La mobilisation réunit l’Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique, le Syndicat des psychiatres d’exercice public, le Syndicat des psychiatres des hôpitaux et l’Union syndicale de la psychiatrie. Ces organisations estiment que la situation se dégrade malgré la désignation de la santé mentale comme grande cause nationale et les besoins de prise en charge.
La pénurie de personnel constitue le premier motif du mouvement. Près d’un poste de psychiatre hospitalier sur trois reste vacant, tandis que 15 % des postes d’internes en psychiatrie restent vacants. Ces vacances réduisent les capacités des équipes, alourdissent la charge de travail et alimentent les revendications relatives à l’attractivité des carrières publiques.
Le manque de professionnels se conjugue à un déficit de 10 000 lits d’hospitalisation. Des centaines de patients orientés vers la psychiatrie restent plusieurs jours dans les services d’urgence dans l’attente d’une place. Cette saturation reporte la pression sur les équipes hospitalières, limite les possibilités d’admission et complique la continuité des parcours de soins entre urgence, hospitalisation et suivi.
Les structures doivent prendre en charge 480 000 patients à l’hôpital et 2 millions de personnes en ambulatoire dans les centres médico-psychologiques. Les syndicats alertent sur l’allongement des listes d’attente dans ces centres, alors que les locaux et les équipements présentent, selon eux, une « vétusté criante ». Cette situation affecte les professionnels, les patients et les capacités d’accueil.
À ces difficultés s’ajoute une progression budgétaire jugée plus faible que dans toutes les autres disciplines médicales. Les organisations syndicales relient cette évolution au manque de moyens, de ressources et à des rémunérations considérées comme insuffisantes. Elles demandent une revalorisation des revenus ainsi qu’une reconnaissance de la pénibilité propre à l’exercice de la psychiatrie dans les structures publiques.
Les équipes doivent assumer de nouvelles missions. Les pouvoirs publics fixent l’objectif de mettre fin aux contentions d’ici 2030 et déploient un dispositif prioritaire pour les jeunes en souffrance psychique signalés par l’Éducation nationale. Les syndicats contestent l’ajout de ces responsabilités sans moyens supplémentaires correspondant aux besoins en effectifs, en locaux et en capacités de prise en charge.
Après une réunion interministérielle en juin, les syndicats s’étaient déclarés « consternés » par les réponses apportées. Ils avaient dénoncé « de la communication, des promesses vagues, des mesures cosmétiques ou irréalisables, sans moyens supplémentaires ». La grève prévue ce 17 septembre traduit la persistance de ce désaccord sur les réponses politiques, les financements et les ressources humaines nécessaires au fonctionnement du secteur.
Parmi leurs revendications figure la coconstruction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique. Les organisations demandent que ce programme traite simultanément les recrutements, la fidélisation des praticiens, les rémunérations, la pénibilité, l’état des infrastructures et la capacité d’accueil. Elles réclament également une augmentation significative du nombre de lits hospitaliers et de places dans les structures extrahospitalières.
Le rassemblement prévu à 11 heures devant le ministère de la Santé portera ces demandes au gouvernement. Pour les syndicats, la réponse à la crise passe par des décisions budgétaires et des mesures d’emploi compatibles avec le volume de patients accueillis. La mobilisation place les vacances de postes, les conditions de travail et la capacité des services au centre des discussions.




