Implantée dans la zone industrielle de Jorf Lasfar, près de Casablanca, cette unité pilote représente une première au Maroc dans le domaine du raffinage du graphite destiné aux batteries électriques. Selon les informations publiées par Barlamane, l’installation a été conçue, assemblée et testée à l’étranger avant d’être transférée au Maroc, où sa mise en service a désormais débuté.
L’objectif est d’engager, dès l’été 2026, la production des premiers échantillons industriels destinés aux phases de qualification auprès des constructeurs automobiles et des fabricants internationaux de batteries. Cette étape est essentielle avant tout déploiement commercial à grande échelle, les industriels exigeant des campagnes de validation particulièrement rigoureuses pour les matériaux entrant dans la fabrication des cellules lithium-ion.
Le graphite purifié, sphéroïdisé et enrobé, plus connu sous l’acronyme CSPG, constitue aujourd’hui le principal matériau actif des anodes utilisées dans la quasi-totalité des batteries lithium-ion commercialisées dans le monde. La maîtrise de sa production est devenue un enjeu stratégique pour l’industrie automobile, alors que les besoins en véhicules électriques et en solutions de stockage d’énergie connaissent une croissance continue.
Le marché mondial reste cependant fortement concentré. La Chine assure aujourd’hui plus de 80 % de la production mondiale de graphite raffiné destiné aux anodes, créant une dépendance importante pour les industriels européens et nord-américains. Dans ce contexte, plusieurs projets cherchent à développer des capacités de production alternatives afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en matériaux critiques.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le projet porté par Falcon Energy Materials. L’entreprise canadienne, cotée à la Bourse de croissance TSX Venture sous le symbole FLCN ainsi que sur l’OTCQB aux États-Unis, ambitionne de développer une filière compétitive de raffinage du graphite naturel en dehors de la Chine.
Pour alimenter cette unité pilote, Falcon utilisera dans un premier temps du graphite naturel issu de gisements africains de haute qualité. Plusieurs autres sources d’approvisionnement seront également évaluées afin de sécuriser les besoins de la future usine commerciale et d’assurer une plus grande résilience de la chaîne d’approvisionnement.
Selon Barlamane, le directeur général de Falcon Energy Materials, Matthieu Bos, considère cette mise en service comme une étape majeure dans le développement industriel de l’entreprise. Au-delà de la production des premiers échantillons commerciaux, cette unité pilote doit permettre de recueillir les données techniques nécessaires à la conception définitive de l’usine industrielle, d’optimiser les procédés de fabrication et de former les équipes qui assureront ensuite l’exploitation du futur site.
La prochaine étape prévoit en effet la construction d’une unité industrielle capable de produire jusqu’à 25 000 tonnes de CSPG par an. Cette montée en puissance doit permettre à Falcon de répondre aux besoins croissants des fabricants de batteries tout en proposant une solution d’approvisionnement alternative aux acteurs internationaux.
Le choix du Maroc ne relève pas du hasard. Le Royaume dispose de plusieurs atouts qui renforcent son attractivité auprès des industriels des technologies vertes. Sa proximité avec les marchés européens, ses accords de libre-échange conclus avec l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que les infrastructures logistiques du complexe portuaire et industriel de Jorf Lasfar constituent des avantages compétitifs importants pour le développement d’une industrie des matériaux destinés aux batteries.
Cette implantation s’inscrit également dans la stratégie nationale visant à développer des filières industrielles à forte valeur ajoutée autour de la transition énergétique. Après les investissements réalisés dans les composants automobiles, les énergies renouvelables ou encore les matériaux liés aux batteries, le développement du raffinage du graphite vient renforcer l’écosystème marocain dédié à la mobilité électrique.
À travers cette première unité pilote, Falcon Energy Materials ouvre une nouvelle étape dans la construction d’une filière industrielle orientée vers les matériaux critiques. Si les phases de qualification menées auprès des clients internationaux sont concluantes, la future usine de 25 000 tonnes par an pourrait contribuer à renforcer la position du Maroc parmi les plateformes industrielles appelées à jouer un rôle croissant dans la chaîne mondiale des batteries électriques.




