Le mouvement prolongera la mobilisation engagée le 13 août, lorsque l’intersyndicale avait été reçue pendant près de deux heures par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les représentants du personnel étaient ressortis de cette rencontre sans réponse chiffrée sur les moyens, les recrutements ou le financement des services départementaux d’incendie et de secours, les Sdis. Les neuf organisations avaient alors annoncé une mobilisation nationale intensive durant la dernière semaine de septembre.
La première journée du préavis coïncidera avec la présentation du projet de loi de modernisation de la sécurité civile. La Direction générale de la sécurité civile doit en exposer le contenu aux syndicats le 8 septembre à 11 heures. L’intersyndicale redoute que les derniers arbitrages budgétaires ne répondent pas aux demandes formulées après la saison des incendies.
Le calendrier a également été construit pour couvrir les prochaines discussions financières. Le préavis prendra fin le 20 octobre, date retenue par les syndicats en référence à l’examen parlementaire du projet de budget pour 2027. Le ministère a indiqué que des évolutions concernant les ressources des Sdis seraient présentées dans ce cadre, sans communiquer pour l’instant de montant.
Les organisations demandent un recrutement massif pour renforcer les quelque 44 000 sapeurs-pompiers professionnels actuellement en activité, hors volontaires. Elles réclament précisément la création de 21 000 postes, ainsi que des embauches d’agents administratifs, techniques et spécialisés. Elles estiment que les effectifs existants ne permettent plus d’absorber durablement la hausse des interventions et la multiplication des crises.
Cette revendication intervient après un été marqué par des incendies majeurs et une mobilisation prolongée des équipes. Les syndicats demandent un budget permettant de protéger la santé physique et psychologique des agents, de financer les équipements et d’améliorer les périodes de récupération. Ils dénoncent un décalage persistant entre l’intensification des missions et les moyens humains disponibles dans les services départementaux.
La mobilisation comportera plusieurs temps forts. Une manifestation statique doit se tenir les 26, 27 et 28 septembre sur la place de la République, à Paris. Les pompiers professionnels participeront ensuite à la journée d’action de la fonction publique prévue le 29 septembre à l’appel de sept organisations syndicales représentatives du secteur public.
Le ralliement à cette journée replacera leurs revendications dans un mouvement plus large portant sur les rémunérations, les effectifs, les conditions de travail et l’attractivité des métiers publics. Le préavis de six semaines permettra aux syndicats d’organiser différentes actions selon l’évolution des négociations. Les modalités précises de participation et leurs conséquences opérationnelles n’ont pas encore été détaillées.
La future loi de modernisation constitue l’autre point central du conflit. Les organisations attendent une réforme du financement de la sécurité civile, une évolution des conditions d’exercice et une meilleure reconnaissance de la pénibilité. Elles réclament également l’ouverture de négociations sur les carrières et les retraites, après plus de quatorze années sans avancée majeure sur leur filière professionnelle.
L’issue du mouvement dépendra désormais du texte présenté le 8 septembre et des crédits inscrits dans le budget 2027. L’intersyndicale entend maintenir la pression jusqu’aux arbitrages parlementaires. Le gouvernement devra préciser comment il financera les effectifs, la protection sanitaire, les équipements et la modernisation d’un système que les représentants des agents décrivent comme arrivé à saturation.




