L’annonce ouvre le plan de redressement interne conduit par John Sams, nommé directeur général en juillet. La majorité des postes supprimés se situe dans les activités de conseil, où la demande s’est contractée, et dans certaines fonctions de soutien.
Le cabinet a réalisé 2,257 milliards de dollars australiens de chiffre d’affaires durant l’exercice clos en juin 2026, en baisse de 1 %. Les revenus du conseil ont reculé de 16,9 %, pénalisés par la diminution des commandes publiques, la prudence des clients et l’allongement des décisions d’investissement.
Les autres métiers ont mieux résisté. L’audit et la certification ont progressé de 11 %, tout comme les activités fiscales et juridiques. Le conseil en transactions et infrastructures a gagné 3 %, tandis que les services destinés aux entreprises privées et au marché intermédiaire ont augmenté de 6,4 %.
Les suppressions annoncées ne résultent donc pas d’une contraction uniforme. Elles traduisent un déplacement de la demande entre les différentes expertises du cabinet. La firme prévoit de rapprocher ses équipes de conseil, de transactions et d’accompagnement des entreprises privées afin de simplifier son organisation et de mieux l’aligner sur son réseau mondial.
La restructuration reste indissociable de la crise de confiance ouverte en mars. Des lanceurs d’alerte ont accusé des collaborateurs d’avoir utilisé des informations confidentielles obtenues auprès de clients pour remporter d’autres contrats. Ces révélations ont entraîné le départ de l’ancien directeur général, du président, du responsable de l’audit et de plusieurs associés expérimentés.
John Sams reconnaît les difficultés provoquées par les défaillances internes du cabinet. La priorité affichée consiste à rétablir la confiance, alors que des examens portant sur la gouvernance, la culture, l’éthique et l’intégrité restent en cours. Leurs conclusions pourraient conduire à de nouvelles mesures organisationnelles.
Le cabinet a accepté de ne pas candidater à de nouveaux contrats du gouvernement fédéral jusqu’au 30 septembre. Cette restriction affecte directement une activité de conseil déjà fragilisée par la réduction des dépenses publiques consacrées aux consultants.
La crise touche aussi la rémunération des dirigeants. La rémunération moyenne des associés a diminué de 13 % sur l’exercice, répercutant la baisse des résultats sur les membres du partenariat. Cette évolution ne protège toutefois pas les salariés, puisque près de 360 postes restent concernés par le plan.
Le traitement social de la restructuration pèsera sur la capacité du cabinet à conserver ses compétences critiques. Les spécialistes de l’audit, de la conformité, de la gestion des risques et de l’éthique deviennent particulièrement stratégiques au moment où l’entreprise doit renforcer ses contrôles. Des départs mal ciblés pourraient affaiblir les fonctions nécessaires à la reconstruction de sa crédibilité.
Le gouvernement australien examine parallèlement plusieurs réformes applicables aux grands cabinets d’audit. Les options envisagées comprennent une séparation plus stricte entre audit et conseil, un renforcement des sanctions et une surveillance accrue des structures organisées en partenariats. KPMG, Deloitte, EY et PwC pourraient ainsi être soumis à un cadre de responsabilité plus contraignant.
La suppression de près de 400 postes apporte une réponse immédiate à la baisse des revenus, mais elle ne règle pas la cause première de la crise. La trajectoire de l’entité australienne dépendra de la qualité de ses contrôles internes, de la protection effective des lanceurs d’alerte et de sa capacité à restaurer la confiance sans perdre les professionnels chargés de garantir son intégrité.




