French bee est la compagnie française à bas coûts long-courrier du Groupe Dubreuil, groupe familial également propriétaire d’Air Caraïbes et actif dans sept métiers. L’ensemble revendique environ 7 000 collaborateurs dans ses différentes filiales. Lancée en 2016, French bee exploite uniquement des Airbus A350 : quatre A350-900 et deux A350-1000. Cette flotte homogène dessert notamment La Réunion, la Polynésie française, les États-Unis et le Canada.
Le préavis concerne les personnels navigants commerciaux basés à Paris-Orly et à La Réunion. Programmé pendant les retours de vacances, il pourrait affecter plusieurs liaisons long-courriers. La compagnie n’avait toutefois pas encore communiqué le nombre de vols susceptibles d’être annulés ou retardés. Le dépôt du préavis ne suffit donc pas à déterminer l’ampleur réelle des perturbations.
Les syndicats placent la prévisibilité du travail au centre du conflit. Ils dénoncent des modifications répétées des programmes de vol, parfois annoncées tardivement, ainsi que des sollicitations pendant les jours de repos. Selon eux, ces pratiques empêchent les salariés d’organiser leur vie personnelle et entretiennent une disponibilité permanente, incompatible avec les engagements pris sur le droit à la déconnexion.
Le conflit intervient quatre mois après un premier préavis déposé en avril pour des motifs similaires. Celui-ci avait été levé après l’obtention d’une augmentation de 5 % du salaire fixe, d’une prime carburant de 200 euros et d’un délai de prévenance de 48 heures au-delà duquel les plannings ne devaient plus être modifiés. Le respect du droit à la déconnexion figurait également parmi les avancées annoncées.
Le SNPNC-FO accuse désormais la direction de contourner ou de ne pas appliquer complètement ces mesures. Cette contestation transforme un désaccord sur les horaires en rupture de confiance concernant l’exécution des engagements sociaux. La direction n’a pas confirmé cette interprétation. Les échanges devront établir la fréquence des changements intervenus pendant le délai protégé et les circonstances opérationnelles invoquées pour les justifier.
La rémunération constitue le deuxième point de tension. Les représentants du personnel affirment que les PNC de French bee gagnent entre 25 et 30 % de moins que leurs homologues dans d’autres compagnies. Cet écart syndical ne repose pas sur une comparaison publique harmonisant salaire fixe, primes de vol, ancienneté, indemnités d’escale et avantages sociaux. Il soutient néanmoins la demande d’une nouvelle revalorisation.
La fatigue des équipages occupe également une place majeure. Le modèle long-courrier à bas coûts repose sur une utilisation soutenue des six Airbus A350 et sur des rotations resserrées. Les syndicats estiment que certains enchaînements de vols, associés à des temps de récupération jugés insuffisants, dégradent les conditions de travail. Ils évoquent notamment les rotations reliant San Francisco à Papeete, dont la durée d’escale a déjà alimenté les tensions.
Des représentants du personnel font état de crises d’angoisse, de difficultés familiales et d’épuisement parmi certains salariés. Ces témoignages nécessitent d’être rapprochés d’indicateurs consolidés sur l’absentéisme, les arrêts de travail, les repos reportés et les signalements médicaux. Ils placent néanmoins la prévention des risques psychosociaux et la gestion de la fatigue au cœur du dialogue social.
Le retour du conflit montre que les concessions obtenues en avril n’ont pas stabilisé le climat interne. L’issue dépendra de garanties mesurables sur les plannings, les 48 heures de prévenance, les repos et les rémunérations. French bee devra préserver son programme de vols tout en rétablissant une organisation jugée soutenable par ses équipages.




