L’industrie automobile marocaine enregistre une nouvelle implantation chinoise. Le Bulletin officiel du 7 octobre 2026 fait état de la constitution de Radical Bearing Morocco, filiale du groupe Hangzhou Radical Energy-Saving Technology, spécialisé dans la fabrication de roulements et de composants destinés à l’industrie automobile.
Cette nouvelle société par actions simplifiée à associé unique dispose d’un capital social d’un million de dollars, équivalant à environ 9,25 millions de dirhams. Son siège est établi dans la zone franche de Tanger Tech, sur la parcelle numéro 52, au sein de la Cité Mohammed VI Tanger Tech.
L’acte constitutif a été établi le 20 juillet 2026 à Tanger, avant son dépôt au tribunal de commerce le 12 août. La société est immatriculée sous le numéro 179161 au registre du commerce. Sa durée statutaire est fixée à 99 ans et sa présidence est assurée par Shen Wenchao.
L’objet social couvre notamment la fabrication d’équipements automobiles. Les documents financiers du groupe chinois précisent également que la filiale pourra exercer des activités de recherche, de production, de commercialisation et de distribution de roulements automobiles, ainsi que des opérations d’importation et d’exportation de pièces détachées.
La constitution de cette structure concrétise une décision d’investissement prise plusieurs mois auparavant. En février 2025, le conseil d’administration de Hangzhou Radical Energy-Saving Technology avait autorisé un programme industriel au Maroc pour un montant maximal de 30 millions de dollars, soit environ 278 millions de dirhams.
Le projet prévoit la construction d’une usine spécialisée dans la fabrication de roulements automobiles sur un terrain d’environ 20 000 m², situé dans la Cité Mohammed VI Tanger Tech, à une trentaine de kilomètres du complexe portuaire Tanger Med.
Cette implantation doit permettre au fabricant chinois de disposer d’une première base industrielle en dehors de son marché national. L’entreprise entend principalement approvisionner les marchés européen, africain et moyen-oriental, tout en raccourcissant les délais de livraison de ses produits.
La proximité du port Tanger Med constitue un avantage logistique pour l’exportation des composants automobiles et l’approvisionnement des réseaux de distribution, particulièrement dans le segment des pièces de rechange.
Le montage de l’investissement repose sur une participation indirecte intégrale du groupe chinois. Radical Bearing Morocco est détenue à travers LDK Technology Pte. Ltd., société établie à Singapour en mars 2025 et constituée pour accompagner le déploiement international de l’équipementier.
Dans son rapport semestriel publié en août 2026, Hangzhou Radical indiquait avoir achevé plusieurs démarches préparatoires, notamment les études préliminaires, les opérations de planification foncière et la conclusion des accords nécessaires à l’établissement de sa filiale marocaine.
Ces avancées ne signifient cependant pas que la construction de l’usine a commencé. Aucun démarrage officiel des travaux n’a encore été annoncé. Le groupe n’a pas davantage communiqué de calendrier définitif de mise en service, de capacité annuelle de production ou de nombre prévisionnel d’emplois.
L’entreprise précise que le rythme de réalisation de son investissement sera ajusté en fonction de l’évolution des commandes et des besoins de ses clients.
Fondée en 2002, Hangzhou Radical Energy-Saving Technology est spécialisée dans la conception et la fabrication de roulements automobiles. Cotée sur le marché ChiNext de la Bourse de Shenzhen, elle cherche à renforcer son implantation internationale et à se rapprocher des chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile.
La future unité de Tanger pourrait générer des besoins en compétences industrielles dans l’usinage de précision, la mécanique, le contrôle qualité, la maintenance et la gestion de production. L’ampleur de ces recrutements dépendra toutefois des capacités industrielles finalement retenues.
L’immatriculation de Radical Bearing Morocco confirme ainsi l’engagement juridique du groupe chinois au Maroc. Le passage à la phase industrielle dépend désormais du lancement effectif des travaux, de la mobilisation des investissements et de la confirmation des perspectives commerciales du fabricant.




