L’annonce intervient alors que l’Afrique réunit près de 18 % de la population mondiale, mais dispose de moins de 1 % des capacités mondiales de centres de données. Faute d’infrastructures locales suffisantes, les développeurs et entreprises doivent utiliser des serveurs installés hors du continent pour entraîner leurs modèles. Les deux programmes doivent rapprocher la puissance de calcul des utilisateurs africains.
Cassava Technologies, partenaire cloud de Nvidia en Afrique, exploite une usine d’intelligence artificielle en Afrique du Sud. Son extension doit couvrir le Maroc, l’Égypte, le Kenya et le Nigeria. Les 720 millions de dollars portent sur l’ensemble de ce réseau, et non sur le marché marocain. Aucun calendrier, site ou volume d’emplois n’a été communiqué pour son implantation au Maroc.
La Nexus AI Factory présente un niveau d’avancement différent. Nexus Core Systems l’a dévoilée en avril 2026 au GITEX Africa de Marrakech, avant de signer un protocole d’accord avec les ministères chargés de la Transition numérique et de l’Investissement ainsi qu’avec l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations. Son déploiement commence par deux phases.
La première mobilise 5 milliards de dirhams pour une capacité de 16 MW à Nouaceur, avec 50 emplois directs. La seconde représente 7 milliards de dirhams et doit ajouter 20 MW dans le nord du Royaume. Ensemble, elles porteront l’investissement à 12 milliards de dirhams, la capacité installée à 36 MW et les emplois à 125 d’ici fin 2027.
Ces 36 MW ne constituent que le socle du projet. Nexus Core Systems fixe une capacité cible de 500 MW pour l’ensemble de la plateforme. Celle-ci doit fonctionner avec des systèmes de calcul Nvidia Blackwell et une alimentation renouvelable fournie par TAQA Morocco. Le calendrier des extensions au-delà des deux premières phases n’est pas détaillé.
Le projet associe au centre de données un centre d’excellence consacré aux services et au transfert de compétences, ainsi qu’un hub d’innovation. Cette configuration place les savoir-faire au cœur du démarrage. L’exploitation des équipements nécessitera des compétences en administration de centres de données, cloud, cybersécurité, calcul à haute performance, science des données et apprentissage automatique.
Les 125 emplois annoncés correspondent aux deux premières phases, mais leur répartition par métier, niveau de qualification et implantation n’est pas publiée. Les besoins accompagneront l’installation et l’exploitation du site de Nouaceur, puis l’ouverture de l’unité du nord. Le recrutement devra couvrir la mise en service, la maintenance, la sécurité et le fonctionnement des infrastructures.
En parallèle, Nvidia poursuit son programme africain de formation par le Deep Learning Institute. Le groupe s’était donné en 2024 trois ans pour former 100 000 développeurs et indique avoir déjà dépassé 85 000 bénéficiaires. Ce dispositif n’est pas réservé au Maroc, mais il alimente le vivier de spécialistes nécessaire au développement des infrastructures de calcul africaines.
La première échéance se situe à Nouaceur, avec la réalisation des 16 MW et la création des 50 premiers emplois directs. La deuxième phase doit porter le bilan à 125 postes à fin 2027. La concrétisation du projet se mesurera au rythme des mises en service, des recrutements et du transfert de compétences vers les équipes chargées d’exploiter la plateforme.




