Les usines sud-coréennes de Hyundai Motor tournent au ralenti depuis ce lundi. Jusqu’au mercredi 15 juillet, les collaborateurs syndiqués cessent leur activité deux heures avant la fin de chaque poste. Cette mobilisation constitue la première action collective organisée cette année par le syndicat du constructeur automobile.
La grève intervient après l’échec des discussions menées la semaine dernière entre les représentants des collaborateurs et la direction. Les négociations portent principalement sur les augmentations salariales, le montant des primes et le partage des bénéfices réalisés par le groupe. Le syndicat réclame également des engagements précis sur la préservation des emplois dans un contexte de transformation industrielle rapide.
Les revendications dépassent ainsi la seule question de la rémunération. Les représentants syndicaux s’inquiètent des conséquences que pourraient avoir l’automatisation, l’intelligence artificielle et la robotisation sur les effectifs des sites industriels. Hyundai Motor prévoit d’intégrer plus de 25 000 robots humanoïdes dans ses installations mondiales d’ici 2028. Le groupe entend notamment déployer des modèles Atlas conçus par Boston Dynamics, entreprise spécialisée dans la robotique qu’il contrôle depuis 2021.
Pour Hyundai, ces technologies doivent améliorer la productivité, renforcer la sécurité dans les ateliers et prendre en charge certaines tâches répétitives ou physiquement exigeantes. Le syndicat redoute toutefois que leur utilisation ne conduise progressivement à la suppression de postes ou à une modification profonde des métiers, sans garanties suffisantes pour les collaborateurs concernés.
Le mouvement social touche principalement les sites de production implantés en Corée du Sud. Son impact immédiat devrait rester contenu, puisque les arrêts de travail sont limités à deux heures par jour. La direction n’a cependant pas encore communiqué d’estimation détaillée sur le nombre de véhicules qui pourraient ne pas être produits durant ces trois journées.
Une prolongation de la mobilisation aurait des conséquences plus importantes. Hyundai Motor occupe une place centrale dans l’industrie sud-coréenne et exporte une part considérable de sa production. Un conflit durable pourrait provoquer des retards de livraison et perturber certains fournisseurs intégrés aux chaînes de production du constructeur.
Le climat social se tend également chez d’autres groupes automobiles sud-coréens. Kia et GM Korea sont confrontés à des revendications comparables sur les salaires, les primes et la sécurité de l’emploi. L’accord qui pourrait être conclu chez Hyundai sera donc observé avec attention, car il pourrait influencer les négociations dans l’ensemble du secteur.
Le syndicat avait obtenu, fin juin, l’autorisation de recourir à la grève après un vote largement favorable de ses membres. Cette mobilisation progressive vise à renforcer la pression sur la direction sans provoquer l’arrêt complet des usines.
Aucune nouvelle rencontre formelle n’a encore été annoncée. Les deux parties disposent désormais de trois jours pour renouer le dialogue. Derrière le partage des bénéfices se dessine une négociation plus large sur la place que conserveront les collaborateurs dans les usines automobiles de demain.




