Organisée de décembre 2025 à l’été 2026 à l’initiative du Premier ministre, la Conférence a réuni les représentants des salariés et des employeurs des secteurs privé et public. Ses travaux ont été coordonnés par Jean-Denis Combrexelle, avec Anne-Marie Couderc et Pierre Ferracci. Ils recensent les convergences entre les participants, mais aussi les sujets sur lesquels leurs positions restent opposées.
L’intelligence artificielle figure parmi les principaux chantiers identifiés. La négociation d’un accord national interprofessionnel est présentée comme une piste concrète, sur le modèle de l’accord conclu en 2020 sur le télétravail. Le texte pourrait encadrer l’anticipation des effets de l’IA, ses usages, l’évolution des métiers, la formation des salariés et l’accompagnement des transitions professionnelles.
Les branches professionnelles seraient invitées à cartographier les usages et à renforcer la place de l’IA dans les formations proposées par les opérateurs de compétences. Les formations financées par le compte personnel de formation pourraient également accorder une priorité à ces outils. Les participants demandent parallèlement de former les représentants du personnel afin d’intégrer les transformations technologiques au dialogue social.
La Conférence retient aussi le développement du « dialogue professionnel », défini comme un échange direct entre les salariés et leur encadrement sur l’organisation, les conditions de réalisation et la qualité du travail. Ce dispositif compléterait le dialogue social existant. Sa mise en œuvre passerait par des espaces réguliers de discussion, des règles précises et une formation adaptée des managers.
L’évaluation des encadrants pourrait ainsi intégrer des indicateurs liés aux conditions de travail, à l’inclusion et au temps consacré au management. Ces critères extra-financiers pourraient intervenir dans la rémunération variable ou l’accès à des fonctions supérieures. Les participants préconisent également de renforcer la formation initiale et continue des dirigeants et des managers de proximité.
En matière de santé au travail, le document unique d’évaluation des risques professionnels reste l’outil central. Les propositions portent sur une meilleure prise en compte de la chaleur intense, des risques psychosociaux et de la santé mentale. L’objectif est surtout d’améliorer son utilisation effective dans les TPE et PME, où il demeure souvent perçu comme une formalité administrative.
La progression des arrêts maladie renforce cet enjeu. En 2025, les indemnités journalières ont atteint 17,9 milliards d’euros, après une hausse annuelle moyenne de 6,8 % depuis 2016. Les pistes avancées privilégient le repérage précoce, les visites de pré-reprise, le temps partiel thérapeutique et l’aménagement des postes pour faciliter un retour durable à l’emploi.
La retraite progressive connaît parallèlement une forte hausse. Dans le secteur privé, ses bénéficiaires sont passés de 34 000 en juin 2025 à près de 66 800 en juin 2026, soit une progression de 98 %. Les entreprises sont invitées à utiliser davantage ce dispositif pour organiser les fins de carrière et maintenir les salariés expérimentés en activité.
Concernant la pénibilité, une solution associerait une cartographie des métiers exposés et une évaluation médicale individuelle. Une incapacité permanente d’au moins 10 % pourrait ouvrir, sous conditions, un départ anticipé de deux ans. Sur les rémunérations, les participants recommandent d’actualiser les classifications professionnelles. À temps de travail identique, le salaire moyen des femmes reste inférieur de 14,2 % à celui des hommes. La transposition européenne reste toutefois encore discutée.




