette simulation dans la préparation opérationnelle de ses futurs ingénieurs. Le format retenu donne une place centrale aux comportements professionnels attendus en situation de crise : analyse, responsabilité, coopération, communication et décision sous contrainte. Il met en évidence la complémentarité entre savoirs académiques, expérience pratique et capacité d’action collective face à l’incertitude.




