Le plan intervient dans un contexte de tensions internationales et d’augmentation des besoins de production militaire. La Base industrielle et technologique de défense (BITD) rassemble plus de 4 000 entreprises et représente plus de 210 000 emplois.
Le chiffre de 100 000 correspond à des recrutements attendus sur la période, et non à un objectif annoncé de créations nettes d’emplois. Le plan ne précise pas encore la part liée à l’augmentation des capacités industrielles ni celle correspondant au remplacement des départs. Cette répartition doit être affinée par métier et par territoire.
« Nous allons accompagner 100 000 recrutements d’ici 2030 et anticiper les besoins des entreprises dans chacun de nos territoires », a déclaré Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités. Le dispositif associe les services de l’État, le ministère des Armées, France Travail, les organismes de formation, les collectivités et les industriels.
La première étape consiste à déterminer les compétences recherchées. Les travaux menés par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), le ministère des Armées et France Travail ont permis de répertorier 411 métiers de l’industrie de défense. Cette cartographie sera déclinée localement pour mesurer les besoins dans chaque bassin d’emploi.
Les recrutements concernent notamment la production, l’usinage, le soudage, la maintenance, l’électronique, la cybersécurité, l’ingénierie et la conduite de projets industriels. À partir de ce recensement, les formations doivent être adaptées aux métiers et aux postes que les entreprises peinent à pourvoir.
En 2027, France Travail prévoit 25 000 préparations opérationnelles à l’emploi individuelles (POEI) dans l’industrie, dont 15 000 orientées vers des métiers répondant aux besoins de la défense. Ce dispositif finance une formation préalable lorsqu’une personne retenue pour un emploi ne maîtrise pas encore toutes les compétences nécessaires à son recrutement.
La mise en œuvre se concentrera dans neuf régions regroupant l’essentiel de l’industrie française de défense. Vingt-sept bassins d’emploi identifiés comme prioritaires feront l’objet d’un suivi renforcé. Sous l’autorité des préfets, des feuilles de route locales devront être établies d’ici fin janvier 2027.
Ces documents rapprocheront les besoins des entreprises, les formations disponibles et les demandeurs d’emploi. Ils pourront également intégrer les obstacles périphériques au recrutement et à la fidélisation : logement, transports, mobilité des conjoints et besoins des familles. Le plan traite ainsi l’accès aux postes au-delà de la seule acquisition des compétences techniques.
Dans les neuf régions prioritaires, France Travail mobilisera 595 agences, 15 200 conseillers à l’emploi et 4 300 conseillers chargés des relations avec les entreprises. Une équipe nationale de 30 spécialistes sera mise à la disposition des entreprises par un numéro dédié et une plateforme virtuelle dès le 1er décembre 2026.
Le dispositif prévoit enfin des actions d’attractivité avec les industriels et l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). La Halle de l’emploi Industrie 360 de Provence-Alpes-Côte d’Azur intégrera un volet consacré à la défense en 2027. Dix autres espaces doivent ensuite être déployés sur le territoire. Les cartographies régionales et les feuilles de route préciseront les volumes recherchés par métier, les formations à engager et le calendrier local des recrutements.




