À Khenichet, dans la province de Sidi Kacem, le Dar Taliba Ouled Nouel fait partie des établissements récemment concernés par cette opération. Désormais dotés de chauffe-eaux solaires, ces internats offrent aux pensionnaires un accès régulier à l’eau chaude, un élément longtemps absent dans des structures confrontées à des contraintes énergétiques et budgétaires importantes. Cette intervention s’inscrit dans l’action continue de la Fondation Banque Populaire du Maroc, engagée de longue date en faveur de l’éducation en milieu rural.
Un programme national déployé depuis 2018 pour moderniser les internats ruraux
Le programme d’équipement des Dour Tollab en chauffe-eaux solaires a été lancé en 2018 avec une ambition clairement définie : répondre à des besoins élémentaires dans des structures éducatives essentielles mais structurellement fragiles. Dès son origine, l’initiative repose sur un constat partagé par les acteurs de terrain : l’absence d’infrastructures énergétiques adaptées constitue un frein majeur à l’amélioration des conditions d’hébergement dans les internats ruraux.
Entre 2018 et 2024, trente-six Dour Tollab ont été progressivement équipés à travers différentes régions du Royaume. Ces premières phases ont permis de toucher 3 025 élèves, en priorisant les établissements situés dans des zones à forte vulnérabilité sociale. L’année 2025 marque une accélération avec l’intégration de neuf nouveaux internats dans la région Rabat-Salé-Kénitra, portant à quarante-cinq le nombre total de sites équipés.
Ce déploiement progressif répond à une logique de ciblage territorial. Les provinces de Sidi Kacem, Khémisset et Kénitra concentrent un nombre significatif de Dour Tollab confrontés à des contraintes énergétiques persistantes : réseaux électriques instables, coûts élevés de l’énergie conventionnelle et dépendance à des solutions peu durables. Le choix du solaire permet de contourner ces limites tout en garantissant une autonomie à long terme.
Les installations mises en place sont dimensionnées en fonction de la capacité d’accueil de chaque internat et des conditions climatiques locales. Cette approche vise à assurer une utilisation durable des équipements, avec une maintenance limitée et des coûts d’exploitation réduits pour les structures gestionnaires.
Les Dour Tollab, un levier clé de la scolarisation en milieu rural
Les Dour Tollab occupent une place stratégique dans le système éducatif marocain, en particulier dans les zones rurales éloignées des centres urbains. Ces internats permettent à des élèves issus de communes enclavées de poursuivre leur scolarité sans être contraints de parcourir quotidiennement de longues distances. Pour de nombreuses familles, ils constituent la seule alternative à l’abandon scolaire.
Leur rôle est particulièrement déterminant pour les jeunes filles. L’éloignement géographique, combiné à des conditions d’hébergement jugées insuffisantes, demeure l’un des principaux facteurs de décrochage scolaire féminin en milieu rural. L’amélioration des infrastructures des Dour Tollab apparaît ainsi comme un levier indirect mais essentiel de promotion de l’égalité d’accès à l’éducation.
Malgré leur importance, ces structures font face à des difficultés récurrentes : bâtiments vieillissants, équipements limités, contraintes budgétaires et dépendance à des financements irréguliers. L’absence d’eau chaude figure parmi les carences les plus fréquemment signalées par les gestionnaires et les familles. En période hivernale, cette situation affecte directement l’hygiène, la santé et le bien-être des pensionnaires.
Dans des provinces comme Sidi Kacem ou Khémisset, où les températures peuvent rester basses plusieurs semaines, ces conditions pèsent sur la fréquentation et l’assiduité. En intervenant sur ces aspects matériels, le programme porté par la Fondation Banque Populaire agit sur un déterminant souvent sous-estimé de la réussite scolaire : la qualité de vie quotidienne au sein des internats.
À Khenichet, Khémisset et Kénitra, des améliorations concrètes pour plus de 500 élèves
Sur le terrain, les effets de l’installation des chauffe-eaux solaires sont rapidement perceptibles. À Dar Taliba Ouled Nouel, à Khenichet, l’accès régulier à l’eau chaude a profondément modifié les conditions de vie des pensionnaires. Les routines d’hygiène sont facilitées, le confort est amélioré et les risques sanitaires liés au froid sont réduits.
Dans les huit autres Dour Tollab concernés par cette phase du programme, répartis entre Khémisset et Kénitra, les responsables locaux font état de constats similaires. Les équipements installés permettent de répondre à un besoin quotidien jusque-là insatisfait, en particulier durant les mois d’hiver. Pour les familles, ces améliorations constituent un facteur de confiance supplémentaire dans le maintien de leurs enfants en internat.
Les 522 élèves nouvellement bénéficiaires rejoignent ainsi les plus de 3 000 pensionnaires déjà concernés par le programme depuis 2018. Cette progression contribue à renforcer la viabilité des Dour Tollab, dont l’attractivité dépend étroitement de la qualité des conditions d’accueil.
Au-delà des chiffres, l’impact se mesure également en termes d’assiduité et de stabilité scolaire. Dans plusieurs établissements, les gestionnaires observent une diminution des absences liées aux conditions climatiques et une amélioration du climat général au sein des internats. Ces évolutions, bien que difficiles à quantifier immédiatement, participent à créer un environnement plus favorable à la poursuite des études.
Des équipements solaires pour améliorer le quotidien et réduire les coûts énergétiques
Le recours à l’énergie solaire répond à une double logique, sociale et économique. Pour les Dour Tollab, souvent gérés par des associations locales disposant de ressources limitées, les coûts énergétiques représentent une charge structurelle importante. Les chauffe-eaux solaires permettent de réduire durablement ces dépenses, tout en sécurisant l’approvisionnement en eau chaude.
L’autonomie énergétique offerte par ces installations limite également les interruptions de service liées aux coupures d’électricité, fréquentes dans certaines zones rurales. Les systèmes installés sont conçus pour fonctionner de manière fiable, avec une maintenance simplifiée, adaptée aux capacités locales.
Sur le plan environnemental, cette approche s’inscrit dans une dynamique de transition énergétique, en cohérence avec les orientations nationales en matière de développement durable. La réduction des émissions liées à l’utilisation de sources d’énergie conventionnelles constitue un bénéfice indirect mais significatif du programme.
En combinant amélioration des conditions de vie et rationalisation des coûts, l’initiative contribue à renforcer la pérennité des Dour Tollab. Elle offre également un cadre reproductible, susceptible d’être étendu à d’autres établissements confrontés à des contraintes similaires.
La Fondation Banque Populaire inscrit l’éducation rurale au cœur de sa stratégie RSE
Reconnue d’utilité publique depuis 1984, la Fondation Banque Populaire du Maroc constitue l’un des principaux instruments de la politique de responsabilité sociétale du Groupe BCP. L’éducation représente une part significative de ses interventions, aux côtés de la santé, de la culture et de l’environnement.
Le programme d’équipement des Dour Tollab en chauffe-eaux solaires illustre une approche structurée de la philanthropie, fondée sur des actions ciblées et mesurables. La Fondation privilégie les zones enclavées et intervient en coordination avec les autorités locales et les associations gestionnaires, afin d’assurer l’adéquation des projets aux besoins réels.
Cette stratégie s’inscrit dans une vision de long terme visant à renforcer l’égalité des chances et à soutenir la continuité scolaire en milieu rural. L’intervention sur les infrastructures éducatives apparaît ainsi comme un levier structurant du développement humain.
Des besoins encore importants malgré les avancées enregistrées sur le terrain
Malgré les progrès enregistrés, les défis auxquels font face les Dour Tollab demeurent nombreux. La vétusté de certains bâtiments, les contraintes liées à l’alimentation des pensionnaires ou le manque de ressources humaines continuent de peser sur le fonctionnement de ces structures.
Les équipements solaires constituent une étape structurante, mais non suffisante. Des compléments tels que l’isolation thermique, la rénovation des dortoirs ou l’amélioration de l’accès à d’autres services de base restent nécessaires pour renforcer durablement les conditions d’accueil.
À Khenichet, Khémisset et Kénitra, l’accès à l’eau chaude dépasse la notion de confort. Il conditionne la continuité scolaire et la qualité de vie au sein d’internats qui jouent un rôle déterminant dans l’éducation rurale. À mesure que le programme s’étend, l’enjeu sera de transformer ces améliorations ciblées en un socle durable au service de l’égalité d’accès à l’éducation.




