L’accord intervient une dizaine de jours après la mobilisation organisée les 15 et 16 août par le SNPNC-FO, l’UNAC-CFE-CGC et l’UNPNC-CFDT. Les trois organisations avaient déposé un préavis couvrant la période du 7 août au 2 septembre pour dénoncer la dégradation des conditions de travail des hôtesses et stewards employés dans les bases françaises de la compagnie.
Le mouvement a fortement perturbé le programme de vols pendant l’un des week-ends les plus chargés de l’été. Environ 230 personnels navigants commerciaux ont participé à la grève et près de 80 vols auraient été annulés quotidiennement. Les six bases françaises d’easyJet étaient concernées : Paris-Orly, Paris-Charles-de-Gaulle, Lyon, Nice, Nantes et Bordeaux.
Les revendications portaient principalement sur l’instabilité des plannings, les modifications de dernière minute, les rotations organisées sur plusieurs jours et les déplacements imposés vers des bases étrangères. Ces affectations temporaires devaient notamment permettre de compenser des besoins opérationnels ou un manque d’effectifs dans d’autres implantations de la compagnie.
Le compromis trouvé le 26 août introduit une compensation financière pour certains changements apportés à un programme de travail déjà publié. Le mécanisme reconnaît que la flexibilité demandée aux équipages constitue une contrainte professionnelle susceptible d’être indemnisée. Les montants prévus, les délais déclenchant le versement et les situations pouvant être exclues du dispositif n’ont pas encore été rendus publics.
Cette mesure ne supprimera pas la possibilité pour easyJet de modifier les affectations en cas d’aléa opérationnel. Elle doit toutefois introduire un coût supplémentaire lorsque l’adaptation du programme repose sur les personnels navigants. Le dispositif pourrait ainsi inciter la compagnie à mieux anticiper ses besoins, à limiter les changements évitables et à ne plus faire supporter gratuitement aux salariés les conséquences des désorganisations internes.
La seconde mesure prévoit la création de « jours bloqués ». Durant ces journées définies à l’avance, aucun vol ni changement d’affectation ne pourrait être imposé au salarié. Cette garantie vise à rendre certaines périodes de repos réellement prévisibles et à permettre aux équipages d’organiser leur vie personnelle sans craindre une modification tardive de leur planning.
Le dispositif répond à une distinction importante dans l’organisation du travail aérien. Le respect des durées réglementaires de vol et de repos ne garantit pas nécessairement la stabilité des horaires. Un programme peut demeurer conforme aux règles tout en étant fréquemment remanié, avec des effets sur le sommeil, la récupération, les déplacements et l’équilibre familial des équipages.
L’accord n’est cependant pas encore définitivement validé. Les trois syndicats doivent consulter les salariés au moyen d’un sondage avant de décider de le signer. Cette démarche permettra de mesurer si les garanties négociées répondent suffisamment aux attentes exprimées pendant le conflit. Elle conditionnera également la levée du préavis qui court jusqu’au 2 septembre.
Plusieurs points devront être explicités avant la consultation : le nombre annuel de jours bloqués, leurs modalités de sélection, les conditions de modification exceptionnelle, le montant des indemnités et leur cumul éventuel. La portée réelle du compromis dépendra moins de l’intitulé des mesures que de leurs règles d’application et des moyens accordés aux salariés pour signaler un manquement.
La sortie de crise se mesurera enfin dans l’organisation quotidienne des bases françaises. Le nombre de changements indemnisés, le respect des jours protégés, la fréquence des déplacements vers l’étranger et l’évolution de l’absentéisme permettront d’évaluer l’efficacité de l’accord. Après les perturbations de la mi-août, easyJet doit désormais transformer ce compromis en stabilité réelle des plannings et en amélioration durable des conditions de travail.




