Lancé trois semaines avant la date retenue, l’appel couvre toutes les implantations françaises de TotalEnergies. Les modalités seront arrêtées localement selon la participation des salariés, précise Eric Sellini, coordinateur de la CGT au sein du groupe. Dans les raffineries, la mobilisation pourrait suspendre certaines expéditions de carburants, tandis que des stations-service pourraient fermer temporairement.
La question des effectifs occupe une place centrale dans les revendications. La CGT décrit des équipes « sous tension », particulièrement dans les raffineries, et dénonce un recours croissant aux contrats à durée déterminée et à l’intérim. Eric Sellini établit un lien entre cette organisation du travail et les difficultés rencontrées dans les activités industrielles du groupe.
Le syndicat réclame un renforcement des effectifs permanents et alerte sur les conséquences possibles de la situation actuelle sur la sécurité. Selon la CGT, la tension sur les équipes et le recours accru aux contrats temporaires fragilisent les conditions d’exploitation. Cette alerte concerne principalement les raffineries, où la continuité des opérations repose sur des métiers techniques et industriels.
« Les salariés subissent une dégradation continue de leurs conditions de travail », affirme la CGT dans son appel. Le syndicat ajoute que les périodes de canicule ont accentué les difficultés rencontrées sur les sites. Les revendications portent ainsi sur les niveaux d’effectifs, mais également sur l’organisation quotidienne du travail et les conditions d’exercice des différents métiers.
Hutchinson, filiale de TotalEnergies spécialisée dans le caoutchouc et les joints destinés à l’industrie, est également concernée par l’appel. La mobilisation dépasse donc les seules activités pétrolières et les raffineries. La CGT indique que les difficultés relatives aux effectifs et aux conditions de travail touchent aussi cette filiale industrielle, présente sur plusieurs métiers du groupe.
Les salaires constituent l’autre axe central de la mobilisation. Le syndicat affirme que des milliers de salariés des filiales perçoivent la prime d’activité versée par la Caisse d’allocations familiales afin de compléter des rémunérations devenues insuffisantes face au coût de la vie. « Le carburant atteint des prix records et les salaires, eux, restent bloqués », résume la CGT.
Argedis, filiale gérant environ 180 stations-service TotalEnergies, principalement sur autoroute, figure parmi les entités appelées à cesser le travail. Certaines stations avaient déjà connu des grèves au printemps. Les salariés demandaient alors une aide au paiement du carburant, dont la hausse pesait directement sur leurs déplacements et leur pouvoir d’achat. Cette revendication demeure au centre de la mobilisation.
Le syndicat rapproche ses revendications salariales de la rémunération des actionnaires. « La référence maintenant, ce sont les augmentations qui sont accordées aux actionnaires », déclare Eric Sellini. Lors de la publication de ses résultats 2025, TotalEnergies a annoncé une progression de 5,6 % du dividende versé. La CGT oppose cette hausse aux rémunérations qu’elle juge insuffisantes dans plusieurs filiales.
Le mouvement est préparé dans un contexte logistique tendu. La guerre au Moyen-Orient alimente les tensions sur les marchés pétroliers, tandis que le plafonnement du prix des carburants dans les stations du groupe a accru leur fréquentation. La participation du 8 octobre déterminera l’ampleur des perturbations potentielles et leurs effets sur les expéditions, les raffineries et le fonctionnement des stations-service.




