Le plan répond au retard d’adoption observé dans les entreprises françaises. En 2025, 18 % d’entre elles utilisaient au moins une technologie liée à l’intelligence artificielle, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques. Cette proportion reste deux fois inférieure à celle enregistrée dans les pays européens les plus avancés.
Le ministère relève également un écart entre les grandes entreprises et les petites et moyennes entreprises. Les secondes disposent de moyens plus limités pour identifier les outils, former leurs équipes et organiser leur déploiement. Le programme doit agir simultanément sur l’accès aux compétences, l’accompagnement des employeurs et l’information des actifs.
Six des 12 mesures portent sur l’acculturation à l’IA. Pix, service public consacré à l’évaluation et au développement des compétences numériques, lancera Explore IA. Gratuite et accessible sans prérequis, la plateforme proposera des tests de connaissances et des parcours consacrés au fonctionnement, aux usages et aux enjeux professionnels de ces technologies.
Une seconde plateforme développée par Pix sera réservée aux apprentis inscrits dans les centres de formation d’apprentis, ou CFA. Une partie importante des 80 millions d’euros doit financer les formations préparant aux compétences jugées stratégiques, notamment dans le développement de l’intelligence artificielle et les métiers de la cybersécurité.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit parallèlement la création d’un fonds national pour les CFA. Il doit permettre de majorer le financement public des formations en apprentissage considérées comme prioritaires. La mise en œuvre de ce volet reste liée à l’examen du budget et à l’adoption des dispositions correspondantes.
France Travail proposera aux demandeurs d’emploi un test destiné à mesurer leur niveau de maturité face à l’IA. Les résultats serviront à construire un parcours personnalisé, allant d’une première sensibilisation à une formation spécialisée. L’accompagnement doit aussi orienter les candidats vers les compétences requises dans les métiers transformés par les outils numériques.
Le compte personnel de formation, ou CPF, doit intégrer l’intelligence artificielle parmi ses priorités nationales. Le ministère prévoit de multiplier les cofinancements afin de réduire le reste à charge des personnes suivant une formation dans ce domaine. Les cursus éligibles, les conditions d’accès et la répartition des financements restent à préciser.
Des « task forces entreprises » seront chargées de sensibiliser les PME aux usages professionnels de l’IA, notamment dans le recrutement. Leur intervention portera sur le choix des outils, les compétences nécessaires à leur utilisation et les modalités de déploiement. Ce dispositif doit rapprocher l’accompagnement technique des besoins opérationnels des entreprises.
Les branches professionnelles bénéficieront également d’un appui pour organiser le dialogue social. Les discussions doivent couvrir l’évolution des métiers, la formation, les changements dans l’organisation du travail et les conditions d’utilisation des outils par les salariés. Les représentants des employeurs et des salariés seront ainsi associés aux transformations liées à l’IA.
Le plan est annoncé alors que le ministère du Travail doit réaliser 2,5 milliards d’euros d’économies dans le cadre du budget 2027. Son déploiement reposera sur Pix, France Travail, les CFA et les branches professionnelles. Les différents dispositifs seront engagés selon leur calendrier réglementaire, budgétaire et opérationnel.




