Un million d’emplois : le chiffre figure dans les programmes du RNI, du PAM et du PPS. L’Alliance de la gauche avance une autre cible, 300 000 créations nettes par an. L’USFP met en avant la baisse du chômage et l’insertion des jeunes. Le PJD choisit de ne pas annoncer d’objectif national chiffré, tout en proposant de conditionner certaines aides publiques aux emplois créés.
Ces engagements ne peuvent être lus comme des résultats équivalents. Une première expérience professionnelle, une embauche destinée à remplacer un départ et une création nette d’emploi désignent trois réalités différentes. Les notes de faisabilité ci-dessous tiennent compte de cette distinction, de la précision des mesures, des moyens annoncés et du temps nécessaire pour produire un effet. Elles évaluent la possibilité de mettre en œuvre les propositions et d’atteindre leurs objectifs pendant la législature, sans porter de jugement sur leur intérêt politique.
1. Création d’emplois : l’écart entre les objectifs et les postes durables
Le PAM et le PPS promettent chacun un million d’emplois nets sur cinq ans. Le RNI annonce un million d’emplois répartis entre plusieurs secteurs, sans que la totalité puisse être assimilée d’emblée à des créations nettes. L’Alliance de la gauche vise un rythme annuel encore plus élevé. Pour les entreprises, la question sera de savoir combien de postes supplémentaires resteront occupés après les investissements et les chantiers liés au Mondial 2030.
Le PJD obtient une meilleure note sur ce thème parce que sa mesure, conditionner les aides à l’emploi effectivement créé, est plus circonscrite. Cette appréciation ne signifie pas que son programme produirait davantage d’emplois que les autres : il ne fixe pas de cible nationale permettant de le déterminer.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Un million d’emplois en cinq ans, répartis entre plusieurs secteurs. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le rythme annoncé est élevé et la part des créations nettes et durables reste à établir. |
| PAM | Un million d’emplois nets et un chômage ramené à 7 % en 2031. | ★★☆☆☆ 2/5 | La cible cumule un effort soutenu de création nette et une forte baisse du chômage. |
| USFP | Un chômage global inférieur à 8 %, soutenu par l’industrie et l’insertion. | ★★☆☆☆ 2/5 | Les insertions annoncées ne peuvent être assimilées automatiquement à des emplois supplémentaires. |
| PPS | Un million d’emplois nets et un chômage inférieur à 10 %. | ★★☆☆☆ 2/5 | La réalisation dépend notamment de la croissance de 5 % retenue dans le programme. |
| PJD | Des aides publiques liées aux créations nettes d’emplois, sans cible nationale chiffrée. | ★★★☆☆ 3/5 | La condition d’aide peut être instaurée et contrôlée ; son effet national sur l’emploi n’est pas chiffré. |
| Alliance de la gauche | 300 000 créations nettes d’emplois par an. | ★☆☆☆☆ 1/5 | Le rythme annuel visé exige une accélération particulièrement importante des créations nettes. |
Tableau 1 : faisabilité des propositions des programmes concernant la création d’emplois.
2. Insertion des jeunes : compter les sorties vers l’emploi
Le RNI prévoit environ 250 000 insertions professionnelles par an à travers plusieurs dispositifs. L’USFP vise 200 000 insertions annuelles par l’emploi ou l’entrepreneuriat. Le PAM promet 500 000 premières expériences sur cinq ans, tandis que le PPS veut réduire de moitié le nombre de jeunes sans emploi, ni études, ni formation.
Ces programmes pourraient accueillir un grand nombre de bénéficiaires. Leur efficacité dépendra toutefois du devenir de ces jeunes six ou douze mois plus tard : emploi déclaré, poursuite de formation, activité indépendante viable ou retour au chômage. Additionner les entrées dans les dispositifs ne permettrait pas de répondre à cette question.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Environ 250 000 insertions annuelles à travers plusieurs dispositifs existants. | ★★★☆☆ 3/5 | Les dispositifs existants facilitent le déploiement ; il faudra vérifier le maintien en emploi des bénéficiaires. |
| PAM | 500 000 premières expériences professionnelles en cinq ans. | ★★★☆☆ 3/5 | La cible est mesurable, mais une première expérience ne garantit pas un recrutement durable. |
| USFP | 200 000 jeunes insérés chaque année par l’emploi ou l’entrepreneuriat. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le regroupement de l’emploi salarié et de l’entrepreneuriat rend le résultat annoncé difficile à apprécier. |
| PPS | Réduction de moitié du nombre de jeunes sans emploi, ni études, ni formation, avec un plan de 15 milliards de DH. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le budget est identifié, mais la cible concerne des jeunes aux situations très différentes. |
| PJD | Développement de filières professionnelles adaptées aux secteurs porteurs. | ★★★☆☆ 3/5 | Les filières peuvent être développées ; aucun volume de premières expériences n’est toutefois annoncé. |
| Alliance de la gauche | Pas de dispositif distinct de première expérience suffisamment précisé. | N. É. | Une cible générale d’emploi ne permet pas d’évaluer une mesure propre à l’insertion des jeunes. |
Tableau 2 : faisabilité des propositions des programmes concernant l’insertion des jeunes. « N. É. » signifie « non évalué ».
3. Formation et compétences : répondre aux besoins réels des employeurs
Le PAM chiffre 500 000 parcours de formation ou de reconversion et prévoit 5 000 formateurs spécialisés en intelligence artificielle. Le RNI associe ses objectifs d’emplois aux besoins de l’industrie et du numérique. Le PJD et le PPS veulent renforcer les liens entre universités, recherche et entreprises.
Pour les DRH, le nombre de places de formation constitue un indicateur de moyens. Le résultat attendu est différent : disposer, au bon endroit, de candidats capables d’exercer les métiers recherchés. La conception des cursus avec les employeurs, les périodes de pratique et le suivi des recrutements seront déterminants.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Adapter les formations aux besoins des emplois industriels et numériques annoncés. | ★★☆☆☆ 2/5 | Les importants volumes d’emplois annoncés supposent une montée rapide des capacités de formation. |
| PAM | 500 000 parcours de formation ou de reconversion et 5 000 formateurs spécialisés en IA. | ★★★☆☆ 3/5 | Les parcours sont quantifiés ; leur effet dépendra des compétences acquises et des recrutements obtenus. |
| USFP | Développer les compétences nécessaires aux 250 000 emplois industriels visés. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le besoin de compétences est identifiable, mais les capacités de formation correspondantes ne sont pas chiffrées. |
| PPS | Rapprocher recherche, universités et entreprises, avec des incitations à l’apprentissage et à la R&D. | ★★★☆☆ 3/5 | Les partenariats peuvent être engagés pendant le mandat ; leurs effets sur l’emploi seront plus progressifs. |
| PJD | Renforcer les filières professionnelles et les liens entre universités et entreprises. | ★★★☆☆ 3/5 | Les mesures sont applicables, mais leurs capacités d’accueil et leurs résultats attendus restent à préciser. |
| Alliance de la gauche | Pas de programme de formation professionnelle suffisamment détaillé sur cet axe. | N. É. | Le projet industriel implique des besoins de compétences sans définir ici une mesure de formation évaluable. |
Tableau 3 : faisabilité des propositions des programmes concernant la formation et les compétences.
4. Industrie : les recrutements dépendront du contenu local des investissements
Le RNI attribue 300 000 emplois à l’industrie ; le PAM et l’USFP en annoncent chacun 250 000. L’Alliance de la gauche privilégie une autre mesure, porter l’intégration industrielle locale à 60 %. Le PJD propose d’agir sur l’accès au foncier, tandis que le PPS soutient la coopération entre recherche et entreprises industrielles.
Une nouvelle usine ne crée pas le même volume d’emplois selon qu’elle importe ses composants et ses services ou qu’elle travaille avec des fournisseurs marocains. Les recrutements directs devront donc être suivis séparément des emplois chez les sous-traitants. La disponibilité des techniciens, ingénieurs et managers industriels constitue une autre condition commune aux programmes.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Créer 300 000 emplois industriels. | ★★☆☆☆ 2/5 | La cible dépend du nombre de projets réalisés et de leur capacité réelle à recruter. |
| PAM | Créer 250 000 emplois industriels. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le volume annoncé exige des investissements et des compétences disponibles dans plusieurs filières. |
| USFP | Créer 250 000 emplois industriels et accroître les exportations industrielles de 40 %. | ★★☆☆☆ 2/5 | Atteindre simultanément les deux objectifs dépend de la production locale et de la demande extérieure. |
| PPS | Soutenir la R&D des entreprises industrielles et technologiques par la coopération universitaire. | ★★★☆☆ 3/5 | L’incitation peut être instaurée ; ses retombées industrielles demanderont davantage de temps. |
| PJD | Créer un registre du foncier industriel et réaffecter les terrains inexploités. | ★★★☆☆ 3/5 | Le dispositif foncier est précis ; son effet sur l’emploi dépendra des projets ensuite implantés. |
| Alliance de la gauche | Porter l’intégration industrielle locale à 60 % d’ici 2031. | ★★☆☆☆ 2/5 | La cible suppose de développer des fournisseurs locaux capables de remplacer une partie des importations. |
Tableau 4 : faisabilité des propositions industrielles des programmes.
5. TPE et PME : financer leur lancement ne garantit pas leur croissance
Les six formations proposent des instruments de soutien aux petites entreprises : prêts, garanties, crédit bancaire, accompagnement, accès à la recherche ou exonérations. Le PAM chiffre l’accompagnement de 60 000 entreprises émergentes ; l’USFP vise 100 000 TPME et 50 000 entreprises créées par des jeunes.
Pour une TPE, obtenir un financement représente souvent une première étape. Recruter et conserver des collaborateurs suppose ensuite des commandes régulières, une trésorerie suffisante et des perspectives de développement. Le nombre d’entreprises aidées devra donc être complété par leur taux de survie, leur progression et leurs emplois déclarés.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Créer des prêts productifs sans intérêts, garantis par l’État et accompagnés d’un suivi. | ★★★☆☆ 3/5 | Le fonds peut être mis en place ; sa réussite dépendra de la survie des activités financées. |
| PAM | Accompagner 60 000 entreprises émergentes et soutenir celles qui créent des emplois. | ★★★☆☆ 3/5 | L’accompagnement est organisé autour d’une cible ; les emplois devront être maintenus après l’aide. |
| USFP | Accompagner 100 000 TPME et 50 000 entreprises créées par des jeunes. | ★★☆☆☆ 2/5 | Le volume annoncé nécessite des moyens élevés de financement, de sélection et de suivi. |
| PPS | Faciliter l’accès des startups innovantes à la commande publique et à la recherche. | ★★★☆☆ 3/5 | Les mécanismes peuvent être créés si l’éligibilité des startups et l’accès aux marchés sont précisés. |
| PJD | Réserver une part du crédit bancaire aux TPME et adapter leur notation bancaire. | ★★★☆☆ 3/5 | L’accès au crédit peut progresser ; il ne garantit pas à lui seul la viabilité des entreprises financées. |
| Alliance de la gauche | Simplifier la formalisation des petites activités et prévoir trois années d’exonération pour celles qui y sont éligibles. | ★★★☆☆ 3/5 | L’entrée dans le formel peut être facilitée ; le maintien après la période d’exonération reste à vérifier. |
Tableau 5 : faisabilité des mesures des programmes en faveur des petites entreprises.
6. Commande publique : les quotas devront se traduire en contrats payés
Le PAM veut réserver 15 % de la valeur des marchés publics aux PME. L’USFP propose 30 % des marchés aux TPME et 10 % supplémentaires aux startups. L’Alliance de la gauche annonce 30 % pour les TPME et l’économie sociale et solidaire, avec un paiement public ramené à 45 jours. Le PPS réserve une part de 5 % à 10 % aux startups innovantes ; le PJD défend une préférence nationale et la réduction des délais de paiement.
Ces chiffres ne sont pas directement comparables : la valeur des marchés et leur nombre sont deux bases de calcul différentes. Pour les DG de petites entreprises, l’effet réel dépendra aussi de la taille des appels d’offres, des garanties exigées et du délai séparant l’exécution du contrat de son règlement.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Pas de quota comparable de marchés publics pour les PME sur cet axe. | N. É. | Le développement attendu des fournisseurs locaux ne définit pas un quota évaluable. |
| PAM | Réserver 15 % de la valeur des marchés publics aux PME. | ★★★☆☆ 3/5 | Le calcul sur la valeur des contrats est explicite ; l’attribution effective devra être suivie. |
| USFP | Réserver 30 % des marchés aux TPME et 10 % supplémentaires aux startups. | ★★☆☆☆ 2/5 | L’ampleur des quotas et leur base de calcul restent à préciser, ainsi que le chevauchement des catégories. |
| PPS | Réserver de 5 % à 10 % des marchés publics aux startups innovantes. | ★★★☆☆ 3/5 | La cible est circonscrite ; son application exige une définition utilisable de la startup innovante. |
| PJD | Introduire une préférence nationale et réduire les délais de paiement. | ★★★☆☆ 3/5 | Les règles peuvent être révisées ; leur effet dépendra de leur application aux attributions et aux paiements. |
| Alliance de la gauche | Réserver 30 % des marchés aux TPME et à l’économie sociale et solidaire ; payer sous 45 jours. | ★★★☆☆ 3/5 | Le délai est précis ; le quota nécessite encore un périmètre clair et un suivi des contrats obtenus. |
Tableau 6 : faisabilité des propositions des programmes concernant la commande publique.
7. Aides publiques : vérifier les créations nettes d’emplois
L’USFP et le PJD proposent explicitement de lier les aides ou exonérations publiques aux emplois créés. Le PAM prévoit, pour certaines petites entreprises créant au moins trois postes, une exonération d’impôt sur les sociétés pendant cinq ans.
Le principe est contrôlable si l’on mesure l’évolution des effectifs déclarés. Son application exige néanmoins de définir la période de référence et la durée de maintien des postes. Une entreprise qui recrute dix collaborateurs après huit départs a augmenté son effectif de deux personnes, pas de dix. Le contrôle devra rester suffisamment simple pour être accessible aux petites structures.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Pas de condition générale comparable liant les aides aux créations nettes d’emplois. | N. É. | Les mesures de soutien à l’emploi ne définissent pas une règle générale de contrepartie. |
| PAM | Exonérer pendant cinq ans d’IS certaines petites entreprises créant au moins trois emplois. | ★★★☆☆ 3/5 | Le seuil de trois postes est contrôlable ; leur déclaration et leur maintien devront être vérifiés. |
| USFP | Conditionner les aides publiques et exonérations à la création effective d’emplois. | ★★★☆☆ 3/5 | La règle peut être instituée si la création nette et la durée de maintien sont définies. |
| PPS | Pas de condition générale comparable pour l’ensemble des aides aux entreprises. | N. É. | Les incitations proposées ne comportent pas toutes la même contrepartie d’emploi. |
| PJD | Lier les aides aux emplois nets, aux achats locaux et au respect des délais de paiement. | ★★★☆☆ 3/5 | Les critères sont vérifiables, mais leur cumul alourdit le contrôle des entreprises bénéficiaires. |
| Alliance de la gauche | Pas de condition générale comparable de création nette d’emplois. | N. É. | Les orientations industrielles ne définissent pas ici une condition d’aide directement mesurable. |
Tableau 7 : faisabilité des conditions d’emploi attachées aux aides publiques dans les programmes.
8. Revenus du travail : deux voies pour améliorer le pouvoir d’achat
Le RNI propose de porter progressivement le SMIG à 5 000 dirhams mensuels. Le PPS prévoit une hausse de 15 % du SMIG et du SMAG en deux étapes. L’USFP souhaite réduire de 10 % la pression fiscale supportée par les salariés, tandis que l’Alliance de la gauche veut relever à 60 000 dirhams annuels le seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu.
Une hausse du minimum salarial agirait directement sur les coûts des entreprises concernées et pourrait conduire les DRH à revoir les premiers niveaux de leurs grilles. Un allègement de l’impôt agirait d’abord sur le salaire net, avec un effet différent selon les revenus imposables. Comparer ces mesures exige donc de calculer, pour chaque catégorie de collaborateurs, le gain net et le coût correspondant.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Porter progressivement le SMIG à 5 000 DH par mois. | ★★☆☆☆ 2/5 | L’ampleur de la hausse impose d’évaluer les coûts selon les secteurs et les grilles salariales. |
| PAM | Pas de mesure directement comparable sur le SMIG ou l’IR salarié. | N. É. | Les propositions d’accès à l’emploi ne fixent pas un gain salarial direct à noter. |
| USFP | Réduire de 10 % la pression fiscale supportée par les salariés. | ★★★☆☆ 3/5 | La mesure fiscale peut être adoptée ; son coût et le gain selon les revenus doivent être chiffrés. |
| PPS | Augmenter le SMIG, le SMAG et les salaires publics de 15 % en deux étapes. | ★★★☆☆ 3/5 | Le calendrier est précisé ; les coûts privés et publics devront être absorbés sur plusieurs années. |
| PJD | Pas de mesure directement comparable sur le salaire net ou le minimum légal. | N. É. | Une baisse d’IS pour certaines entreprises ne permet pas de déduire un gain salarial. |
| Alliance de la gauche | Porter à 60 000 DH annuels le seuil d’exonération de l’IR. | ★★★☆☆ 3/5 | Le seuil peut être modifié ; ses effets sur les salariés et les recettes restent à calculer. |
Tableau 8 : faisabilité des propositions des programmes concernant les revenus du travail.
9. Perte d’emploi : prolonger la protection et préparer le retour à l’activité
Le RNI et le PPS proposent tous deux une indemnisation pouvant durer jusqu’à douze mois. Leurs modalités diffèrent : le RNI retient notamment une part du salaire de référence, tandis que le PPS annonce un plafond mensuel de 7 500 dirhams et une trajectoire du nombre de bénéficiaires.
La durée de protection est une donnée essentielle pour les collaborateurs concernés. Sa faisabilité financière dépendra du nombre de personnes éligibles et du temps passé sans emploi. Pour apprécier son efficacité sur le marché du travail, il faudra également mesurer l’accès des bénéficiaires à une formation, à une reconversion ou à un nouveau poste.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Créer une allocation de retour à l’emploi pouvant être versée pendant douze mois. | ★★☆☆☆ 2/5 | Les modalités sont détaillées ; le financement dépendra du nombre de bénéficiaires et de la durée des versements. |
| PAM | Pas de nouvelle indemnisation du chômage suffisamment détaillée. | N. É. | Les parcours de reconversion annoncés ne définissent pas une prestation financière comparable. |
| USFP | Pas de réforme chiffrée de l’indemnité pour perte d’emploi. | N. É. | Aucun montant ou dispositif directement comparable n’est défini sur cet axe. |
| PPS | Étendre l’indemnité à douze mois, avec un plafond mensuel de 7 500 DH. | ★★★☆☆ 3/5 | La durée, le plafond et une trajectoire budgétaire sont annoncés ; les recettes devront suivre. |
| PJD | Mesures de couverture médicale, sans allocation chômage comparable. | N. É. | La couverture maladie ne répond pas au même risque que la perte de revenu après un emploi. |
| Alliance de la gauche | Mesures de couverture sociale, sans allocation chômage comparable. | N. É. | Le programme ne définit pas ici une prestation après une perte d’emploi. |
Tableau 9 : faisabilité des propositions des programmes concernant l’indemnisation après une perte d’emploi.
10. Emploi des femmes : des objectifs liés aux conditions concrètes de travail
Le PAM vise un taux d’activité féminin de 21,2 % en 2031 ; le PPS fixe une cible de 25 % et l’USFP souhaite dépasser 30 %. Ces objectifs n’ont pas le même niveau d’ambition. Le PAM détaille notamment le télétravail et les horaires flexibles, tandis que l’USFP prévoit la parité dans les programmes publics d’emploi et davantage d’entreprises dirigées par des femmes.
Le recrutement ne suffira pas, à lui seul, à faire progresser durablement l’activité féminine. Transports, garde d’enfants, horaires compatibles avec les contraintes familiales et perspectives d’évolution pèseront sur l’entrée et le maintien dans l’emploi. Plus la cible est élevée, plus ces conditions devront être traitées à grande échelle.
| Parti | Proposition | Faisabilité | Commentaire sur la note |
|---|---|---|---|
| RNI | Pas d’objectif distinct de participation féminine suffisamment précisé. | N. É. | La cible globale d’emplois ne précise pas la progression attendue de l’activité des femmes. |
| PAM | Porter le taux d’activité féminin à 21,2 % en 2031 et développer la flexibilité du travail. | ★★★☆☆ 3/5 | L’objectif est relativement progressif ; les horaires flexibles devront s’accompagner d’emplois accessibles. |
| USFP | Porter la participation des femmes au-delà de 30 %. | ★☆☆☆☆ 1/5 | Une progression aussi forte en cinq ans exige des emplois et des solutions de garde et de transport à grande échelle. |
| PPS | Porter l’activité féminine de 19 % à 25 %. | ★★☆☆☆ 2/5 | La hausse visée est importante ; les moyens dédiés aux principaux obstacles à l’emploi restent à préciser. |
| PJD | Pas de cible spécifique d’activité féminine suffisamment précisée. | N. É. | Les mesures générales de formation et d’emploi ne chiffrent pas leur effet attendu pour les femmes. |
| Alliance de la gauche | Pas de cible distincte de participation féminine suffisamment précisée. | N. É. | L’objectif national de créations d’emplois ne fixe pas la part destinée aux femmes. |
Tableau 10 : faisabilité des objectifs des programmes concernant l’emploi des femmes.
Note finale : une moyenne à lire avec le nombre de thèmes évalués
La moyenne des notes place le PJD à 3,00 étoiles sur cinq, suivi du PAM à 2,75 et du PPS à 2,67. Elle ne constitue pas un classement général des programmes. Le PJD est évalué sur sept thèmes et ne fixe pas de cible nationale de créations d’emplois. L’Alliance de la gauche ne dispose de mesures notables que sur cinq des dix thèmes retenus. Le PPS et l’USFP sont, eux, évalués sur neuf thèmes, dont plusieurs objectifs chiffrés particulièrement ambitieux.
Les thèmes sans proposition suffisamment précise sont indiqués « N. É. » et exclus du calcul, sans être assimilés à un zéro. La moyenne renseigne ainsi sur la faisabilité des mesures évaluables ; le nombre de thèmes notés indique l’étendue de la comparaison possible.
| Parti | Thèmes notés | Étoiles* | Moyenne exacte | Lecture de la note |
|---|---|---|---|---|
| PJD | 7 sur 10 | ★★★☆☆ | 3,00/5 | Mesures souvent ciblées ; absence de cible nationale chiffrée pour l’emploi. |
| PAM | 8 sur 10 | ★★★☆☆ | 2,75/5 | Plusieurs dispositifs détaillés, associés à des objectifs d’emplois élevés. |
| PPS | 9 sur 10 | ★★★☆☆ | 2,67/5 | Programme étendu et chiffré, dépendant de la croissance et des recettes attendues. |
| Alliance de la gauche | 5 sur 10 | ★★☆☆☆ | 2,40/5 | Moyenne fondée sur cinq thèmes seulement, avec une cible d’emploi très exigeante. |
| RNI | 7 sur 10 | ★★☆☆☆ | 2,29/5 | Plusieurs objectifs sectoriels dont les créations nettes restent à préciser. |
| USFP | 9 sur 10 | ★★☆☆☆ | 2,11/5 | Programme couvrant de nombreux enjeux, avec plusieurs cibles particulièrement ambitieuses. |
Tableau 11 : moyenne simple des notes de faisabilité attribuées aux propositions des programmes, hors thèmes non évaluables. *Les étoiles sont arrondies à l’unité ; la moyenne exacte figure dans la quatrième colonne. Le nombre de thèmes évalués varie selon les partis : ce tableau ne constitue pas un classement général des programmes.




