Près de quarante ans après sa création, HEM abandonne son positionnement exclusif d’école de management et d’ingénierie pour adopter celui d’université internationale. L’établissement ambitionne de développer ses activités académiques, scientifiques et internationales, tout en renforçant ses relations avec le monde économique.
L’Université Internationale HEM affirme vouloir former des profils capables d’accompagner les transformations économiques, technologiques et sociétales du Maroc. Cette orientation répond à une difficulté rencontrée dans plusieurs secteurs : les entreprises recherchent des diplômés qui maîtrisent une spécialité, comprennent les outils numériques et peuvent évoluer rapidement lorsque les métiers se transforment.
La nouvelle appellation ne permet toutefois pas encore de mesurer l’ampleur du projet. HEM n’a pas communiqué la liste des formations supplémentaires, les disciplines appelées à être développées, les moyens consacrés à la recherche ni les dates d’ouverture des futurs programmes. Ces informations doivent être présentées le 2 septembre lors d’un événement institutionnel organisé à Casablanca.
Le passage d’une école spécialisée à une université peut permettre de regrouper plusieurs champs de formation et de créer davantage de passerelles entre les disciplines. Pour les employeurs, l’intérêt réside notamment dans la formation de profils hybrides associant management, ingénierie, numérique, analyse de données, finance ou développement durable. Leur disponibilité devient décisive à mesure que les entreprises automatisent leurs processus et réorganisent leurs métiers.
HEM propose déjà des formations Bac+3 et Bac+5 ainsi que des programmes de formation continue destinés aux professionnels. L’établissement revendique plus de 6 000 diplômés et indique que plus de 83 % de ses lauréats trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme. Il mentionne également plus de 60 partenaires académiques internationaux et une cinquantaine d’entreprises partenaires.
Pour les DRH, la transformation sera utile si elle approfondit la participation des entreprises à la conception des cursus. Les conseils de perfectionnement, les chaires d’entreprise, l’alternance, les études de cas et les projets appliqués permettent d’actualiser les contenus en fonction des compétences réellement mobilisées dans les organisations.
Ces collaborations peuvent aussi répondre à des pénuries ciblées. Une entreprise qui anticipe un besoin en cybersécurité, en intelligence artificielle, en finance durable ou en supply chain peut contribuer à structurer un parcours, accueillir les étudiants en stage et préparer leur intégration. L’université devient alors un partenaire de planification des compétences et de recrutement à moyen terme.
L’appartenance de HEM à LCI Education apporte au projet un réseau composé de douze établissements implantés sur cinq continents, représentant plus de 20 000 étudiants. Cette présence peut faciliter les mobilités, les doubles diplômes et les projets internationaux. Elle peut également préparer les diplômés à travailler dans des équipes multiculturelles ou dans des entreprises marocaines déployées à l’étranger.
La gouvernance de l’Université Internationale HEM associe par ailleurs plusieurs partenaires institutionnels, dont CDG Invest. L’efficacité de cette organisation devra être appréciée à partir de critères observables : qualité et reconnaissance des diplômes, niveau d’insertion, production scientifique, qualifications des enseignants et adéquation des formations avec les besoins des employeurs.
La présentation du 2 septembre devra ainsi apporter les éléments aujourd’hui manquants. Les DRH attendront surtout de connaître les nouvelles filières, les modalités de coopération proposées aux entreprises et les compétences que l’université prévoit de former. Le changement d’appellation est acquis ; sa valeur pour le capital humain dépendra désormais du contenu des programmes et des résultats obtenus.




