Safran renforce une nouvelle fois son ancrage industriel au Maroc. Mercredi 24 juin 2026, le groupe a inauguré l’extension du site Safran Electronics & Defense Morocco à Nouaceur, au sein de la technopole située à proximité de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, de l’ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, ainsi que de responsables du groupe Safran.
Opérationnel depuis 2015, le site de Nouaceur est spécialisé dans la fabrication d’équipements électromécaniques destinés à l’aéronautique civile et aux applications de défense. L’extension vise à augmenter les capacités de production, moderniser les installations industrielles et renforcer les procédés de fabrication de haute précision, dans un contexte de forte demande mondiale pour les équipements embarqués.
Le site produit notamment des ensembles électromécaniques, des équipements avioniques et des composants optroniques intégrés dans les chaînes de valeur de grands donneurs d’ordre internationaux. Ces équipements entrent dans les programmes de constructeurs et industriels tels qu’Airbus, Boeing, Honeywell ou AgustaWestland. Leur fabrication exige des standards élevés en matière de précision, de traçabilité, de qualité industrielle et de conformité aux normes aéronautiques.
Cette extension s’inscrit dans la stratégie de développement annoncée par Safran au Maroc en octobre 2025. Le groupe avait alors présenté un programme industriel global comprenant le renforcement de trois sites existants, dont Safran Electronics & Defense Morocco à Nouaceur, ainsi que le développement de nouvelles capacités dans les moteurs d’avions et les trains d’atterrissage.
L’ensemble de ces investissements dépasse 350 millions d’euros. Les mises en service sont prévues entre 2026 et 2027, selon les projets. Le groupe n’a toutefois pas communiqué, lors de la cérémonie du 24 juin, le montant exact consacré spécifiquement à l’extension du site de Nouaceur, ni la superficie ajoutée ou la capacité de production supplémentaire.
Safran emploie déjà plus de 4 800 collaborateurs au Maroc, répartis sur une dizaine de sites industriels. Le programme de développement en cours prévoit plus de 2 000 recrutements sur cinq ans. Ces postes concernent principalement des métiers qualifiés : techniciens de production et d’assemblage, opérateurs spécialisés dans les procédés de précision, ingénieurs qualité, profils supply chain, spécialistes en optronique, avionique, maintenance et contrôle industriel.
L’enjeu dépasse l’augmentation des effectifs. Il porte aussi sur la montée en compétences de l’écosystème aéronautique marocain. Les activités développées par Safran au Maroc couvrent désormais des segments industriels plus complexes, liés aux systèmes embarqués, aux équipements électromécaniques, à l’électronique de défense et aux technologies de précision.
La région de Casablanca-Settat, avec la zone Midparc et l’environnement industriel de Nouaceur, constitue le principal pôle aéronautique du Royaume. Elle concentre des activités d’usinage de précision, d’assemblage, de contrôle, de certification et de formation. L’extension du site Safran Electronics & Defense Morocco vient renforcer cette spécialisation industrielle et l’intégration du Maroc dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour Safran, le Maroc présente plusieurs avantages : proximité géographique avec l’Europe, base industrielle structurée, compétences techniques disponibles et environnement orienté vers les métiers aéronautiques. Pour le Royaume, ces projets soutiennent la diversification industrielle, la création d’emplois qualifiés et le positionnement du pays sur des activités à forte valeur ajoutée.
Cette inauguration intervient dans un contexte de hausse des cadences de production dans l’aéronautique mondiale et de besoins croissants dans les technologies de défense. Elle confirme la place prise par le Maroc dans la stratégie industrielle de Safran, avec une trajectoire désormais construite autour d’investissements lourds, de recrutements qualifiés et d’un approfondissement des capacités technologiques locales.




