Les quatre fédérations patronales présentent DIAM’s comme une réponse au décalage entre les besoins de recrutement des entreprises et le niveau du chômage dans la capitale belge. Leur proposition ne crée pas une nouvelle aide isolée. Elle consiste à réunir plusieurs mécanismes existants dans un parcours commun, destiné à rapprocher plus rapidement les candidats disponibles des postes proposés par les employeurs dans les secteurs concernés.
Le financement reposerait sur la réorganisation d’une enveloppe actuellement répartie entre différentes aides à l’emploi. Thierry Geerts, CEO de Beci, évalue son montant global entre 40 et 50 millions d’euros. « Il y a plein de petites aides, diverses et variées, qui méritent d’être reconsidérées », explique-t-il. Environ 30 millions seraient réaffectés à DIAM’s, sans budget public supplémentaire annoncé à ce stade.
La proposition assume également une réduction de la dépense totale. Beci se dit disposée à accepter une économie sur l’enveloppe actuelle, à condition de concentrer les moyens restants sur un système présenté comme plus lisible et prioritairement consacré aux chômeurs de longue durée. Les fédérations souhaitent ainsi remplacer la dispersion des soutiens par un financement organisé autour de l’accompagnement, de la formation et d’un retour rapide et durable à l’emploi.
Actiris, le service public bruxellois de l’emploi, occuperait une fonction centrale dans ce parcours. Les promoteurs de DIAM’s proposent que chaque chercheur d’emploi soit contacté durant la semaine suivant son inscription auprès de l’organisme. Un plan de carrière devrait ensuite être établi dans un délai d’un mois, afin d’identifier les compétences disponibles, les besoins de formation et les offres correspondant au profil du candidat.
« Il faut réviser toute la chaîne », affirme Thierry Geerts, qui considère les premiers mois de chômage comme déterminants. Le dispositif prévoit donc d’intervenir avant l’installation d’un éloignement durable du marché du travail. L’accompagnement annoncé associerait diagnostic professionnel individualisé, orientation vers les métiers en tension, formation accélérée et mise en relation rapide avec les entreprises ayant des postes à pourvoir.
Le volet destiné aux employeurs porte principalement sur la simplification administrative et financière. Les entreprises accéderaient à un cadre unifié, au lieu de devoir identifier plusieurs aides assorties de conditions distinctes. Beci, Horeca Brussels, Federgon et Comeos estiment que cette organisation réduirait les délais de recrutement et faciliterait l’embauche de candidats nécessitant une formation ou un accompagnement préalable.
Les 120 000 emplois vacants avancés par les fédérations couvrent Bruxelles et sa périphérie. Ce volume ne signifie pas que chaque poste pourrait être pourvu par les seuls demandeurs d’emploi bruxellois. Les écarts de compétences, de mobilité, d’expérience et de qualification restent au centre du problème. DIAM’s entend notamment agir sur ces obstacles par un suivi plus précoce et une orientation directement reliée aux besoins immédiats des entreprises.
La proposition doit encore être examinée par les autorités régionales compétentes. Le cabinet du ministre bruxellois de l’Emploi n’a pas communiqué de position à ce stade. Le budget, les critères d’éligibilité, la répartition précise des aides regroupées et les modalités d’intervention d’Actiris restent donc à arrêter. DIAM’s constitue, pour l’heure, une proposition patronale de réorganisation des moyens existants, et non un dispositif entré en application.




