Les procédures de licenciement collectif progressent nettement en France. Selon les statistiques publiées le 29 septembre 2026 par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 227 plans de sauvegarde de l’emploi ont été initiés au deuxième trimestre, contre un volume inférieur au trimestre précédent et à la même période de 2025.
La progression atteint 20,1 % en trois mois et 32 % sur un an. Ces résultats témoignent d’une augmentation du nombre d’entreprises engageant des procédures de restructuration susceptibles d’entraîner des licenciements économiques.
Le plan de sauvegarde de l’emploi est obligatoire, sous certaines conditions, dans les entreprises d’au moins 50 salariés qui envisagent le licenciement économique d’au moins dix personnes sur une période de trente jours. Il doit comprendre des mesures destinées à éviter les suppressions d’emplois ou à en limiter le nombre, ainsi que des dispositifs facilitant le reclassement des salariés concernés.
L’ouverture d’une procédure ne signifie cependant pas que tous les licenciements envisagés seront effectivement réalisés. Les projets peuvent évoluer au cours des consultations avec les représentants du personnel et des échanges avec l’administration. Les possibilités de reclassement, les départs volontaires et les modifications du périmètre initial peuvent également influencer le résultat final.
Cette distinction est importante pour interpréter les statistiques. Le nombre de procédures engagées mesure l’activité des restructurations collectives, mais ne correspond pas directement au nombre de postes effectivement supprimés pendant le trimestre.
Les données de la Dares font également apparaître 43 500 inscriptions à France Travail consécutives à un licenciement économique au deuxième trimestre 2026. Ce volume représente une hausse de 5,7 % par rapport aux trois premiers mois de l’année.
Cet indicateur ne recouvre pas exactement le même périmètre que les plans de sauvegarde de l’emploi. Les licenciements économiques peuvent également intervenir dans des entreprises de plus petite taille ou dans le cadre de procédures ne nécessitant pas de PSE.
Les deux séries statistiques doivent donc être examinées séparément. La première renseigne sur le nombre de procédures collectives engagées, tandis que la seconde mesure les inscriptions de personnes ayant perdu leur emploi pour un motif économique.
L’augmentation des procédures intervient dans un environnement où plusieurs entreprises françaises ont annoncé des réorganisations industrielles, commerciales ou administratives. Les décisions peuvent résulter de difficultés économiques, de modifications de l’activité, de transformations technologiques ou de changements dans l’organisation des groupes.
Les conséquences varient considérablement selon la taille des entreprises et les territoires concernés. Un plan de sauvegarde de l’emploi dans un grand groupe disposant de plusieurs établissements peut offrir davantage de possibilités de reclassement interne qu’une restructuration touchant un site isolé.
Les procédures peuvent aussi s’étendre sur plusieurs mois. Entre l’annonce initiale, la consultation des représentants du personnel, la validation ou l’homologation administrative et la mise en œuvre des départs, les effectifs réellement concernés peuvent évoluer.
La hausse de 32 % observée sur un an constitue ainsi un signal d’accélération des restructurations collectives. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une progression équivalente du nombre d’emplois supprimés.
Les prochaines publications de la Dares permettront d’observer si cette augmentation se poursuit au second semestre et de mesurer son évolution au regard des licenciements économiques effectivement enregistrés.




