Le Conseil d’administration de l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail a validé le plan d’action 2026, à l’issue de deux sessions tenues à Rabat sous la présidence de Younes SEKKOURI, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences. La réunion s’est déroulée en présence de Loubna TRICHA, directrice générale de l’OFPPT, des représentants des collaborateurs, de la CGEM et des départements ministériels membres du Conseil.
L’enjeu dépasse la simple approbation budgétaire. Le plan présenté engage l’un des principaux opérateurs publics de formation dans une phase où l’adaptation aux besoins économiques devient plus pressante. L’OFPPT devra accompagner à la fois les grands projets industriels, les nouvelles filières technologiques, la formation par apprentissage et l’accès territorial à la qualification. Le budget annoncé, estimé à 6,31 milliards de dirhams, donne la mesure de cette feuille de route.
Le Conseil a examiné le bilan des activités de l’exercice 2024 avant de valider les orientations de 2026. Dans son intervention, Younes SEKKOURI a mis l’accent sur la mise en œuvre de la Feuille de route royale relative au développement de la formation professionnelle. Il a également rappelé la contribution attendue de l’OFPPT au programme de formation par apprentissage « TADARROJ », destiné notamment aux jeunes non diplômés, avec l’objectif de leur offrir un parcours qualifiant et diplômant.
Cette orientation traduit une évolution importante du rôle assigné à la formation professionnelle. Elle ne se limite plus à produire des lauréats pour des métiers existants. Elle doit aussi organiser des passerelles pour des publics fragilisés, répondre aux besoins immédiats des entreprises et anticiper les mutations sectorielles. Le programme « TADARROJ », dont la mise en œuvre est prévue à partir de la rentrée 2026-2027, s’inscrit dans cette logique d’accès plus large à la qualification.
Le plan 2026 prévoit également un effort conséquent sur l’ingénierie de formation. L’OFPPT annonce le développement de 65 filières, dont 43 nouvelles et 22 restructurées. L’offre cible pour l’année 2026-2027 couvrira ainsi 880 filières réparties sur 19 secteurs et 29 sous-secteurs. Une attention particulière sera accordée aux métiers liés à l’économie verte, à la cybersécurité, à l’industrie du gaming et à l’intelligence artificielle.
Ce choix de filières confirme la pression exercée sur les dispositifs de formation par les transformations technologiques. La cybersécurité, l’IA ou le gaming ne relèvent plus de niches isolées. Ces domaines structurent désormais des besoins en compétences dans les services, l’industrie, les systèmes d’information, la création numérique et les chaînes de valeur exportatrices. Pour l’OFPPT, l’enjeu sera de traduire ces intitulés en contenus opérationnels, en équipements adaptés et en formateurs capables de suivre l’évolution rapide de ces métiers.
Le secteur aéronautique occupe également une place dans les priorités annoncées. Le Conseil a pris acte de la convention de partenariat stratégique relative au développement de la formation professionnelle dans ce secteur, avec le transfert de la gestion de la Moroccan Academy of Aeronautics, extension de l’ISMALA, à une société de gestion créée par Royal Air Maroc. Ce transfert vise à renforcer l’articulation entre formation et besoins industriels, dans un secteur où les standards techniques, la qualité et la certification conditionnent directement l’employabilité.
L’OFPPT poursuit en parallèle l’extension de son réseau. L’Office dispose de 511 établissements et prévoit une capacité nationale de plus de 424.000 places pédagogiques en 2026, soit environ 6.000 places supplémentaires par rapport à l’année précédente. Cette progression reste significative, mais elle pose aussi une question de fond : la quantité de places doit aller de pair avec la qualité des parcours, l’orientation des jeunes, le suivi de l’insertion et la pertinence des formations par région.
Sur le volet territorial, l’OFPPT annonce la mise en place de caravanes mobiles de formation professionnelle. Deux caravanes itinérantes seront déployées en 2026. La première couvrira plusieurs provinces de la région Fès-Meknès, notamment Taounate, Taza, Sefrou et El Hajeb. La seconde opérera dans la région Béni Mellal-Khénifra, à Aghbala. Ces dispositifs doivent se déplacer périodiquement à l’échelle nationale, avec l’objectif de renforcer l’inclusion socio-économique des jeunes éloignés des grands centres de formation.
L’autre chantier structurant concerne les Cités des Métiers et des Compétences. L’OFPPT prévoit l’achèvement du programme en 2026 avec le lancement des CMC de Fès-Meknès, Guelmim-Oued Noun et Drâa-Tafilalet. Leur ouverture portera à 12 le nombre total des CMC initialement prévues. Ces établissements de nouvelle génération reposent sur des espaces collaboratifs, des équipements technologiques avancés et des environnements immersifs fondés sur le principe du « Learning by Doing ».
La modernisation ne se limite pas aux infrastructures. L’OFPPT prévoit aussi de renforcer la sécurité de son système d’information, la gouvernance des accès, la gestion des actifs informationnels et la conformité réglementaire. La digitalisation des processus, notamment la dématérialisation des diplômes, fait partie des priorités. Cette orientation répond à un double impératif : sécuriser les données d’un réseau national de grande taille et améliorer la fluidité administrative pour les apprenants, les établissements et les employeurs.
La qualité constitue un autre axe du plan. L’Office poursuivra la mise en œuvre du Système de management des organismes éducatifs, conforme à la norme ISO 21001. Il prévoit aussi d’accompagner la mise à niveau des établissements, avec un objectif de plus de 70% d’établissements conformes en 2026, soit plus de 224 établissements. Plus de 30 établissements, incluant les CMC opérationnelles, seront également accompagnés vers l’excellence.
Le plan inclut enfin un volet consacré aux équipes pédagogiques et administratives. Un programme de 5.000 journées de formation sera déployé au cours de l’année afin de renforcer les compétences internes et d’améliorer les pratiques professionnelles. Ce point est central : aucune transformation de l’offre ne peut réussir sans montée en compétence des formateurs, des gestionnaires d’établissement et des équipes chargées d’accompagner les apprenants.
À travers ce plan d’action, l’OFPPT confirme son rôle d’opérateur national de premier plan dans la qualification des jeunes et l’accompagnement des secteurs productifs. L’année 2026 sera surtout celle de l’exécution. Les annonces devront se mesurer à des indicateurs concrets : filières réellement opérationnelles, qualité des équipements, capacité d’accueil effective, insertion des lauréats, efficacité des caravanes mobiles et articulation réelle avec les besoins des entreprises. C’est sur ces résultats que sera jugée la portée du plan validé à Rabat.




