La contestation porte d’abord sur l’interprétation du décret n°2.05.916 relatif aux jours et horaires de travail dans les administrations publiques. Son article premier fixe le fonctionnement administratif du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h30, avec une pause quotidienne. L’UNE en déduit que le samedi doit être considéré comme un jour de repos hebdomadaire pour les fonctionnaires de l’Éducation nationale et qu’une organisation différente nécessite un fondement juridique précis.
Cette position reste toutefois une revendication syndicale et ne constitue pas une modification officielle du calendrier scolaire. Le même décret prévoit que des jours ou horaires différents peuvent être adoptés lorsque la nécessité du service le justifie. Le débat juridique porte donc sur la portée de cette dérogation : le ministère peut-il l’appliquer à l’ensemble des établissements ou doit-elle rester limitée à des situations particulières ? Aucun arbitrage réglementaire supprimant le travail du samedi n’a été annoncé.
L’organisation syndicale conteste également l’argument selon lequel cette journée serait indispensable pour assurer 30 heures d’enseignement par semaine. Elle cite des établissements fonctionnant selon des volumes inférieurs, notamment certains dispositifs de rotation entre enseignants, ainsi que des écoles relevant de la direction provinciale de Salé où le temps scolaire atteindrait environ 24 heures et demie. Elle rappelle aussi que les horaires sont ramenés à 22 ou 24 heures hebdomadaires pendant le Ramadan sans interruption des cours.
L’UNE propose de répartir 18 heures et 15 minutes sur cinq jours dans l’enseignement primaire. Chaque journée comprendrait 3 heures et 45 minutes de cours. Le schéma avancé prévoit une séquence de 8h30 à 10h15, une pause de quinze minutes, puis une seconde séance jusqu’à 12h15. L’après-midi serait organisé de 12h45 à 14h30, puis de 14h45 à 16h30 après une nouvelle pause. Cette proposition réduirait sensiblement le volume actuellement invoqué, ce qui suppose un examen de ses conséquences sur les programmes, les apprentissages et l’organisation des classes.
Le syndicat demande parallèlement au ministère de reprendre la responsabilité de la répartition des cours. Il souhaite la publication d’un guide national unifié, comparable au document pratique diffusé en 1995, afin de limiter les différences entre académies, directions provinciales et établissements. Il considère que l’article 15 du décret n°2.24.140 portant statut particulier des fonctionnaires du ministère ne confie pas aux enseignants la conception individuelle des emplois du temps.
La question touche aussi à la formation continue. De nombreux cursus universitaires destinés aux salariés et aux fonctionnaires concentrent leurs enseignements le samedi. Le maintien des cours scolaires ce jour-là peut donc limiter l’accès des enseignants à une licence, un master ou une formation qualifiante. L’UNE rapproche cette difficulté de la circulaire n°2015/03, qui encourage le développement académique des agents publics et la valorisation du capital humain dans l’administration.
La demande intervient pendant la reprise du dialogue sur la charge de travail des enseignants. Les échanges sectoriels du 28 juillet 2026 ont prévu l’examen du nombre d’heures d’enseignement par la commission compétente, avec des conclusions attendues autour de la rentrée. Le dossier réunit désormais trois questions liées : la conformité des horaires, la continuité pédagogique et les possibilités de développement professionnel offertes aux personnels. Toute évolution devra être formalisée nationalement dès cette nouvelle année scolaire pour éviter des applications différentes selon les établissements.




