Le Maroc s’est distingué lors de la 38e Olympiade internationale d’informatique (IOI), organisée du 9 au 16 août 2026 à Tachkent, en Ouzbékistan. Face à 375 candidats officiellement classés issus de 92 délégations, l’équipe marocaine a remporté une médaille d’argent et une mention honorable, réalisant le meilleur bilan de son histoire dans cette compétition.
Zakaria Abisourour a signé la meilleure performance marocaine depuis la première participation du Royaume à l’IOI. Le jeune candidat originaire de Safi a terminé à la 63e place mondiale avec 332,42 points sur un maximum de 600. Ce résultat lui a permis de décrocher une médaille d’argent et de se classer premier parmi les participants arabes et africains.
La distinction obtenue à Tachkent est d’autant plus significative que le seuil d’attribution de la médaille d’argent avait été fixé à 303,28 points. Zakaria Abisourour l’a dépassé de plus de 29 points. Lors de cette édition, 31 médailles d’or, 62 médailles d’argent et 94 médailles de bronze ont été attribuées.
La performance marocaine ne se limite pas à cette première médaille d’argent. Mohammed Cherki, originaire de Rabat, a terminé 216e et obtenu une mention honorable. Yassir Salama, de Casablanca, et Mohamed Aada, de Laâyoune, ont également représenté le Royaume lors de la compétition.
La délégation était encadrée par le Dr Anas Abouelkalam et Mohamed Amine Metahid. Leur mission couvre la préparation scientifique des candidats, leur accompagnement pendant les épreuves et la représentation de l’équipe marocaine auprès des instances internationales de l’Olympiade.
L’IOI est considérée comme l’une des compétitions scientifiques les plus exigeantes destinées aux élèves du secondaire. Elle évalue la capacité des candidats à analyser des problèmes complexes, concevoir des algorithmes et produire des programmes informatiques capables de respecter des contraintes précises de temps et de mémoire.
Les participants affrontent deux journées d’épreuves. Chaque journée comprend trois problèmes à résoudre en cinq heures, soit six exercices pour un total maximal de 600 points. Les solutions sont évaluées automatiquement à travers plusieurs séries de tests, chaque programme devant fournir des résultats exacts tout en respectant les limites techniques imposées.
Les sujets mobilisent notamment l’algorithmique, les structures de données, la théorie des graphes, la programmation dynamique, la combinatoire et les techniques d’optimisation. Le classement dépend ainsi de la maîtrise technique des candidats, mais également de leur aptitude à identifier rapidement une méthode de résolution et à la traduire en code.
Le bilan de 2026 confirme la progression rapide de Zakaria Abisourour. En 2025, lors de l’édition organisée en Bolivie, il avait obtenu une mention honorable pour sa première participation. Il s’était alors classé 190e sur 330 candidats avec 228 points, positionnant le Maroc au troisième rang arabe et africain.
En une année, son score est passé de 228 à 332,42 points, soit une progression de plus de 104 points. Son classement s’est amélioré de 127 places, malgré l’augmentation du nombre de participants. Le passage d’une mention honorable à une médaille d’argent illustre l’effet d’une préparation continue et d’une expérience acquise au contact des meilleurs jeunes programmeurs internationaux.
IOI : comparaison des performances marocaines en 2025 et 2026
| Indicateur | Édition 2025 | Édition 2026 |
|---|---|---|
| Pays organisateur | Bolivie | Ouzbékistan |
| Nombre de candidats officiellement classés | 330 | 375 |
| Meilleur candidat marocain | Zakaria Abisourour | Zakaria Abisourour |
| Meilleur score marocain | 228 points | 332,42 points |
| Meilleur classement individuel | 190e | 63e |
| Médaille d’argent | 0 | 1 |
| Mention honorable | 1 | 1 |
| Position régionale du meilleur Marocain | 3e arabe et africain | 1er arabe et africain |
| Fait marquant | Première participation de Zakaria Abisourour | Première médaille d’argent marocaine |
Cette performance prolonge une progression engagée depuis plusieurs années. En 2020, Mohamed El Khatri avait remporté la première médaille de bronze du Maroc lors d’une édition organisée à distance. Deux ans plus tard, en Indonésie, Ayman Riad Solh avait obtenu une nouvelle médaille de bronze en se classant 110e sur 349 candidats et premier participant arabe et africain.
Ayman Riad Solh avait ensuite décroché une mention honorable en 2023, avant de remporter une deuxième médaille de bronze en 2024 en Égypte. Classé 101e sur 353 candidats, il avait une nouvelle fois terminé premier arabe et africain. Mahdi Benkhadra avait complété le bilan marocain avec une mention honorable.
Le Maroc compte désormais une médaille d’argent, trois médailles de bronze et plusieurs mentions honorables à l’IOI. Cette continuité traduit la structuration du dispositif développé par les Olympiades marocaines d’informatique. Plus d’un millier de jeunes participent chaque année aux premières étapes de sélection, organisées à travers des tests nationaux et plusieurs phases de qualification.
Les candidats retenus bénéficient ensuite de camps intensifs consacrés à l’algorithmique et à la programmation compétitive. Le dispositif associe détection précoce, formation scientifique, entraînement régulier et participation à des compétitions préparatoires. L’école 1337 et le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration ont notamment contribué à soutenir la préparation et le déplacement de la délégation.
Ces résultats mettent en évidence la capacité du Maroc à former des profils compétitifs au niveau mondial lorsque les jeunes talents bénéficient d’un accompagnement spécialisé et durable. Plusieurs anciens participants aux olympiades ont ensuite intégré des institutions reconnues, parmi lesquelles le Massachusetts Institute of Technology, l’École polytechnique et des classes préparatoires françaises.
La médaille d’argent de Zakaria Abisourour offre désormais une nouvelle référence aux jeunes Marocains attirés par les sciences informatiques. Elle montre que les résultats obtenus depuis 2020 s’inscrivent dans une progression durable. Le prochain défi consistera à élargir le nombre de candidats formés, à renforcer les passerelles avec les établissements scolaires et universitaires et à installer régulièrement le Maroc parmi les délégations les mieux classées à l’IOI.




