La CFDT (Confédération française démocratique du travail), la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) et l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) ont lancé cet appel après une réunion tenue le 9 septembre avec les représentants des futurs acquéreurs. Les échanges portaient sur l’avenir des effectifs lors du partage des activités de SFR, sigle historique de Société française du radiotéléphone.
Les trois syndicats considèrent que les engagements actuellement présentés ne couvrent pas suffisamment les conséquences sociales de l’opération. « Plusieurs milliers de salariés vont perdre leur emploi », alerte Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT chez SFR. Ce volume demeure une estimation syndicale : Altice France et les acheteurs n’ont communiqué aucun nombre définitif de suppressions de postes.
Le principal désaccord concerne les possibilités de reclassement. Une seule proposition serait prévue pour chaque salarié dont le poste serait affecté par la réorganisation. Olivier Lelong souligne que trois solutions sont souvent recherchées dans le cadre d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). La présentation de trois offres ne constitue toutefois pas une obligation légale générale : l’employeur doit rechercher les emplois disponibles compatibles avec les compétences et la situation du salarié.
Deux nouvelles réunions sont programmées les 21 et 25 septembre. La grève se tiendra entre ces deux rendez-vous afin d’obtenir des engagements supplémentaires sur le nombre de postes proposés, leur localisation et les conditions de mobilité. Les syndicats attendent également des précisions sur le maintien des rémunérations, des classifications et des avantages sociaux lors des transferts.
La réorganisation découle du protocole d’accord conclu le 6 juin entre Altice France et Bouygues Telecom, Iliad et Orange. La transaction valorise les actifs concernés à 20,35 milliards d’euros. Un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros pourrait s’y ajouter lors de la clôture. L’accord définitif doit être finalisé avant le 6 décembre, après la procédure d’information et de consultation des représentants du personnel.
Une première répartition des effectifs est déjà connue. Environ 2 300 salariés de SFR Business seraient transférés chez Bouygues Telecom. Free reprendrait 53 collaborateurs rattachés à la marque Red, tandis qu’Orange intégrerait plus de 230 personnes. Les trois acheteurs doivent également reprendre 120 boutiques SFR, à raison d’une quarantaine chacun, mais le nombre de salariés employés dans ces points de vente n’a pas encore été précisé.
Les autres collaborateurs doivent rejoindre une structure commune administrée par Bouygues Telecom, Iliad et Orange. Cette organisation transitoire accompagnera la séparation progressive des activités avant la disparition de la marque SFR. Les trois groupes ont annoncé une garantie d’emploi jusqu’en 2029, sans détailler, à ce stade, le volume de postes qui serait maintenu au-delà de cette échéance.
La répartition entre trois entreprises pose également la question des cadres collectifs applicables. Les salariés transférés pourraient intégrer des organisations disposant de conventions, de classifications, de régimes de rémunération et d’avantages sociaux différents. Les modalités d’harmonisation ou de maintien de ces droits devront être précisées durant la consultation.
Le rachat reste soumis à l’autorisation de l’Autorité de la concurrence, chargée d’examiner les conséquences du passage de quatre à trois grands opérateurs sur le marché français des télécommunications. L’institution anticipe une procédure d’au moins 18 mois. Les acheteurs espèrent néanmoins finaliser la vente au cours du second semestre 2027.
La négociation sociale doit désormais déterminer le sort des collaborateurs qui ne figurent pas parmi les transferts déjà identifiés. La garantie temporaire accordée jusqu’en 2029 ne précise ni leur affectation définitive ni les modalités d’un éventuel reclassement. La mobilisation du 24 septembre portera donc sur les mesures applicables pendant la transition et après la disparition de SFR.




