Les suppressions annoncées par Bosch s’ajoutent à une vague de réductions d’effectifs dans l’industrie automobile allemande. Le programme court jusqu’en 2030 et concerne le cœur des activités automobiles du groupe. Son ampleur conduit les représentants des salariés à porter le débat au niveau européen, au-delà des négociations menées au sein de l’entreprise. Cette réduction compte parmi les principaux plans annoncés chez un équipementier allemand.
« La transformation de notre industrie ne réussira que si nous maintenons la création de valeur et les emplois en Europe », déclare Frank Sell. Le comité d’entreprise ne conteste pas la nécessité de restaurer la compétitivité du secteur. Il refuse une adaptation reposant principalement sur la diminution des effectifs et demande des conditions industrielles favorables au maintien de la production pendant la transformation de la filière automobile européenne.
Frank Sell réclame « des règles claires concernant le label “Fabriqué dans l’UE” » et un calendrier donnant aux entreprises le temps de devenir plus compétitives. Le cadre demandé doit favoriser les véhicules et les composants produits sur le continent. La revendication associe ainsi l’accès au marché européen à la localisation des activités, des emplois industriels et des approvisionnements des grands constructeurs.
Cette demande concerne les chaînes de valeur automobiles dans leur ensemble. Les représentants du personnel veulent préserver les postes de production, mais aussi les compétences nécessaires au développement et à la fabrication des nouvelles technologies. Le label européen doit, selon eux, soutenir les sites et les savoir-faire directement liés aux investissements réalisés dans le secteur, notamment dans les métiers des composants automobiles.
La filière affronte des coûts de production élevés, des droits de douane et une concurrence chinoise accrue. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz conduisent également des restructurations. Dans le même temps, BYD et Chery renforcent leur présence en Europe afin de soutenir leur croissance, alors que leur marché intérieur ralentit. Leur positionnement tarifaire accroît la pression sur les volumes, les marges et l’emploi industriel des groupes européens.
La Commission européenne examine des mesures commerciales susceptibles de soutenir l’industrie locale face aux constructeurs chinois à bas coût. Les dirigeants de l’Union doivent aussi discuter le mois prochain du déficit commercial croissant avec la Chine. Le comité d’entreprise de Bosch demande que ces échanges intègrent les conséquences sur les emplois, les compétences et les capacités de production, au-delà des tarifs et des volumes importés.
Frank Sell porte cette revendication au nom d’environ 70 000 salariés allemands de Bosch Mobilité. Ce périmètre donne une portée sociale particulière à son intervention, alors que le groupe prépare 13 000 suppressions de postes avant 2030. Les décisions européennes attendues concernent donc directement la trajectoire de l’emploi dans l’activité automobile du groupe durant les prochaines années.
Le désaccord porte sur la répartition du coût de la transformation automobile. Bosch réduit ses effectifs afin de retrouver de la compétitivité, tandis que les représentants des salariés réclament une politique préservant d’activités en Europe. Les discussions entre l’Union européenne et la Chine montreront la place accordée à l’emploi industriel dans la réponse apportée à cette concurrence, sans accélérer les suppressions de postes sur le continent.




