Entreprise publique chargée du service postal en Espagne, Correos emploie aujourd’hui environ 44 000 salariés, contre 66 000 dix ans auparavant. Le CSIF attribue cette baisse d’un tiers des effectifs à l’insuffisance des recrutements de renfort, au non-remplacement des départs à la retraite et à la couverture incomplète des absences pour maladie. Cette contraction alimente un conflit portant à la fois sur la charge de travail, les contrats et la gestion des âges.
La journée du 17 septembre prolonge un cycle de protestation ouvert le 3 septembre. Des rassemblements sont annoncés devant les principaux bureaux de chaque province, avant une concentration nationale prévue le 30 septembre à Madrid. Le CSIF réclame un changement immédiat dans la gestion de l’entreprise et menace de durcir ses actions en l’absence de réponse.
Le temps partiel concentre désormais une part importante des revendications syndicales. Plus de 4 000 collaborateurs travaillent sous ce régime, avec des rémunérations comprises entre 800 et 900 euros. Les bureaux concentrent 70 % de ces contrats. Le syndicat souligne qu’« on demande de réaliser des heures complémentaires » aux salariés concernés, preuve, selon lui, d’un besoin durable de travail à temps complet.
Les recrutements réalisés en 2023 n’ont pas réglé la situation. Sur les 7 757 postes proposés lors de la dernière campagne, plus de 2 000 correspondaient à des contrats à temps partiel. Presque trois ans après, la majorité des salariés recrutés conserve la même durée de travail. Le CSIF relie cette immobilité au retard pris par les concours de mutations, dont l’avancement conditionne les changements de poste et l’accès à un temps complet.
Le désaccord porte également sur l’organisation du temps de travail. Le syndicat reproche à Correos de ne pas avoir appliqué les engagements relatifs à la semaine de 35 heures et à la conversion des journées partielles. Ces demandes s’ajoutent au renforcement des équipes, présenté comme nécessaire afin de remplacer les départs et de couvrir les absences sans reporter la charge sur les effectifs présents.
La gestion des fins de carrière constitue l’autre point sensible. Plus de 9 500 salariés attendent depuis plus de deux ans le démarrage des départs volontaires annoncés par l’entreprise. Le dispositif accorde une possibilité de départ aux salariés atteignant 61 ans avant le 31 décembre 2028. Aucun départ n’a cependant été concrétisé, selon le CSIF, alors que l’âge moyen du personnel dépasse désormais 52 ans.
La centrale demande aussi la reconnaissance formelle de la retraite partielle anticipée. Elle associe cette mesure au renouvellement des générations et au rajeunissement des équipes, sans dissocier les départs des recrutements nécessaires au maintien des activités. Le blocage retarde simultanément les sorties volontaires attendues et les perspectives de renouvellement des effectifs.
Le calendrier de mobilisation doit s’achever le 30 septembre à Madrid. Le CSIF n’exclut toutefois pas de prolonger le mouvement ni de recourir à des actions plus fermes si Correos ne répond pas aux demandes portant sur les emplois, le temps de travail, les carrières et les départs volontaires.




