CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC, CGT-FO, FSU, SNAP, STC, SUD et UNSA ont signé un appel commun dans le cadre de la journée d’action de la fonction publique. Leur accord donne une portée particulière au mouvement : les syndicats relient leurs revendications salariales aux changements d’organisation engagés depuis la création de France Travail en janvier 2024 et à leurs conséquences sur le travail quotidien des agents.
L’intersyndicale demande une augmentation générale des rémunérations pour les agents de droit public comme pour les salariés de droit privé de l’opérateur. Elle dénonce la stagnation des salaires et des traitements, ainsi que le manque de reconnaissance des nouvelles tâches confiées aux équipes. La perspective d’un nouveau gel du point d’indice en 2027 s’ajoute à ces revendications.
Les effectifs constituent l’autre point de crispation. En 2026, le plafond d’emplois de France Travail a reculé de 515 équivalents temps plein par rapport à 2025. Une baisse d’environ 400 postes, accompagnée d’une réduction budgétaire proche de 100 millions d’euros, a été évoquée pour 2027 dans la presse. Ces chiffres restent des projections et ne correspondent pas à des suppressions définitivement votées.
Cette perspective inquiète les représentants du personnel alors que le chômage remonte. Au deuxième trimestre 2026, il atteint 8,3 % de la population active en France hors Mayotte, contre 8,1 % au trimestre précédent, selon l’Insee. Pour les syndicats, accompagner davantage de demandeurs d’emploi avec moins de moyens risque d’alourdir les portefeuilles des conseillers et de réduire le temps consacré à chaque dossier.
Olivier Penobert, représentant CFDT au comité social et économique central, met en cause la « soutenabilité » de la transformation proposée. La loi pour le plein emploi s’inscrivait dans la perspective d’un taux de chômage ramené à 5 %. Le décalage avec la situation actuelle pose, selon lui, la question des moyens humains nécessaires pour appliquer les nouvelles modalités d’accompagnement dans les agences.
Parmi ces changements figure le déploiement des parcours « essentiel » et « intensif », destinés à remplacer les anciennes catégories de suivi. Les syndicats craignent qu’un grand nombre de dossiers relevant du parcours essentiel soient confiés à chaque conseiller lors de la généralisation du dispositif. Leur alerte porte sur la charge de travail qui en résulterait et sur la capacité à maintenir un accompagnement adapté aux besoins des usagers.
L’intersyndicale demande également la suspension de tout nouveau projet intégrant l’intelligence artificielle tant qu’un accord collectif n’aura pas encadré ses usages et ses effets sur les métiers. Les représentants du personnel redoutent que ces outils servent à justifier des réductions d’effectifs. Ils réclament en parallèle l’arrêt du plan d’efficience, des recrutements en CDI et la pérennisation des contrats à durée déterminée.
Les syndicats soulèvent enfin les conditions d’application des nouvelles règles aux demandeurs d’emploi. Ils dénoncent des différences entre départements dans l’utilisation du barème de sanctions en vigueur depuis 2025 ; la CGT conteste notamment le traitement des allocations suspendues lorsqu’une personne reprend ses démarches. Cette question rejoint leurs préoccupations sur les conditions dans lesquelles les conseillers exercent leurs missions.




