Prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la réforme s’appliquera aux premières pensions de base prenant effet à compter du 1er janvier 2027. Les retraités ayant liquidé leurs droits avant cette date conserveront les règles actuelles, y compris s’ils poursuivent ou reprennent une activité. Le durcissement ne concernera donc pas l’ensemble des salariés déjà en cumul emploi-retraite.
Avant l’âge légal de départ, chaque euro gagné en reprenant un travail sera déduit de la pension. Un retraité percevant 1 000 euros de revenus professionnels verra ainsi sa retraite diminuer du même montant. Si sa rémunération égale ou dépasse sa pension, celle-ci pourra être entièrement suspendue. Ce cas vise notamment les départs anticipés au titre d’une carrière longue.
Entre l’âge légal et 67 ans, les revenus d’activité pourront être cumulés avec la retraite jusqu’à un seuil annuel. Au-delà, la pension sera réduite de 50 % du dépassement. Le montant de 7 000 euros par an est envisagé, mais il n’est pas encore arrêté : un décret doit fixer le seuil applicable. Le revenu tiré d’une reprise d’emploi dépendra de ce paramètre.
L’âge légal de départ varie selon l’année de naissance. La limite applicable au cumul ne peut donc pas être présentée comme un passage uniforme à 64 ans. Lorsqu’un salarié envisage de travailler après avoir liquidé sa retraite, son année de naissance, son âge au début de la mission et la date d’effet de sa première pension détermineront le régime applicable.
À partir de 67 ans, pension et revenus professionnels pourront être cumulés intégralement, sans plafond. L’activité exercée après cet âge pourra également ouvrir droit à une seconde retraite. La même mission n’aura donc pas les mêmes effets financiers selon qu’elle commence avant ou après ce seuil, une différence à prendre en compte lors d’une proposition de retour dans l’entreprise.
La déclaration des revenus constitue un autre point d’attention. L’Assurance retraite peut ne pas connaître immédiatement la rémunération issue d’une reprise d’activité. Une pension versée sans réduction au départ pourra être recalculée par la suite, avec récupération des sommes perçues en trop. Le montant payé les premiers mois ne reflétera pas nécessairement le revenu définitif du retraité.
En 2023, 606 000 retraités âgés d’au moins 55 ans exerçaient une activité professionnelle en France. Plus de sept sur dix travaillaient à temps partiel. Le cumul permet ainsi à des salariés de poursuivre une activité à un rythme différent après leur départ, tandis que les entreprises peuvent continuer à mobiliser leur expérience sur des fonctions ou des missions ciblées.
Six DRH de grands groupes français ont dénoncé en juin une « erreur économique majeure », estimant que des règles moins favorables pourraient décourager le maintien en activité des seniors. L’ampleur de cet effet reste à mesurer. Pour les reprises d’emploi prévues en 2027, le décret fixant le seuil annuel précisera les conditions financières du cumul avant 67 ans.




