Créée en 1949, l’Afpa accueille et forme des salariés, des demandeurs d’emploi et des personnes en reconversion. Elle se présente aujourd’hui comme le premier organisme français de formation professionnelle qualifiante. Avec 142 centres répartis sur l’ensemble du territoire français, son activité associe apprentissage d’un métier, développement des compétences et accompagnement vers l’emploi.
Le projet présenté au conseil d’administration comprend jusqu’à 867 suppressions de postes, parallèlement à la création de 400 nouvelles fonctions. Il suppose une recomposition des métiers et des équipes. La direction n’a toutefois pas encore détaillé les catégories professionnelles, les régions ou les établissements concernés. Elle n’a pas communiqué la nature des emplois créés, leur localisation ni les possibilités de reclassement.
Le passage à la nouvelle organisation pose cependant la question du devenir des salariés concernés. Aucune information n’a été communiquée sur les dispositifs de mobilité interne, de formation ou d’accompagnement des départs. Les éléments disponibles ne permettent pas non plus de savoir dans quelle mesure les 400 créations annoncées pourront bénéficier aux salariés dont les fonctions disparaîtraient.
Le volet social se double d’une refonte du réseau. Trente centres sur 142 pourraient fermer et 68 sites seraient cédés totalement ou partiellement. L’Afpa compte en parallèle ouvrir 13 nouvelles implantations dans des locaux loués et réaliser quatre regroupements à Rennes, Bordeaux, Toulouse et Marseille. La liste des établissements concernés par les fermetures et les cessions n’a pas été rendue publique.
Ce redimensionnement répond d’abord au poids de l’immobilier dans les comptes de l’agence. Les bâtiments absorbent 26 % du chiffre d’affaires, notamment en raison du mauvais état d’une partie des centres. En outre, 72 établissements sur 142 rencontrent des difficultés financières. Dans son diagnostic, la direction qualifie son « outil de production » de « surdimensionné ».
La contraction de l’activité renforce cette pression. Entre 2021 et 2025, le chiffre d’affaires a reculé de 25 % et le nombre de stagiaires de 39 %. Le document présenté aux administrateurs relève également une forte dépendance à la commande publique, considérée comme décalée par rapport à la réalité du marché. La direction entend donc réduire les coûts fixes et adapter les capacités de formation au volume de stagiaires accueillis.
L’État pourrait mobiliser 180 millions d’euros pour accompagner la transformation. Cette contribution serait remboursée grâce aux recettes tirées des cessions immobilières. Le financement public serait adossé à la vente d’une partie du patrimoine de l’agence.
La CGT, FO et Sud rejettent le plan. Dans une déclaration commune, les trois syndicats affirment que la réponse aux difficultés de l’établissement « ne peut pas être de considérer l’Afpa comme un coût à réduire ». Ils estiment que la baisse des effectifs affaiblirait ses missions d’accueil, d’accompagnement et de formation, et rappellent que « la formation est un investissement sur l’avenir, pour les personnes et pour le pays ».
Après une première réduction de ses activités en 2018, l’Afpa se prépare ainsi à une nouvelle transformation de ses effectifs et de son maillage territorial. La direction doit désormais préciser le calendrier, les sites concernés et les mesures sociales associées.




