Le projet a été présenté mardi 8 septembre aux collaborateurs des deux sociétés implantées près de Quimper. Les 115 suppressions envisagées représentent près d’un tiers des quelque 350 emplois cumulés de Bluebus et Blue Solutions sur le territoire. Les mesures d’accompagnement, les possibilités de reclassement et les conditions de départ doivent désormais être examinées avec les représentants du personnel dans le cadre des deux PSE.
Chez Bluebus, 74 postes sont concernés par l’arrêt de la production. Bolloré justifie sa décision par « un marché français moins dynamique qu’attendu, marqué par une concurrence intense et une forte pression sur les prix ». Selon le groupe, l’entreprise ne disposait pas d’une taille suffisante pour rivaliser durablement avec les autres constructeurs présents sur le marché.
La décision met fin à une activité industrielle consacrée aux bus électriques de 6 et 12 mètres. Près de 700 véhicules de la marque ont été mis en service en France et dans plusieurs pays européens. La fin de la fabrication ne signifie toutefois pas la disparition complète de Bluebus, puisque des compétences doivent être conservées dans la maintenance, l’assistance technique et l’approvisionnement en pièces.
Cette continuité est particulièrement suivie par Île-de-France Mobilités, qui possède 320 véhicules Bluebus. L’autorité organisatrice des transports franciliens a demandé des garanties sur la pérennité du service après-vente. Le dimensionnement de l’équipe maintenue, la disponibilité des composants et la conservation des savoir-faire détermineront la capacité de Bolloré à accompagner cette flotte pendant sa durée d’exploitation.
Une deuxième issue est étudiée autour de la recherche et développement. Bolloré évoque une « reprise partielle d’actifs » par un acteur industriel européen. Une offre doit être présentée aux représentants du personnel et pourrait conduire au transfert de 17 contrats de travail. Cette perspective ne concerne qu’une partie des 74 postes menacés chez Bluebus et reste conditionnée à la conclusion de l’opération.
La restructuration atteint également Blue Solutions, qui fabrique les batteries lithium-métal-polymère utilisées par les bus. Le second PSE prévoit 41 suppressions de postes. Bolloré inscrit cette réduction dans les « profondes difficultés des secteurs de la batterie et de l’automobile en Europe », confrontés à des investissements élevés, à la pression sur les prix et à des volumes encore insuffisants sur certains segments.
Blue Solutions entend néanmoins poursuivre le développement de sa quatrième génération de batteries. La technologie Gen4 doit être conduite jusqu’à sa phase d’industrialisation avec l’appui d’un partenaire investisseur. Le projet maintient ainsi une activité d’innovation, tout en réduisant les capacités actuelles et les effectifs affectés aux opérations industrielles existantes.
Les emplois concernés couvrent notamment l’assemblage électromécanique, la production de batteries, la maintenance, la qualité et le support industriel. Le transfert éventuel de 17 contrats et le maintien du service après-vente préserveraient une partie de ces expertises. Le devenir des autres postes dépendra des possibilités de mobilité au sein du groupe, des reclassements externes et des dispositifs de reconversion négociés pendant la procédure.
L’annonce intervient alors que la transition vers les mobilités décarbonées devait soutenir l’emploi industriel. La situation d’Ergué-Gabéric montre que le développement du marché des véhicules électriques ne garantit pas la pérennité de chaque site lorsque les volumes de commandes, les prix et la taille industrielle ne permettent plus de financer durablement la production.
Les prochaines discussions devront préciser le calendrier d’arrêt, les catégories d’emplois supprimées, le nombre de postes maintenus dans le service après-vente et le contenu de l’offre de reprise. Sa présentation constituera la première indication concrète sur le nombre d’emplois susceptibles d’être préservés.




