La FILEC incarne une structuration attendue par les professionnels du BTP. Issue du regroupement de cinq associations nationales – l’AMLEC, l’AMLG, l’ALMG, l’ALEB et l’ACGM –, la nouvelle fédération s’impose comme un interlocuteur unique capable de consolider des métiers souvent dispersés : géotechnique, géophysique, essais et contrôle, investigation maritime, expertise du bâtiment ou encore contrôle qualité. Cette union crée un réseau national cohérent, indispensable à la fiabilité des ouvrages et à la sécurité des chantiers, dans un secteur où les exigences techniques n’ont cessé de se renforcer.
Omar Moudden, élu président de la FILEC, résume les enjeux avec clarté. Il considère la fédération comme un levier essentiel pour professionnaliser l’écosystème. L’objectif affiché repose sur l’harmonisation des pratiques et la consolidation de la confiance entre laboratoires, maîtres d’ouvrage et institutions publiques. Derrière cette déclaration se dessine une vision stratégique : celle d’un secteur où la qualité des contrôles constitue un fondement incontournable pour soutenir la compétitivité du BTP marocain.
La structuration progressive du secteur a été confirmée lors du lancement opérationnel de la FILEC, le 8 décembre 2025, au Centre d’accueil et de conférences du Ministère de l’Équipement et de l’Eau. L’événement a réuni représentants ministériels, institutions publiques, opérateurs du bâtiment et partenaires techniques, illustrant l’intérêt porté à cette nouvelle gouvernance professionnelle. À cette occasion, la fédération a présenté son plan stratégique 2025-2030 et signé ses premiers partenariats institutionnels. Cette feuille de route s’oriente vers une organisation renforcée de l’accès à la profession, l’harmonisation des référentiels, la montée en compétences des équipes et l’instauration d’un label national dédié à la fiabilité des laboratoires publics et privés.
Cette orientation s’accompagne d’un engagement fort en matière de normalisation et de certification. La FILEC souhaite structurer un écosystème capable de répondre aux exigences des grands chantiers nationaux : infrastructures de transport, projets hydrauliques, ouvrages industriels ou complexes urbains. Les laboratoires jouent déjà un rôle critique dans la chaîne de valeur du BTP, mais leur alignement sur des standards techniques communs renforcera la robustesse du modèle marocain de contrôle et d’expertise. La fédération se positionne ainsi comme une plateforme de dialogue entre les professionnels et les pouvoirs publics, tout en portant la voix de la profession dans les débats réglementaires.
La transformation numérique constitue l’un des axes les plus déterminants de sa stratégie. L’intégration de la traçabilité digitale, l’automatisation des procédures, l’intelligence artificielle appliquée aux essais ou encore l’optimisation de la gestion des données devraient progressivement redessiner les modes d’opération des laboratoires. La digitalisation ouvre la voie à une plus grande transparence, une exécution plus rapide des tests et une fiabilité accrue des résultats. Cette orientation répond à une demande croissante des maîtres d’ouvrage et des institutions pour des processus mieux normés, auditables et intégrés dans des systèmes d’information modernes.
Cette modernisation se double d’une ambition africaine clairement affirmée. La FILEC entend positionner le Maroc comme un pôle régional en ingénierie d’essais, en expertise technique et en coopération scientifique. Dans plusieurs pays africains, les besoins en infrastructures sont en forte croissance et les chaînes de contrôle sont en phase de structuration. Le Maroc dispose déjà d’une avancée technique significative, soutenue par une ingénierie reconnue et par la présence de laboratoires capables de répondre à des projets complexes. La fédération souhaite capitaliser sur ces atouts pour encourager des partenariats, partager des référentiels et développer des mécanismes de formation continue à l’échelle du continent.
L’architecture institutionnelle de la FILEC traduit une volonté de représentation équilibrée des métiers et des territoires. Le bureau fondateur, présidé par Omar Moudden, s’appuie sur une équipe élargie composée notamment d’Omar Benzakour, Ahmed Skali Sanhaji, Mohamed Elkitmani et Abdelaziz Lazrak en tant que vice-présidents. Mohamed Bouanba occupe le poste de secrétaire général, tandis qu’Hicham Chahboune assume la fonction de trésorier, assisté de Youssef Amoqrane. Les assesseurs Othmane Bansatour et Brahim El Khattaby complètent cette structure de gouvernance. Cette diversité reflète toutes les composantes des laboratoires membres, de l’expertise géotechnique aux investigations maritimes, en passant par l’expertise bâtiment.
La fédération place enfin l’ouverture et la coopération au centre de sa démarche. Elle appelle les acteurs du BTP à rejoindre cette dynamique collective afin de contribuer à l’amélioration continue de la qualité des infrastructures marocaines. Le plan stratégique 2025-2030 vise à accompagner les grands chantiers nationaux et à préparer les futures évolutions du secteur, en intégrant notamment les enjeux d’urbanisation, de résilience environnementale et de développement territorial.
La création de la FILEC s’inscrit dans un moment charnière pour la filière construction. En structurant un corps professionnel essentiel au contrôle des ouvrages, la fédération établit un socle de confiance indispensable à l’essor des projets publics et privés. À travers la normalisation, la digitalisation et la coopération africaine, elle amorce un mouvement de consolidation qui devrait influencer durablement la qualité et la sécurité des infrastructures au Maroc.




