Le Maroc renforce sa représentation dans le Classement de Shanghai. L’édition 2026 de l’Academic Ranking of World Universities (ARWU), publiée le 15 août par ShanghaiRanking Consultancy, recense deux établissements marocains dans le top 1 000 mondial, contre un seul l’année précédente.
L’Université Hassan II de Casablanca et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) sont toutes deux positionnées dans la tranche 901-1000. Si leur classement demeure modeste à l’échelle internationale, leur présence simultanée traduit une amélioration de la visibilité de la recherche universitaire marocaine.
L’Université Hassan II confirme ainsi son installation dans le palmarès mondial. Première université marocaine à intégrer le classement général en 2023, elle y apparaît pour la quatrième édition consécutive. En 2025, elle était l’unique représentante du Royaume dans le top 1 000, déjà située entre la 901e et la 1 000e place.
Cette stabilité constitue un résultat notable pour une université publique accueillant plus de 140 000 étudiants. L’établissement casablancais s’était également distingué dans les classements thématiques, notamment en sciences biologiques humaines, où il figurait dans la catégorie 301-400.
La principale nouveauté de l’édition 2026 vient toutefois de l’UM6P. Fondée en 2017, l’université de Benguerir entre pour la première fois dans le classement général de Shanghai. Elle avait auparavant obtenu plusieurs résultats dans les palmarès par disciplines, grâce à son positionnement dans les sciences appliquées, l’innovation industrielle et la recherche liée aux ressources naturelles.
L’UM6P se classe notamment dans la tranche 76-100 mondiale en ingénierie des mines et des métaux. Cette performance illustre les effets de ses investissements dans les infrastructures scientifiques, le recrutement de chercheurs et le développement de partenariats internationaux. Elle confirme également la capacité d’une institution récente et spécialisée à gagner rapidement en visibilité académique.
Le doublement de la présence marocaine doit néanmoins être replacé dans son contexte. Les deux établissements restent classés dans la dernière tranche du top 1 000 et aucune université marocaine n’apparaît encore parmi les 500 premières mondiales. Dans le monde arabe, plusieurs établissements saoudiens disposent d’une avance importante, à l’image de King Saud University, classée entre la 101e et la 150e place.
La représentation africaine demeure, elle aussi, limitée. Seules 16 universités du continent figurent dans le top 1 000 en 2026, avec une forte présence des établissements sud-africains et égyptiens. En plaçant deux institutions dans ce groupe restreint, le Maroc améliore son positionnement continental, sans encore rivaliser avec les principaux pôles universitaires africains.
Le classement reste dominé par les États-Unis. Harvard conserve la première place, devant Stanford et le Massachusetts Institute of Technology. Cambridge, Berkeley, Princeton, Oxford, Columbia, Chicago et Caltech complètent le top 10. La Chine poursuit parallèlement sa progression, avec 257 établissements classés, dont 18 parmi les 100 premiers.
L’ARWU repose sur six indicateurs quantitatifs : les prix Nobel et médailles Fields obtenus par les anciens étudiants et les chercheurs, le nombre de scientifiques hautement cités, les publications dans Nature et Science, les articles indexés dans les grandes bases scientifiques et la performance académique rapportée à la taille de l’établissement.
Ces critères favorisent les universités disposant d’une production scientifique abondante et d’une influence internationale durable. Pour progresser, les établissements marocains devront donc augmenter leurs publications dans les revues de référence, renforcer leur capacité à attirer des chercheurs reconnus et améliorer l’impact de leurs travaux.
L’édition 2026 apporte néanmoins un signal encourageant. La stabilité de l’Université Hassan II et l’entrée de l’UM6P montrent que deux modèles complémentaires — une grande université publique et un établissement spécialisé dans la recherche appliquée — peuvent contribuer à renforcer la présence académique du Maroc. Le prochain objectif sera désormais de consolider ces positions et de rapprocher progressivement une université marocaine du top 500 mondial.




