Anciennement connue sous le nom de Proxima, l’entreprise prépare son arrivée sur un marché ouvert à la concurrence, mais dominé par la SNCF. Son dispositif industriel comprend douze rames Avelia Horizon commandées à Alstom. Le contrat, évalué à 850 millions d’euros, couvre la fourniture des trains et leur maintenance pendant quinze ans.
La licence délivrée par l’État constitue l’une des deux autorisations exigées d’un opérateur ferroviaire. Elle atteste de sa capacité professionnelle et financière ainsi que de la couverture de sa responsabilité civile. Velvet devra encore obtenir un certificat de sécurité avant de transporter des voyageurs, puis achever les procédures relatives aux rames et aux circulations prévues.
Ce calendrier réglementaire détermine la montée en charge des effectifs. L’entreprise doit recruter et préparer ses équipes de conduite, d’encadrement opérationnel, de service à bord et de gestion des circulations. Elle aura besoin de compétences en sécurité ferroviaire, planification des roulements, systèmes d’information, relation client et coordination avec les gestionnaires d’infrastructure et de gares.
Les premiers recrutements sont engagés. Velvet recherche un manager des collectifs de conduite chargé d’encadrer les chefs d’équipe et les conducteurs de trains à grande vitesse. Le poste associe management, maintien des habilitations, pilotage de la sécurité, organisation des astreintes et participation ponctuelle à la conduite afin de conserver une expertise opérationnelle.
La constitution des équipes de conduite représente un chantier sensible. Les professionnels concernés doivent détenir les qualifications réglementaires requises, maîtriser les itinéraires empruntés et être formés aux rames Avelia Horizon. Velvet devra articuler l’embauche de conducteurs expérimentés avec la formation de nouveaux profils, dans un secteur où les compétences disponibles demeurent limitées.
La compagnie devra préparer ses personnels de bord et ses équipes en gare à Paris-Montparnasse, Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes. Leur formation devra couvrir la relation avec les voyageurs, les procédures de sécurité, la gestion des situations perturbées, l’accessibilité, l’information et la coordination avec les conducteurs et les responsables opérationnels.
Une partie des emplois nécessaires sera portée par les partenaires de Velvet. La maintenance des douze rames doit être réalisée avec Alstom au site indépendant de Marcheprime, en Gironde. Cette organisation mobilisera des techniciens en mécanique, électrotechnique, diagnostic et maintenance prédictive, ainsi que des personnels affectés au nettoyage, à la logistique et aux services associés.
Rachel Picard, cofondatrice et directrice générale de Velvet, a annoncé un objectif de 300 recrutements directs. Timothy Jackson, cofondateur et directeur du développement, a ensuite précisé que 200 emplois supplémentaires seraient mobilisés auprès de prestataires pour la maintenance, le nettoyage et la restauration. Ces chiffres correspondent à la configuration envisagée pour le lancement, et non à des postes déjà pourvus.
Au-delà des recrutements, Velvet doit bâtir son propre cadre social. Classifications, rémunérations, temps de travail, repos, astreintes, mobilité et parcours professionnels devront être organisés avant les premières circulations. Ces choix pèseront sur sa capacité à attirer des salariés expérimentés sans fragiliser la fidélisation, dans un marché où plusieurs opérateurs recherchent les mêmes expertises.
L’obtention de la licence transforme ainsi le projet industriel en chantier RH opérationnel. D’ici 2028, Velvet devra synchroniser embauches, formations, habilitations, essais des trains et certification de sécurité. Son entrée face à la SNCF dépendra autant de la disponibilité des douze rames que de sa capacité à constituer des équipes qualifiées, stables et immédiatement opérationnelles.




