Organisés par L’Usine Nouvelle, ces trophées donnent une visibilité aux parcours de femmes exerçant dans la production, les fonctions commerciales, la recherche ou le management. Douze professionnelles ont été récompensées cette année. Parmi elles, les trois lauréates issues d’entreprises du portefeuille de l’Agence des participations de l’État (APE) occupent des postes de direction dans des activités industrielles différentes.
Elvire Charre a reçu le trophée de la Femme de l’industrie de l’année. Directrice de la centrale nucléaire du Bugey, chez EDF, elle est responsable d’un site de production électrique où la conduite des opérations repose sur l’encadrement des équipes et le respect des exigences de sûreté. Son prix distingue un parcours à la tête d’une installation industrielle majeure.
Le trophée de la femme commerciale de l’année a été attribué à Elif Gürdal, vice-présidente Ventes, Support et Services de Safran Helicopter Engines. Ses responsabilités concernent la relation avec les clients et les services proposés autour des moteurs d’hélicoptère. Cette distinction rappelle que les postes de direction dans l’industrie couvrent aussi le développement commercial et le suivi des équipements après leur vente.
Isabella Citrea, directrice de projets chez Thales Alenia Space, a été récompensée dans la catégorie recherche et développement. Elle pilote Iride, un programme de satellites d’observation de la Terre. Son rôle associe la conduite d’un projet spatial à la coordination de compétences scientifiques et techniques, dans une filière où les programmes mobilisent des équipes sur plusieurs années.
Ces trois distinctions rendent visibles des responsabilités exercées à différents endroits de l’entreprise industrielle : sur un site de production, au contact des clients et dans la conduite de la R&D. Elles éclairent aussi une question plus large que les parcours individuels : la place des femmes dans les effectifs de l’industrie, puis dans les fonctions où se prennent les décisions.
En France, les femmes représentaient 30 % des salariés de l’industrie en 2024. Leur part n’était que de 21 % dans les instances dirigeantes des grandes entreprises industrielles et technologiques, d’après le chiffre cité par le Boston Consulting Group. Les deux indicateurs portent sur des populations différentes, mais montrent que la présence féminine se réduit au sommet des organisations.
Dans les entreprises suivies par l’APE, les femmes occupaient 34 % des sièges au sein des instances dirigeantes en 2025, contre 32 % en 2024. L’agence fait ainsi état d’une progression de deux points en un an. Un quart des entreprises de son portefeuille atteignent ou dépassent 40 % de femmes dans ces instances, un indicateur portant sur les fonctions de direction.
Les prix remis à Elvire Charre, Elif Gürdal et Isabella Citrea mettent des noms et des responsabilités derrière ces chiffres. Ils distinguent trois dirigeantes présentes dans des filières stratégiques, tandis que les données de l’APE permettent de suivre, au-delà de la cérémonie, l’évolution de la place des femmes à la tête des entreprises de son portefeuille.




