L’annonce a été officialisée à l’Élysée lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane. Présenté comme le plus important développement français du secteur depuis Disneyland Paris, le complexe doit associer trois parcs à thème et des capacités hôtelières. L’un des univers annoncés sera consacré aux mangas, notamment à la franchise japonaise Dragon Ball. Les deux autres thématiques n’ont pas été dévoilées.
Le site devrait être implanté dans le secteur de Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise, sur les terrains de l’ancien parc Mirapolis. Le financement doit être porté par Qiddiya, groupe saoudien spécialisé dans le divertissement et soutenu par le fonds souverain Public Investment Fund. Aucune date officielle d’ouverture n’a encore été arrêtée, même si la construction doit s’étendre sur plusieurs années.
L’estimation de 22 000 emplois directs place le recrutement au centre du projet. Ce chiffre ne correspond pas à une campagne d’embauche immédiate : les besoins seront répartis entre la conception, le chantier, la préparation de l’ouverture et l’exploitation. La ventilation entre emplois temporaires et permanents, contrats saisonniers et postes durables n’a pas encore été communiquée.
Durant la phase de construction, les entreprises mobilisées devront recruter des ingénieurs, chefs de projet, conducteurs de travaux, électriciens, automaticiens, spécialistes des structures, techniciens de sécurité et coordinateurs environnementaux. La réalisation d’attractions complexes exigera également des compétences en mécatronique, contrôle industriel, informatique embarquée et gestion des risques, dans un marché où plusieurs profils techniques sont déjà difficiles à trouver.
L’exploitation élargira ensuite les besoins à l’accueil, la billetterie, la gestion des flux, la sûreté, la maintenance, l’animation et la relation client. Le pôle hôtelier ajoutera des postes dans l’hébergement, la restauration, les cuisines, l’entretien, les gouvernantes d’étage et la direction d’établissement. Les fonctions support devront couvrir les ressources humaines, la paie, les achats, la finance, le numérique, la communication et la conformité.
Le volume annoncé impose une préparation bien avant l’ouverture. Recruter plusieurs milliers de personnes exige la constitution de viviers, la définition de référentiels de compétences et la mise en place de parcours de formation adaptés. Les acteurs du projet devront probablement coopérer avec France Travail, la région Île-de-France, les établissements professionnels, les écoles hôtelières et les organismes spécialisés dans les métiers techniques.
La concurrence pour les talents constituera un autre défi. Disneyland Paris, le Parc Astérix, les hôtels franciliens, la restauration et l’événementiel recrutent déjà dans des familles de métiers proches. Le futur complexe devra proposer des horaires lisibles, des perspectives d’évolution, des solutions de transport et une politique salariale suffisamment attractive pour limiter le turnover, particulièrement élevé dans les activités de service et de loisirs.
La dimension interculturelle pèsera également sur l’organisation. Le projet réunira des capitaux saoudiens, des franchises japonaises et une exploitation soumise au droit social français. Les équipes de direction devront construire des pratiques communes en matière de management, de dialogue social, de sécurité et d’expérience client, sans transposer mécaniquement des modèles conçus pour d’autres marchés.
Les 22 000 emplois annoncés ne pourront être évalués qu’à mesure que seront précisés le calendrier, les métiers, les contrats et les responsabilités des opérateurs. L’investissement ouvre une perspective majeure pour le bassin d’emploi francilien, mais sa portée sociale dépendra de la qualité des postes, de leur accessibilité aux habitants et de la capacité des formations à précéder les recrutements plutôt qu’à les suivre.




