Le projet est développé par Daosheng Tianhe, entreprise chinoise cotée à Shanghai et connue sous la marque TechStorm. Le groupe conçoit des matériaux chimiques avancés pour l’énergie éolienne, les composites et l’automobile. Ses résines d’infusion et ses adhésifs structurels interviennent dans la fabrication, l’assemblage et le renforcement des différentes parties composant les pales d’éoliennes.
L’investissement global atteint 30 millions de dollars. Les premières annonces publiées en mars évoquaient environ 3 millions de dollars, un montant correspondant à une étape initiale et non à l’ensemble du programme. En août, les fondations de l’entrepôt, du bâtiment administratif et des autres ouvrages étaient en cours. La montée en charge doit suivre les essais prévus en 2027.
Le choix de Nador repose sur la proximité d’Aeolon, fabricant chinois de pales déjà installé dans la zone de Betoya. Son usine représente environ 220 millions d’euros d’investissement sur 50 hectares. Elle affiche une capacité cible de 600 jeux de pales par an et un objectif de plus de 3 000 emplois à terme, chiffre annoncé mais non encore atteint.
TechStorm doit fournir en priorité cette unité voisine, créant une articulation entre les matériaux et la fabrication des pales. Cette organisation doit réduire les délais d’approvisionnement, les coûts de transport et les stocks de sécurité. Le site marocain ciblera également des clients européens et américains, en bénéficiant de la position de Nador et des futures capacités logistiques de Nador West Med.
Cette implantation fera émerger des besoins en techniciens de chimie, opérateurs de lignes automatisées, spécialistes du contrôle qualité, agents de maintenance et responsables de la sécurité industrielle. Les procédés de formulation, de dosage et de transformation réclament une maîtrise précise des paramètres de production. Aucun objectif de recrutement propre à TechStorm n’a toutefois été communiqué, contrairement aux projections publiées par Aeolon.
La manipulation de résines, de durcisseurs et de colles structurelles impose des compétences spécifiques en santé, sécurité et environnement. Les équipes devront maîtriser les règles relatives à l’exposition chimique, à la ventilation, au stockage, à la traçabilité et au traitement des déchets. Des formations préalables au démarrage seront indispensables pour sécuriser les opérations et satisfaire les exigences des clients internationaux.
La première implantation industrielle de TechStorm hors de Chine nécessitera parallèlement un transfert organisé des méthodes et des savoir-faire. Les salariés locaux devront être formés aux formulations, aux équipements, aux standards de qualité et aux protocoles de maintenance. L’enjeu portera aussi sur la constitution d’un encadrement intermédiaire capable d’assurer l’autonomie opérationnelle du site et la transmission continue des compétences.
Des coopérations avec l’OFPPT, l’Université Mohammed Premier, la Faculté des sciences d’Oujda, l’ENSA d’Oujda et l’ENSA d’Al Hoceima pourraient soutenir la préparation des profils recherchés. Elles permettraient de développer des cursus adaptés en chimie, génie des procédés, matériaux composites et maintenance industrielle. À ce stade, ces partenariats constituent toutefois des pistes pertinentes et aucun accord de formation n’a été officialisé.
L’arrivée de TechStorm renforce la constitution d’une chaîne de valeur éolienne intégrée dans l’Oriental. Après la production de pales portée par Aeolon, Nador accueille désormais un fournisseur stratégique de matériaux en amont. La réussite du projet dépendra de l’achèvement des infrastructures, mais aussi de la capacité du territoire à former, attirer et fidéliser les compétences nécessaires à ces nouvelles activités industrielles.




