Dubravka Šuica, commissaire européenne chargée de la Méditerranée, a présenté « Surging Women’s Employment » lors d’un événement organisé avec ONU Femmes en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies. Projet phare du Pacte pour la Méditerranée, l’initiative associe l’accès aux compétences à la création de postes dans le secteur privé. La Commission entend travailler avec ONU Femmes et d’autres partenaires pour élargir les perspectives professionnelles des femmes dans la région.
Le programme mobilisera 25 millions d’euros, avec une contribution européenne de 10 millions. Cette enveloppe doit accompagner la création d’emplois et contribuer à faire progresser l’emploi féminin à l’horizon 2030 ; elle ne correspond pas à des postes déjà créés. La Commission n’a communiqué ni répartition de la cible régionale entre les pays concernés ni ventilation des financements par secteur. Les modalités des projets seront précisées avec les partenaires.
L’action annoncée porte sur la formation, l’entrepreneuriat et l’implication des entreprises. L’UE prévoit de soutenir des réformes favorables à une croissance portée par le secteur privé, tout en encourageant les employeurs à développer l’emploi féminin. Le programme doit ainsi rapprocher les compétences acquises des possibilités de recrutement. La Commission n’a pas présenté de mécanisme unique applicable aux entreprises ni de calendrier pour les premières actions nationales.
Les services de soins, l’économie verte et les sciences et technologies constituent les trois domaines mis en avant. L’initiative doit y élargir l’accès des femmes aux qualifications et aux opportunités professionnelles. La Commission n’a toutefois fixé aucun objectif de recrutement distinct pour ces activités. La cible de 500 000 emplois supplémentaires porte sur l’ensemble du programme, et non sur un secteur ou un pays particulier du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
L’annonce intervient alors que la participation des femmes au marché du travail stagne autour de 20 % en moyenne dans la région depuis plus de vingt ans, selon les chiffres avancés par l’UE. Cette mesure inclut les femmes occupant un emploi et celles qui en recherchent un ; elle ne doit pas être confondue avec le taux d’emploi. La Commission rattache son initiative à la volonté de réduire cet écart entre femmes et hommes.
Sur le plan économique, l’exécutif européen estime qu’une réduction de l’écart d’emploi entre les sexes pourrait accroître le PIB régional de près de 60 %. Il s’agit d’une estimation liée à la participation des femmes à l’économie, pas d’une prévision de l’effet du seul programme annoncé jeudi. Lors de la présentation, Dubravka Šuica a évoqué la nécessité de « libérer les talents » et de « stimuler la croissance » dans le bassin méditerranéen.
La création des emplois visés reposera notamment sur les recrutements réalisés par les entreprises dans les secteurs retenus. Les actions de formation et d’entrepreneuriat annoncées devront s’inscrire dans cette perspective, avec l’appui d’ONU Femmes et des autres partenaires mobilisés. Aucun engagement chiffré par employeur ou par pays n’a été rendu public à New York. La mise en œuvre du programme permettra de préciser la contribution des différents acteurs à l’objectif fixé pour 2030.




