La dynamique industrielle marocaine repose de plus en plus sur des projets à forte intensité capitalistique capables de générer à la fois de la valeur économique et de l’emploi qualifié. L’inauguration, le 23 février 2026 à Berrechid, d’une nouvelle unité de production de FBR Câbles s’inscrit dans cette logique. Porté par un investissement de 200 millions de dirhams, ce projet industriel 100 % marocain marque une étape dans le développement d’une filière stratégique liée aux infrastructures numériques. Au-delà de la dimension technologique, l’enjeu réside dans sa capacité à créer des emplois, à structurer un écosystème local et à répondre aux besoins croissants en compétences techniques. La présence de Ryad MEZZOUR, ministre de l’Industrie et du Commerce, lors de l’inauguration, souligne l’importance accordée à ce type d’initiatives dans la politique industrielle du Royaume.
Avec 165 emplois directs annoncés, auxquels s’ajoutent plus de 500 emplois indirects générés via les fournisseurs et partenaires, le projet s’inscrit dans une dynamique de création de valeur territoriale. Il contribue à renforcer le tissu industriel de la région de Berrechid et à soutenir l’émergence de compétences dans des métiers techniques en tension.
Un investissement industriel structurant pour le territoire
L’investissement de 200 millions de dirhams mobilisé pour la réalisation de cette unité industrielle s’inscrit dans une logique de montée en gamme de l’appareil productif national. Implantée sur une superficie de 15 000 m², l’usine intègre des équipements de dernière génération permettant la fabrication de câbles à fibre optique et de câbles réseaux.
Ce type de projet dépasse la seule logique de production. Il agit comme un levier de structuration territoriale, en attirant des activités connexes et en renforçant l’attractivité des zones industrielles. Berrechid confirme ainsi son positionnement comme pôle industriel en développement, bénéficiant de sa proximité avec Casablanca et de ses infrastructures logistiques.
L’impact économique d’un investissement de cette nature se mesure également à travers son effet multiplicateur. Les activités de sous-traitance, la logistique, la maintenance et les services associés génèrent des opportunités pour les entreprises locales. Cette dynamique contribue à densifier le tissu économique et à créer des chaînes de valeur intégrées.
La montée en capacité industrielle constitue un autre élément structurant. La nouvelle unité permet de porter la production annuelle de câbles à fibre optique et réseaux à 70 000 kilomètres, soit un doublement des capacités existantes. Cette évolution permet de couvrir près de 60 % des besoins du marché national, réduisant la dépendance aux importations et renforçant l’autonomie industrielle.
Une dynamique de création d’emplois qualifiés
La création de 165 emplois directs constitue l’un des impacts immédiats du projet. Ces postes couvrent différents niveaux de qualification, allant des opérateurs de production aux profils techniques et d’ingénierie. Cette diversité reflète la complexité croissante des activités industrielles, qui nécessitent des compétences spécialisées.
Les 500 emplois indirects générés au sein de l’écosystème de fournisseurs et de partenaires viennent amplifier cet impact. Ils concernent des métiers variés, liés à la logistique, à la maintenance, à la distribution ou encore aux services industriels. Cette dimension indirecte est souvent déterminante dans l’évaluation de l’impact global des investissements industriels.
La localisation du projet à Berrechid contribue également à la création d’opportunités d’emploi dans une zone en expansion. Elle participe à la dynamique de développement régional, en offrant des perspectives professionnelles à proximité des bassins de population.
La question de la qualité de l’emploi constitue un enjeu central. Les projets industriels à forte valeur ajoutée génèrent des emplois plus qualifiés, mieux rémunérés et offrant des perspectives d’évolution. Ils contribuent ainsi à l’amélioration des conditions d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes diplômés.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où l’adéquation entre formation et emploi demeure un défi. Les entreprises industrielles expriment des besoins croissants en compétences techniques, qui ne sont pas toujours disponibles sur le marché. Les investissements comme celui de FBR Câbles accentuent cette tension et renforcent la nécessité de développer des dispositifs de formation adaptés.
Un effet d’entraînement sur l’écosystème industriel
L’impact d’un projet industriel ne se limite pas à l’entreprise qui le porte. Il s’étend à l’ensemble de l’écosystème, en mobilisant un réseau de fournisseurs, de sous-traitants et de partenaires. FBR Câbles s’inscrit dans cette logique, en s’appuyant sur un tissu local déjà structuré.
Fondée en 1991 à Bouskoura, l’entreprise emploie 124 collaborateurs et travaille avec de nombreux fournisseurs nationaux. La mise en service de la nouvelle unité renforce cette dynamique, en générant des volumes d’activité supplémentaires pour les partenaires locaux.
Cette structuration de l’écosystème constitue un levier de compétitivité. Elle permet de réduire les délais, d’améliorer la qualité et de maîtriser les coûts. Elle contribue également à la création d’emplois indirects et au développement de compétences au sein des entreprises partenaires.
La présence de grands opérateurs télécoms parmi les clients de FBR Câbles, tels que Orange Maroc, INWI et Maroc Telecom, renforce la stabilité de l’activité. Elle permet de sécuriser les débouchés et de soutenir la croissance de l’entreprise.
L’intégration dans des chaînes de valeur structurées constitue un facteur clé de développement pour l’industrie marocaine. Elle favorise l’émergence de pôles de compétitivité et renforce la position du pays sur les segments à plus forte valeur ajoutée.
Compétences industrielles : un enjeu central pour les DRH
La montée en puissance des investissements industriels pose directement la question des compétences. Les entreprises sont confrontées à une tension croissante sur les profils techniques, notamment dans les métiers liés à la production, à la maintenance et à l’ingénierie.
Le développement d’unités industrielles comme celle de FBR Câbles nécessite des compétences spécifiques, souvent rares sur le marché. Les DRH doivent adapter leurs stratégies de recrutement, en diversifiant les canaux et en renforçant les partenariats avec les établissements de formation.
La formation continue constitue un levier essentiel. Elle permet d’accompagner l’évolution des technologies et de maintenir l’employabilité des collaborateurs. Les entreprises sont amenées à investir dans des dispositifs internes de formation, afin de développer les compétences nécessaires à leur activité.
La question de l’attractivité des métiers industriels se pose également. Les entreprises doivent valoriser ces métiers, souvent perçus comme moins attractifs, alors même qu’ils offrent des perspectives de carrière intéressantes. Cette revalorisation passe par la communication, mais aussi par l’amélioration des conditions de travail.
Les enjeux de fidélisation sont tout aussi importants. La rareté des compétences crée une concurrence accrue entre les entreprises, qui doivent mettre en place des politiques RH adaptées pour retenir leurs talents. Cela implique de travailler sur la rémunération, les parcours de carrière et la qualité de vie au travail.
La digitalisation des processus industriels transforme également les métiers. Les compétences techniques doivent être complétées par des compétences numériques, ce qui nécessite une adaptation des profils et des formations.
Une stratégie de développement tournée vers l’Afrique
Au-delà du marché national, FBR Câbles affiche des ambitions de développement à l’international. L’entreprise prévoit d’exporter sa production vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment la Guinée-Conakry, le Burkina Faso, le Mali et le Gabon.
Cette stratégie repose sur la capacité à proposer des produits compétitifs, adaptés aux besoins des marchés africains. Elle s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud, visant à renforcer les échanges économiques entre pays du continent.
La transformation locale de composants à haute valeur ajoutée constitue un élément clé de cette approche. Elle permet de capter davantage de valeur au niveau national et de renforcer la contribution de l’industrie à l’économie.
L’orientation vers l’export contribue également à sécuriser la croissance de l’entreprise, en diversifiant ses marchés. Elle permet de réduire la dépendance au marché local et de bénéficier de la dynamique de développement des infrastructures en Afrique.
Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large de positionner le Maroc comme un hub industriel et logistique pour le continent. Les projets industriels à forte valeur ajoutée jouent un rôle central dans cette dynamique.
L’inauguration de l’usine FBR Câbles à Berrechid illustre le rôle structurant des investissements industriels dans la création d’emplois et la montée en compétences. Au-delà des volumes de production, l’enjeu porte sur la capacité à générer des emplois qualifiés, à renforcer les écosystèmes locaux et à répondre aux besoins du marché. En articulant investissement, emploi et compétences, ce type de projet contribue à consolider les fondations d’une croissance plus durable et plus intégrée.




