O2 Telefónica Allemagne prépare une importante restructuration de ses activités. L’opérateur de télécommunications envisage de supprimer plus de 1 000 emplois sur un effectif total de 6 820 collaborateurs au début de l’année 2026. La réduction représenterait environ 15 % de sa main-d’œuvre et constituerait l’un des principaux plans sociaux récemment annoncés dans le secteur allemand des télécommunications.
L’entreprise n’a pas encore confirmé le nombre définitif de postes concernés. Elle reconnaît néanmoins discuter de « diverses mesures » avec les représentants du personnel. Le calendrier, les activités touchées et les conditions de départ restent en négociation. Certaines divisions auraient déjà conclu des accords prévoyant des départs volontaires accompagnés d’indemnités.
Cette restructuration répond d’abord à une dégradation des performances financières. En 2025, le chiffre d’affaires de Telefónica Deutschland a reculé de 3,8 %, à 8,2 milliards d’euros. Son excédent brut d’exploitation ajusté a diminué de 8,8 %, pour atteindre 2,5 milliards d’euros. Le groupe souhaite désormais économiser environ 100 millions d’euros sur ses coûts afin de préserver sa rentabilité et de retrouver des marges d’investissement.
La fin du contrat de gros conclu avec l’opérateur 1&1 explique une grande partie de cette pression. Pendant plusieurs années, 1&1 utilisait le réseau mobile d’O2 pour fournir ses propres services. L’entreprise a toutefois choisi Vodafone pour accompagner le développement de son infrastructure. Environ 12 millions de lignes mobiles ont ainsi quitté progressivement le réseau d’O2, un mouvement achevé à la fin de l’année 2025.
La perte de ces revenus fragilise le modèle économique de Telefónica Allemagne. L’entreprise revendique encore près de 35 millions de connexions mobiles, mais elle ne possède pas de réseau fixe à très haut débit comparable à ceux de ses principaux concurrents. Elle doit louer des capacités auprès d’autres opérateurs, ce qui réduit sa maîtrise des coûts et limite son positionnement sur le marché croissant de la fibre.
Le programme de transformation intervient quelques mois après la nomination de Santiago Argelich Hess au poste de directeur général. Arrivé à la fin de l’année 2025 en remplacement de Markus Haas, le nouveau dirigeant a déjà engagé une simplification de la gouvernance. Le conseil d’administration a été ramené de sept à six membres. La filiale souhaite également renforcer sa présence auprès des entreprises, rationaliser son organisation et maintenir les investissements consacrés aux réseaux mobiles.
O2 Telefónica évolue dans un marché allemand particulièrement disputé. Deutsche Telekom, Vodafone et O2 doivent financer simultanément la modernisation de leurs infrastructures, le déploiement de la 5G et l’extension de la fibre, alors que la concurrence tarifaire continue de peser sur leurs marges. Vodafone Allemagne a déjà supprimé environ 3 000 emplois en trois ans pour stabiliser ses coûts.
La mise en œuvre du projet restera soumise aux règles allemandes de cogestion. Le comité d’entreprise devra être informé et associé aux négociations avant toute décision définitive. Les discussions pourraient déboucher sur un plan social comprenant des indemnités, des dispositifs de reconversion, des formations et des départs volontaires.
La restructuration ne devrait pas provoquer de perturbation immédiate pour les clients. O2 Telefónica affirme vouloir poursuivre l’amélioration de son réseau et renforcer sa couverture mobile. L’opérateur devra toutefois concilier trois impératifs difficiles : absorber la perte de 1&1, réduire durablement ses dépenses et financer les infrastructures indispensables à sa compétitivité.




