La clôture officielle de l’Année Internationale des Coopératives, organisée à Rabat par le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire et l’Office du Développement de la Coopération (ODCO), marque bien plus qu’un temps fort institutionnel. Placé sous le thème évocateur « Et maintenant, le tour est aux coopératives », l’événement consacre l’entrée du modèle coopératif marocain dans une nouvelle phase : celle de la responsabilité économique, de la performance durable et de la création d’emplois à grande échelle.
Présidée par Lahcen ES-SAADY, Secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, cette rencontre a rassemblé décideurs publics, acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), partenaires institutionnels et représentants de coopératives, autour d’un message clair : la reconnaissance est acquise, l’enjeu est désormais l’impact.
Le modèle coopératif, de levier social à acteur économique à part entière
Élevées par les Nations Unies au rang de levier stratégique pour un développement inclusif et durable, les coopératives ont bénéficié, tout au long de l’Année Internationale, d’une mobilisation soutenue à l’échelle mondiale. Au Maroc, cette dynamique s’est traduite par une montée en puissance progressive du secteur, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.
Dans son allocution, Lahcen ES-SAADY a souligné que cette année de mobilisation a permis de transformer une vision nationale en réalisations tangibles.
« Les coopératives ne sont plus seulement reconnues : elles sont désormais pleinement engagées dans la dynamique de développement du Royaume, en tant qu’acteurs économiques, sociaux et territoriaux à part entière », a-t-il affirmé, rappelant que les politiques publiques continueront de placer l’ESS au cœur des priorités nationales, dans une logique d’inclusion, d’innovation et de création de valeur partagée.
Pour les acteurs RH et les décideurs économiques, ce positionnement marque une évolution significative : les coopératives ne sont plus perçues uniquement comme des structures sociales, mais comme de véritables organisations productives, créatrices d’emplois et contributrices à la cohésion territoriale.
Digitalisation et structuration : l’ODCO accélère la professionnalisation du secteur
Moment clé de la journée, le lancement officiel de l’écosystème digital coopératif intégré, développé par l’ODCO, illustre cette volonté de changement d’échelle. Structuré autour de trois plateformes complémentaires, cet écosystème ambitionne d’accompagner les coopératives sur l’ensemble de leur cycle de développement : montée en compétences, structuration des projets et accès au marché.
Pour Aicha ERRIFAAI, Directrice générale de l’ODCO, il s’agit d’un tournant stratégique :
« Nous passons d’un accompagnement fragmenté à un parcours structuré et continu, offrant aux coopératives des outils concrets pour renforcer leurs compétences, concrétiser leurs projets et accéder durablement aux marchés, dans une logique de performance collective et d’impact mesurable ».
Cette approche fait écho aux enjeux contemporains de gestion des compétences, de gouvernance et de transformation digitale, chers aux DRH et aux responsables du développement territorial. Elle ouvre également la voie à une meilleure traçabilité des résultats, condition essentielle pour renforcer la crédibilité économique du secteur coopératif.
Partenariats, innovation et impact : une dynamique collective en construction
Les travaux ont été enrichis par deux panels complémentaires.
Le premier, consacré aux « Voix des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire », a mis en lumière les réalisations du Maroc en matière d’ESS, le rôle structurant des partenariats public-privé et l’impact croissant des politiques publiques sur l’emploi et l’inclusion économique.
Le second panel, donnant la parole aux coopératives elles-mêmes, a illustré concrètement les ambitions, les dynamiques d’innovation et les défis à relever. Les témoignages ont révélé un secteur en mutation, confronté à des enjeux de compétitivité, de structuration managériale et d’accès aux marchés, mais porté par une forte capacité d’adaptation et d’innovation sociale.
Un poids croissant dans l’emploi et l’inclusion économique
Les chiffres communiqués à fin 2025 confirment cette montée en puissance. Le Maroc compte aujourd’hui 65 315 coopératives, regroupant près de 789 000 membres, dont plus de 272 000 femmes et 18 000 jeunes. En une seule année, le secteur a généré 24 558 emplois, s’imposant comme un vecteur structurant de création d’emplois durables et d’inclusion économique.
Pour les professionnels des ressources humaines, ces données interpellent : elles positionnent le modèle coopératif comme un vivier d’emplois alternatifs, capable de répondre à la fois aux enjeux d’employabilité, de territorialisation de l’emploi et de participation des femmes et des jeunes à l’économie formelle.
Et maintenant ? L’enjeu de la performance durable
Au-delà de la clôture symbolique de l’Année Internationale des Coopératives, l’événement de Rabat acte un changement de paradigme. Les coopératives marocaines disposent désormais d’un cadre institutionnel renforcé, d’outils digitaux structurants et d’une reconnaissance politique claire. Le défi est désormais de transformer ces leviers en performance économique durable, en emplois qualifiés et en impact mesurable sur les territoires.
Le message est sans équivoque : après l’année de la reconnaissance, le temps est venu pour les coopératives d’assumer pleinement leur rôle dans la construction de l’économie sociale et solidaire de demain — une économie où inclusion, innovation et création de valeur ne s’opposent plus, mais se renforcent mutuellement.




