L’Italie affiche un nouveau record sur le front de l’emploi. Selon les données provisoires publiées le 2 juillet 2026 par l’Institut national de statistique italien, l’Istat, le taux de chômage s’est établi à 5 % en mai, contre 5,1 % en avril. Il atteint ainsi son niveau le plus bas depuis le début de la série statistique actuelle, lancée en 2004.
Le nombre de personnes sans emploi a diminué de 22 000 en un mois, soit une baisse de 1,7 %, pour s’établir autour de 1,28 million. Sur un an, le recul est nettement plus prononcé : l’Italie compte 399 000 chômeurs de moins qu’en mai 2025, ce qui correspond à une diminution de 23,8 %.
La situation s’améliore également chez les jeunes, même si leur exposition au chômage reste importante. Le taux de chômage des 15-24 ans a reculé de 1,3 point en mai pour atteindre 15,1 %. Cette évolution confirme une tendance favorable, mais maintient un écart significatif entre les jeunes actifs et l’ensemble de la population.
Ce taux national de 5 % place désormais l’Italie sous la moyenne de la zone euro, établie à 6,2 % en mai. Cette performance constitue un résultat symbolique pour une économie longtemps confrontée à un chômage élevé et à de fortes disparités territoriales. Elle offre aussi au gouvernement de Giorgia Meloni un argument pour défendre l’efficacité de sa politique économique et des mesures adoptées en faveur de l’emploi.
Le détail des chiffres invite toutefois à nuancer cette lecture. La baisse du chômage observée en mai ne résulte pas d’une hausse du nombre de personnes en emploi. Celui-ci a, au contraire, reculé de 22 000 sur un mois, soit une diminution de 0,1 %, pour atteindre 24,336 millions. Le taux d’emploi a également légèrement baissé, à 63 %, après avoir enregistré un sommet en avril.
Dans le même temps, le nombre d’inactifs âgés de 15 à 64 ans a progressé de 59 000 personnes, soit une hausse mensuelle de 0,5 %. Le taux d’inactivité atteint désormais 33,6 %. Une partie des personnes précédemment comptabilisées parmi les chômeurs semble donc avoir cessé de rechercher activement un emploi. Elles sortent ainsi de la population active et ne sont plus intégrées au calcul du taux de chômage.
Cette évolution rappelle qu’un recul du chômage ne traduit pas systématiquement une création nette d’emplois. Il peut aussi découler du découragement de certains demandeurs, d’une reprise des études, d’un départ anticipé à la retraite ou d’autres situations conduisant à quitter temporairement ou durablement le marché du travail.
La tendance annuelle demeure néanmoins favorable. Entre mai 2025 et mai 2026, l’économie italienne a créé 228 000 emplois, soit une progression de 0,9 %. Cette hausse repose principalement sur les contrats à durée indéterminée et sur l’augmentation du nombre de travailleurs indépendants. Elle témoigne d’une certaine résistance du marché du travail malgré une croissance économique modérée et un environnement international incertain.
Des fragilités structurelles persistent cependant. Le taux d’emploi italien reste relativement faible, notamment chez les femmes, les jeunes et dans les régions du Sud. Le vieillissement démographique réduit également la population en âge de travailler et pourrait peser durablement sur l’offre de compétences, la croissance et le financement de la protection sociale.
L’Italie atteint donc un seuil historique, mais la qualité de cette performance dépendra de sa capacité à augmenter simultanément l’emploi et la participation au marché du travail. Les prochaines données de l’Istat devront déterminer si le recul de mai constitue un ajustement ponctuel ou le début d’un ralentissement. Le véritable succès ne résidera pas seulement dans un chômage à 5 %, mais dans la création d’emplois durables et dans le retour vers l’activité des personnes qui s’en sont éloignées.




