La mobilisation réunira la CGT, FO, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP. L’intersyndicale appelle les agents des trois versants de la fonction publique à faire grève et à manifester. Son mot d’ordre porte sur les salaires, les conditions de travail, les effectifs et les budgets des administrations et des services publics.
L’annonce gouvernementale intervient dans la préparation du budget 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu prévoit de maintenir inchangée la valeur du point d’indice, base commune utilisée pour calculer le traitement des fonctionnaires. Le montant versé à chaque agent dépend également de son indice majoré, de son ancienneté, de son grade et des compléments de rémunération applicables à sa situation.
Une absence de revalorisation du point bloque toute hausse générale de la part indiciaire des traitements. Les progressions individuelles liées aux avancements, aux promotions ou aux changements de poste peuvent néanmoins continuer. Le gouvernement présente le gel comme un moyen de dégager 2 milliards d’euros dans un programme plus large de réduction des dépenses publiques.
Sophie Binet conteste cet arbitrage. « C’est un scandale, qui confirme la nécessité d’une journée noire le 29 septembre », a déclaré la dirigeante syndicale. Elle affirme que les fonctionnaires ont perdu plus de 16 % de pouvoir d’achat depuis 2017 en raison des gels. Elle anticipe une baisse supplémentaire de 3 % en 2027 sous l’effet de l’inflation.
Ces deux estimations relèvent de la CGT et portent sur l’évolution du pouvoir d’achat liée à la valeur du point d’indice. Elles ne décrivent pas la situation de chaque agent, laquelle varie selon la carrière, les primes, le temps de travail et les mesures catégorielles. Elles structurent l’argumentaire salarial porté par l’organisation avant la mobilisation.
Le gouvernement ouvre la voie à des discussions destinées à protéger les rémunérations les plus faibles. Sébastien Lecornu annonce une négociation avec les organisations syndicales afin d’éviter que les agents les moins rémunérés soient exposés à l’inflation. Les modalités, le calendrier et les catégories concernées restent à définir.
Cette question concerne notamment les agents dont le traitement indiciaire se rapproche du salaire minimum. Lorsque le Smic augmente sans relèvement équivalent du point d’indice, une indemnité différentielle peut être nécessaire pour respecter le minimum légal. Le tassement des premiers niveaux de rémunération réduit alors les écarts entre plusieurs échelons et alimente les revendications sur les grilles de carrière.
La CGT souhaite élargir le mouvement au-delà du secteur public. Sophie Binet appelle « tous les salariés du privé » à rejoindre les manifestations. L’intersyndicale avait annoncé la journée d’action au début du mois de septembre, avant la confirmation du gel. La décision budgétaire ajoute désormais la rémunération indiciaire au centre des revendications déjà formulées sur les moyens, les emplois et les conditions de travail.
Le 29 septembre constituera ainsi un premier test social après la présentation des orientations budgétaires. L’ampleur des arrêts de travail dépendra de la mobilisation dans les administrations de l’État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers. Les discussions promises sur les bas salaires devront, de leur côté, préciser si une mesure ciblée accompagne le gel général annoncé pour 2027.




