Oliver Blume a qualifié la situation de Volkswagen de « plus que critique » avant neuf assemblées extraordinaires organisées du 25 au 31 août sur les principaux sites allemands. Le président du directoire doit rencontrer les salariés à Wolfsburg, Emden et Zwickau pour présenter le plan de transformation et répondre aux inquiétudes concernant l’emploi.
Depuis fin 2024, Volkswagen, Audi, Porsche et Cariad ont convenu de supprimer environ 50 000 postes en Allemagne d’ici 2030. Le programme repose sur des départs volontaires et des dispositifs de retraite anticipée à temps partiel. Quelque 37 000 contrats ont déjà été signés avec les salariés concernés.
Ces suppressions correspondent au plan négocié dans les quatre entités allemandes. Des réductions supplémentaires restent à l’étude pour rapprocher les coûts de Volkswagen de ceux de ses concurrents. Les dépenses liées aux fonctions administratives, aux infrastructures et aux activités de soutien seraient supérieures d’environ 30 % à celles d’entreprises comparables.
Le constructeur doit également résorber une capacité excédentaire estimée à 500 000 véhicules par an en Europe. Cette surproduction s’ajoute au recul de ses résultats en Chine, à la progression des marques chinoises en Europe, aux droits de douane américains et aux investissements requis dans les véhicules électriques et les logiciels.
Quatre implantations concentrent les inquiétudes. Volkswagen ne dispose actuellement d’aucune affectation industrielle jugée suffisamment compétitive pour assurer l’activité d’Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm durant les années 2030. L’absence de nouveaux modèles ne conduit pas automatiquement à une fermeture, mais elle fragilise les salariés et les bassins d’emploi concernés.
Oliver Blume présente la fermeture comme la solution la plus coûteuse et le dernier recours. Volkswagen recherche des partenaires, des investisseurs et de nouvelles activités capables d’utiliser les capacités disponibles. À Osnabrück, des discussions avancées sont menées avec des entreprises de l’industrie de la défense afin de trouver une nouvelle vocation au site.
Une reconversion vers la défense pourrait préserver une partie de l’activité, mais nécessiterait une adaptation des compétences et des procédés. Les techniciens de maintenance, spécialistes de l’usinage, automaticiens, logisticiens et responsables qualité disposent de savoir-faire transférables. Leur mobilité dépendrait de formations aux normes de sécurité, aux certifications et aux exigences documentaires du secteur.
La transformation devra aussi s’appuyer sur une cartographie précise des emplois. Le groupe devra identifier les métiers encore nécessaires dans l’automobile, ceux pouvant être transférés vers d’autres activités et les compétences appelées à disparaître. Cette démarche conditionnera les reclassements et la conservation des profils techniques critiques.
Le dialogue social reste tendu. IG Metall refuse toute fermeture et considère que les salariés ont déjà accepté d’importantes concessions. La Basse-Saxe, qui détient 20 % des droits de vote, intervient également dans la gouvernance. La restructuration devra concilier réduction des coûts, protection de l’emploi et intérêts économiques des territoires.
Une consultation interne a fait ressortir des inquiétudes sur la sécurité de l’emploi, les dispositifs de départ et l’avenir des sites. Les participants ont aussi critiqué la communication de la direction, jugée insuffisamment claire face aux conséquences humaines du plan.
Les assemblées prévues jusqu’au 31 août devront préciser les options industrielles et le calendrier des décisions. La crédibilité de la restructuration dépendra des perspectives proposées aux salariés restant dans le groupe, de la qualité des reconversions et de la capacité de Volkswagen à préserver les compétences nécessaires à ses activités après 2030.




