L’évaluation de l’impact social s’impose progressivement comme un critère structurant dans le financement et l’accompagnement des initiatives associatives. Les projets ne sont plus seulement appréciés à travers les moyens mobilisés ou le volume de bénéficiaires. Ils sont désormais analysés selon leur capacité à produire des transformations mesurables, durables et documentées. Cette évolution modifie en profondeur les pratiques du tiers-secteur et rapproche ses standards de pilotage de ceux observés dans l’entreprise.
La Fondation CDG s’inscrit dans cette transformation à travers le programme Awane Tamk’in. Conçu pour accompagner la structuration des associations, ce dispositif vise à renforcer leurs capacités en matière de gestion, de mesure de l’impact et de développement de projets. La première édition a réuni 84 candidatures, confirmant l’existence d’un tissu associatif dynamique, mais confronté à des exigences croissantes en matière de professionnalisation.
La cérémonie organisée à Rabat le 22 janvier 2026 marque une étape importante de ce programme. Elle consacre les associations ayant démontré leur capacité à produire un impact structuré, tout en posant les bases d’une nouvelle phase d’accompagnement avec le lancement d’Awane Start.
Un programme structuré autour de la mesure de l’impact
Awane Tamk’in repose sur une approche méthodologique exigeante. Les associations sélectionnées bénéficient d’un accompagnement visant à structurer leurs projets, à formaliser leurs objectifs et à mettre en place des indicateurs de performance. Cette démarche permet de dépasser une logique d’action ponctuelle pour s’inscrire dans une dynamique de transformation durable.
Au cours de cette première édition, 15 associations ont participé à un bootcamp certifiant, réalisé en partenariat avec l’ESSEC Business School Africa. Ce parcours a permis de renforcer leurs compétences en matière de pilotage, d’évaluation et de développement stratégique. Il constitue un levier pour professionnaliser les pratiques et améliorer la qualité des interventions.
L’accompagnement ne se limite pas à la formation. Il inclut un suivi individualisé, des sessions de coaching et un travail approfondi sur les modèles d’intervention. L’objectif est de permettre aux associations de démontrer concrètement leur impact et de renforcer leur crédibilité auprès des partenaires.
Cette approche répond à une évolution des attentes. Les institutions publiques et privées cherchent à orienter leurs ressources vers des projets capables de produire des résultats mesurables. Elles privilégient les initiatives structurées, capables de documenter leurs effets et d’identifier clairement leurs bénéficiaires.
Trois lauréats distingués pour leur impact mesurable
À l’issue du programme, six associations ont été retenues comme finalistes. Trois d’entre elles ont été distinguées pour leurs projets dans des domaines clés du développement social.
Fondation SANADY (Éducation) : programme de soutien scolaire intégré visant à lutter contre le décrochage en milieu défavorisé.
Association Qualification des Jeunes – AQJ / Intilaka (Inclusion socio-économique) : programme YIEP dédié à l’insertion professionnelle des jeunes vulnérables.
Amicale marocaine des handicapés – AMH (Santé et handicap) : incubateur social IFADA pour l’accompagnement entrepreneurial des personnes en situation de handicap moteur.
Ces initiatives illustrent la diversité des enjeux sociaux au Maroc. Elles interviennent sur des problématiques structurantes telles que l’éducation, l’employabilité et l’inclusion économique. Leur point commun réside dans leur capacité à produire des effets durables et à s’inscrire dans une logique de transformation.
Les autres finalistes, notamment LEAD Morocco, AIDECA et Espace Al Akhawayn, ont bénéficié de 20 heures de coaching supplémentaire. Cette démarche permet de diffuser les bonnes pratiques au-delà des seuls lauréats et de renforcer l’ensemble de l’écosystème.
Au-delà de la distinction, le Prix CDG – Impact Social vise à valoriser des approches rigoureuses. Il encourage les associations à adopter des outils de pilotage et à structurer leurs actions. Il participe ainsi à l’émergence d’un nouveau référentiel fondé sur la mesure des résultats.
Le pilotage par l’impact comme nouvelle exigence
La question du pilotage par l’impact a été au cœur des échanges lors de la cérémonie. Cette approche repose sur une logique simple : mesurer les résultats plutôt que les moyens. Elle implique de définir des objectifs précis, de collecter des données et d’analyser les effets des actions menées.
Cette évolution impose un changement de posture pour les associations. Elles doivent développer des compétences en évaluation, en gestion de projet et en analyse. Elles doivent également être en mesure de démontrer la pertinence de leurs interventions.
Wafaa NAÏM EL IDRISSI, directrice générale de la Fondation CDG, a insisté sur cette orientation. Elle souligne que le pilotage par l’impact vise à garantir que les actions produisent un changement réel. Cette exigence renforce la transparence et la crédibilité des organisations.
Cette transformation rapproche le secteur associatif des standards de gestion de l’entreprise. Elle introduit des outils de pilotage, des indicateurs de performance et des démarches d’amélioration continue. Elle répond également aux attentes des financeurs, qui cherchent à optimiser l’utilisation des ressources.
Awane Start : un nouveau levier pour les projets émergents
Dans la continuité du programme Tamk’in, la Fondation CDG annonce le lancement de la deuxième édition d’Awane Start. Cette initiative vise à accompagner des projets associatifs en phase de structuration, en leur offrant un dispositif adapté à leurs besoins.
La publication du 18 février 2026 confirme l’ouverture des candidatures pour cette nouvelle cohorte. Le programme ciblera plusieurs régions, notamment Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès. Cette couverture territoriale permet de toucher un large éventail d’initiatives et de renforcer l’impact à l’échelle nationale.
Awane Start repose sur une logique de mécénat de compétences. Les associations sélectionnées bénéficieront de l’expertise des collaborateurs du Groupe CDG. Cet accompagnement permettra de structurer les projets, d’améliorer leur pilotage et de renforcer leur impact.
Le dispositif inclut des sessions de formation, du coaching et un accompagnement stratégique. Il vise à professionnaliser les initiatives et à les préparer à un développement à plus grande échelle. Cette approche complète celle du programme Tamk’in, en intervenant plus en amont dans le cycle de vie des projets.
L’objectif est de créer un continuum d’accompagnement, depuis l’émergence des idées jusqu’à leur structuration et leur déploiement. Cette logique permet de soutenir l’ensemble de l’écosystème et de favoriser l’émergence de projets à fort impact.
Une stratégie pour structurer l’écosystème associatif
Le lancement d’Awane Start s’inscrit dans une stratégie plus large. La Fondation CDG cherche à structurer le secteur associatif en diffusant des pratiques de gestion et d’évaluation. Elle vise à renforcer la capacité des organisations à produire des résultats mesurables.
Cette approche répond à un enjeu de crédibilité. Les associations doivent être en mesure de démontrer leur impact pour accéder à des financements et à des partenariats. Elles doivent également s’adapter à un environnement de plus en plus exigeant.
Les programmes Awane Tamk’in et Awane Start constituent des outils complémentaires. Ils permettent d’accompagner les organisations à différents stades de développement. Ils contribuent à créer un écosystème plus structuré et plus performant.
Cette dynamique favorise également les collaborations. Elle rapproche les associations, les institutions et les partenaires académiques. Elle crée des opportunités de partage d’expérience et de mutualisation des ressources.
La remise du Prix CDG – Impact Social et le lancement de la deuxième édition d’Awane Start traduisent une évolution du rôle des fondations. Elles ne se limitent plus à financer des projets. Elles accompagnent les organisations dans leur structuration et participent à la diffusion de standards de performance.
Pour les associations, l’enjeu dépasse la reconnaissance. Il s’agit d’intégrer des pratiques de pilotage et de s’inscrire dans une logique de transformation. Pour les partenaires, la question porte sur l’allocation des ressources, avec une orientation vers les initiatives les plus structurées.
L’ouverture de cette nouvelle cohorte confirme la volonté de la Fondation CDG d’inscrire cette dynamique dans la durée. Elle offre une opportunité aux porteurs de projets de rejoindre un dispositif exigeant, centré sur la mesure de l’impact et la production de résultats durables.




